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Pourquoi le défi de Kvyat en F1 n'est pas encore réussi

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Pourquoi le défi de Kvyat en F1 n'est pas encore réussi
Par :
Co-auteur: Emmanuel Touzot
29 févr. 2020 à 18:21

Il y a un peu plus de deux ans, la carrière de Daniil Kvyat en F1 semblait terminée. Il a finalement eu une seconde chance début 2019 et a suffisamment impressionné pour être conservé pour 2020. Néanmoins, il devra encore progresser pour garder sa place.

Qualifier la carrière de Daniil Kvyat en Formule 1 de montagnes russes est un euphémisme. Fin 2017, le natif d'Oufa semblait en passe de dire adieu à la F1 après avoir été écarté du programme Red Bull, mais en 2019, il était de retour chez Toro Rosso et s'est fait remarquer. Il a obtenu une belle troisième place en juillet lors d'un Grand Prix d'Allemagne perturbé par la pluie, en restant sur la piste et en prenant les bonnes décisions, là où de nombreux pilotes s'étaient fourvoyés, même si c'est une décision stratégique chanceuse qui lui a offert ce podium.

Cette course à Hockenheim était sans aucun doute le meilleur moment de la saison qui a permis à Kvyat de reconstruire sa réputation. Il a inscrit des points lors de neuf occasions, avec des septièmes places à Monaco et Spa, terminant lors de ces deux courses derrière le meilleur des autres. Mais c'était une saison étrange pour le pilote russe.

Il l'a commencée en faisant office de référence face au débutant Alex Albon, et il l'a terminée en courant aux côtés de Pierre Gasly qui, comme lui, a vécu des moments difficiles chez Red Bull et cherchait également sa rédemption. La différence entre les deux pilotes était que, contrairement à Gasly, Kvyat ne faisait plus partie du programme Red Bull depuis la fin de l'année 2017. Sa carrière a été sauvée par un passage chez Ferrari dans le rôle de pilote de simulateur en 2018, ce qui lui a donné l'opportunité de prendre du recul et d'être prêt lorsque Helmut Marko a eu besoin d'un autre pilote.

Daniil Kvyat, AlphaTauri AT01

Kvyat assure que sa saison du retour était satisfaisante, après une année hors des circuits : "C'était l'une de mes meilleures. Je la mets au niveau de 2015, ou peut-être un peu meilleure car je pense que je suis un peu plus vieux et plus mûr. J'ai une meilleure vision globale. Et bien sûr, il y a eu des courses qui ne sont pas allées en ma faveur. Mais c'était attendu."

"Dans notre zone du milieu de grille, un dixième peut totalement changer votre week-end. Au final, plusieurs courses étaient très bonnes, très solides, et je suis satisfait de cette saison. Quand j'avais une mauvaise journée, j'essayais de me rappeler où j'étais un an auparavant. Je revenais à l'année précédente et je me disais 'OK tu es là, peut-être que tu pourrais ne pas être là et ce serait différent'. J'ai donc essayé de profiter de chaque jour, même quand je vivais une journée moyenne. Ça m'aide à surmonter les moments difficiles."

Une stratégie qui semble inspirée a posteriori, mais Kvyat n'avait aucune garantie de retrouver un baquet de course après une année d'attente chez Ferrari. Il a même pensé, au milieu de la saison 2018, que ce pari ne paierait pas : "Il y a eu des moments [où je l'ai pensé], vers la fin de l'été. J'ai parlé à plusieurs personnes. Bien sûr, je n'étais pas au mieux, mais ça s'est bien terminé."

Qu'est-ce qui a convaincu Marko de le rappeler ? Kvyat émet des doutes : "Je ne sais pas ! C'est le genre de gars qui peut comprendre en une poignée de mains que vous avez changé. J'ai eu quelques discussions avec lui pendant l'année, mais ça restait des discussions entre un ancien employeur et un ancien employé. Puis j'ai eu un appel quelques jours avant que Daniel Ricciardo annonce qu'il changeait d'équipe. Il a pensé à moi, m'a appelé et m'a dit 'rencontrons-nous'. Et c'était fait."

Kvyat est loin d'être le premier pilote à vivre une année hors des circuits dans la phase initiale de sa carrière. C'est arrivé à Mika Häkkinen en 1993 et Fernando Alonso en 2002, même si dans ces deux cas, les pilotes étaient en stand-by en attendant une place dans l'équipe avec laquelle ils étaient sous contrat. Une situation similaire à celle de Nico Hülkenberg en 2011 et Esteban Ocon en 2019. Ils savaient tous que leur jour arriverait.

 

Le cas de Kvyat est plus proche de ceux de Felipe Massa en 2003, et de Romain Grosjean en 2010 et 2011. Tous deux semblaient avoir ruiné leurs chances mais ont réussi à rebondir après une pause forcée, et ont eu par la suite de longues carrières. Son rôle chez Ferrari a permis à Kvyat d'étendre son domaine de compétences, mais de manière peut-être plus importante, il a aussi pu réfléchir à sa carrière au niveau personnel.

"Une fois que vous voyez tout d'une perspective différente, peut-être en étant hors du circuit, vous pensez 'OK, si j'ai une nouvelle chance, je donnerai plus d'amour et de passion'. Et ensuite, durant la saison, vous devenez de plus en plus compétitif et vous en voulez toujours plus. C'est normal", juge le Russe.

Son podium à Hockenheim était une belle rédemption pour Kvyat. De ce moment positif, il explique : "C'était une course un peu folle, et c'est bien de voir que des courses folles peuvent encore offrir un podium à une équipe de milieu de grille, comme nous l'avons aussi vu au Brésil. Quelques petits incidents et quelques erreurs des autres, une bonne décision de votre part, et tout à coup, vous vous battez presque pour la victoire. C'était une journée émouvante pour moi, après plusieurs années difficiles. Avec une telle récompense, j'en étais presque à me dire 'j'en ai fini, je peux rentrer à la maison'. Mais je me suis dit que je voulais d'autres trophées."

Il n'y a pas eu de réels doutes quant au fait que Kvyat et Gasly seraient conservés par l'équipe qui sera rebaptisée AlphaTauri en 2020, notamment pour la simple raison que Red Bull n'a, pour l'instant, aucun pilote dans son programme qui soit prêt à venir en Formule 1 : "Parfois, le timing joue en votre faveur, parfois il joue contre vous", poursuit Kvyat. "Au final, il faut être patient et faire son travail, et être au bon endroit au bon moment. Je ne veux pas trop penser à ma situation actuelle ou passée, c'est arrivé. Il était possible que ça n'arrive pas, mais ça a été le cas et j'en suis plutôt heureux."

Toro Rosso a souvent engagé deux débutants, ou un débutant associé à un pilote se trouvant dans sa seconde ou troisième année. L'équipe de Faenza est désormais dans une situation inhabituelle puisqu'elle engage deux pilotes qui sont présents en F1 depuis longtemps, et qui ont tous les deux piloté pour Red Bull.

"Presque tous ceux qui passent par cette équipe sont très talentueux", assure Kvyat au sujet d'AlphaTauri, anciennement Toro Rosso. "Certains n'ont pas été chanceux avec le timing, comme dans mon cas chez Red Bull, puisque ce n'était pas le meilleur moment pour être dans l'équipe. Je ne veux pas parler pour Pierre au sujet de ce qui s'est passé pour lui chez Red Bull, ça ne serait pas correct. Mais maintenant, évidemment, tout va bien. Il a passé une période plus courte chez Red Bull, et il a l'exemple vivant devant lui que tout est possible, même en ayant été lâché par Red Bull. C'est bien qu'ils nous aient donné une seconde chance à tous les deux."

 

Toro Rosso a affiché en 2019 un niveau de compétitivité qui n'avait plus été vu depuis la saison 2008 avec Sebastian Vettel, où l'équipe avait également terminé à la sixième place du championnat constructeurs. Le travail effectué avec un moteur Honda d'usine a permis à la structure de hausser son niveau de jeu : "C'était une année solide, l'une des meilleures de l'Histoire de Toro Rosso, pour être honnête. C'était génial d'en faire partie."

"Honda est extrêmement motivé à l'idée d'apporter le produit le plus fort possible. Ils le font très bien, ils progressent, et je pense que l'écart avec les meilleurs moteurs est désormais extrêmement réduit. Et l'on verra [cette année] si l'on peut totalement annuler cet écart. Mais il y avait déjà des courses [en 2019] durant lesquelles je ne voyais aucun retard. Il y a eu des séances de qualifications où je le ressentais, mais ça progresse aussi sur ce plan, et je pense que Honda est sur la bonne voie."

AlphaTauri semble sur une bonne dynamique avant la saison 2020, mais les paris sont ouverts pour 2021, au moment où beaucoup pensent que le nouveau règlement donnera un avantage aux trois équipes de pointe. Mais Kvyat n'en a pas moins hâte de tester les futures monoplaces : "Je suis impatient d'être au début de saison. Et ensuite, en 2021, ce sera comme en 2014, peut-être que l'écart grandira encore pour une ou deux saisons, et il se réduira de nouveau après. Je ne veux pas trop essayer de prédire l'avenir."

"Je pense que cette génération de voitures était la réalisation d'un rêve pour les pilotes, ou pour les amoureux de voitures de course, avec leurs pneus larges, un design futuriste et d'énormes ailerons, c'est cool. Mais il y a eu d'autres problèmes que ceux-ci. Pour [2021], ça semble plutôt cool aussi. En 2014 ou 2015, ce n'était pas génial, mais il était plus facile de suivre d'autres voitures."

"Ce sont des sujets à [traiter sur le] long terme. Nous avions des voitures qui n'étaient pas très rapides mais qui étaient bonnes pour se suivre, et bonnes pour le spectacle, mais les gens se plaignaient qu'elles étaient trop lentes et voulaient des temps au tour incroyables et des records. Nous avons ensuite fait ça, et le spectacle en a pâti. Nous espérons que [le règlement] 2021 se situera parfaitement au milieu."

Il faudra encore déterminer si Kvyat aura sa place dans l'avenir de la F1. Gasly s'est montré globalement plus performant en qualifications lors de la deuxième partie de la saison 2019, et avec la récente accalmie au sein de la filière Red Bull, c'est le pilote de F3 Jüri Vips qui frappe à la porte, s'il parvient toutefois à obtenir sa Super Licence, alors qu'il disputera le championnat Super Formula cette année. Ce sera donc à Kvyat de faire le travail en piste et de convaincre Marko qu'il vaut l'investissement qui est fait en lui.

 

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Auteur Adam Cooper