Jessica Hawkins, des cascades dans James Bond à Aston Martin

Repérée par Aston Martin, dont elle est devenue l'ambassadrice cette année en F1, Jessica Hawkins n'entend pas s'arrêter là. Passée par une carrière de cascadeuse, elle saisit à 26 ans sa deuxième chance en sport automobile.

Jessica Hawkins, des cascades dans James Bond à Aston Martin

La grille de Formule 1 ne manque pas de stars qui peuvent se vanter d'avoir conduit certains des véhicules les plus rapides et les plus rares de la planète. Il y a toutefois une personne du paddock qui possède sur son CV une ligne que beaucoup d'habitués de la F1 lui envieraient : elle a été cascadeuse pour James Bond. Engagée en W Series et également ambassadrice d'Aston Martin F1 Team, Jessica Hawkins a mis à profit ses qualités derrière un volant pour gagner sa place dans la réalisation des plus grandes cascades d'Hollywood. En est-elle fière ? "Qui ne veut pas avoir travaillé sur un film de James Bond ?", sourit-elle. "C'était une expérience incroyable, que je garderai en moi pour toujours."

Même si le cinéma a sa part de prestige, la course automobile demeure la première passion de Jessica Hawkins, et c'est pourquoi son recrutement pour devenir cette année ambassadrice d'Aston Martin a été un moment très important pour elle. Il s'agit d'un rôle en bord de piste, et l'opportunité de piloter une F1 reste un rêve pour le moment, mais ce qu'elle acquiert en faisant partie de l'écurie est extrêmement précieux.

Son travail médiatique lui permet d'être très souvent intégrée à l'équipe durant les week-ends où elle n'a pas à batailler en piste contre ses concurrentes en W Series. Et toutes les connaissances qu'elle engrange sont inestimables. Mieux encore, dans un sport réputé pour sa mentalité très fermée et où les équipes sont généralement très frileuses dans ce qu'elles acceptent de montrer, elle n'a trouvé qu'ouverture et convivialité depuis son premier week-end de Grand Prix à Bakou. Elle assiste aux réunions des ingénieurs, pose des questions au personnel, participe à la reconnaissance de la piste avec les pilotes et a un œil sur tout.

"Je savais que j'allais faire partie de l'équipe, mais j'ai été absolument époustouflée par l'accueil que tout le monde m'a réservé et la manière dont je me suis sentie intégrée", explique-t-elle. "En seulement quelques heures lors de mon premier Grand Prix à Bakou, j'ai eu l'impression de faire partie de la famille, ce qui est très agréable et fait chaud au cœur. Je sens que je peux poser des questions sans qu'on me fasse sentir que je suis ennuyeuse ou autre. Ils m'ont prise sous leur aile et ils m'aideront autant qu'ils le pourront. Faire partie d'une équipe est quelque chose qui m'a manqué pendant ma carrière, alors être impliquée avec une écurie aussi incroyable est d'un niveau supérieur. Quel endroit pour apprendre !"

Jessica Hawkins a démontré au cours de sa carrière sa détermination pour réussir, même si elle n'a jamais eu la confiance de soutiens financiers prêts à lui faire passer un cap. Multiple championne en karting, notamment dans la catégorie British Open Honda Cadet en 2008, elle a débuté sa carrière en monoplace par une première apparition en Formule Ford à Silverstone en 2014. Puis elle a participé à une demi-saison de MSA Formula (F4) en 2015, mais il y avait peu de chances de poursuivre sans sponsor.

En 2016, elle a participé à une course de VW Racing Cup, avant de rouler en Mini Challenge en 2017, où elle a décroché six victoires de catégorie et terminé deuxième de son championnat. Néanmoins, après avoir si bien réussi, elle a senti qu'il lui fallait passer à la vitesse supérieure si elle ne voulait pas que sa carrière s'arrête. Malheureusement, sans budget, il n'y avait pas vraiment d'options. Puis il y a eu ce tournant, ce moment qui a guidé sa vie sur un autre chemin mais s'est avéré payant. Après avoir reçu une offre d'emploi de cascadeuse, Jessica Hawkins a postulé et a obtenu un rôle dans la tournée Fast and Furious.

"C'était impossible de trouver le budget, et l'opportunité s'est présentée d'avoir un entretien pour la tournée Fast and Furious, et j'ai décroché le job", raconte-t-elle. "À l'époque, j'en avais vraiment envie, mais ce n'était pas de la course et j'ai dû prendre une décision difficile : est-ce que je fais ça ou est-ce que je poursuis mon rêve de compétition ? Malheureusement, je n'avais pas de ressources pour courir, donc j'ai choisi ce job. Si sur le moment ça ne paraissait pas être la meilleure décision, vous n'imaginez pas à quel point j'ai passé un bon moment. C'était probablement l'une de mes meilleures expériences, et j'aurai du mal à connaître mieux. Cette année et demie a vraiment été incroyable. J'ai ajouté des compétences supplémentaires sur mon CV, et ça a ensuite fait boule de neige pour quelques films."

L'un de ces films se trouve être le nouveau James Bond No Time to Die. Cette période comme cascadeuse a été d'autant plus fructueuse lorsque le championnat 100% féminin W Series lui a donné une opportunité de courir qui n'existait pas auparavant. Le manque d'expérience et d'essais en monoplace allait être un obstacle à franchir, mais sa progression durant la saison aura été évidente.

"J'ai tellement de remerciements à adresser à W Series, car sincèrement, sans eux, je ne ferais pas de compétition", assure-t-elle. "J'avais arrêté de courir avant W Series à cause du budget, et ça m'a offert une seconde chance. Je sais que je suis l'une des plus inexpérimentées sur la grille, la plus inexpérimentée même, mais j'ai travaillé dur et je travaille encore dur pour rattraper ce manque d'expérience."

Le championnat W Series a beaucoup fait pour changer les attitudes et offrir des opportunités de carrière à des pilotes qui, auparavant, auraient été reléguées au rang de spectatrices. Cette seconde chance a permis à Jessica Hawkins de taper dans l'œil d'Aston Martin, avec tous les bénéfices qui en découlent aujourd'hui. Elle espère que son rôle actuel pourra s'étendre à l'avenir, avec comme prochaine étape évidente dans le viseur l'ambition de passer du temps dans le simulateur. Si sa vie actuelle est très éloignée des films de James Bond, il est évident que son implication dans le monde de la compétition automobile est bien plus réel. "J'ai commencé en faisant de la course, et c'est ce qui me tient à cœur", conclut-elle.

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