L'innovation ne profite pas à McLaren

McLaren a beau être, statistiquement, la deuxième meilleure écurie de l'Histoire de la Formule 1, elle reste une équipe en difficulté depuis l'an dernier

McLaren a beau être, statistiquement, la deuxième meilleure écurie de l'Histoire de la Formule 1, elle reste une équipe en difficulté depuis l'an dernier.

McLaren avait achevé la saison 2012 sur une note positive, remportant les deux dernières courses de l'année grâce à Lewis Hamilton aux États-Unis et à Jenson Button au Brésil. Au pied du mur que représentait la domination de la RB8, les hommes de Martin Whitmarsh avait décidé de ne pas se contenter de faire évoluer leur monoplace d'alors, mais d'innover en vue de la saison 2013. Las, cette stratégie audacieuse fut un échec, et on ne vit pas un seul pilote McLaren sur le podium, l'an dernier.

"Notre voiture 2013 comprenait des révisions significatives par rapport à l'année précédente, étant donné qu'il était pressenti que la voiture 2012 avait atteint la fin de son cycle de développement et qu'une nouvelle plateforme apporterait un meilleur potentiel", écrit l'équipe dans son compte-rendu stratégique. "En fin de compte, c'est cette ambition qui nous a empêchés de mieux nous battre pour le championnat contre des concurrents qui ont fait évoluer leur voiture 2012".

Or, McLaren se retrouve de nouveau face à un grand défi, puisque l'écurie va passer du moteur Mercedes au moteur Honda, la marque japonaise faisant son retour en Formule 1. Quelle est la bonne stratégie à adopter au vu de la prépondérance actuelle de l'unité de puissance ? Partir d'une feuille blanche, ou faire évoluer la monoplace 2014 ? Le Dr Paolo Aversa, maître de conférences en stratégie à la Business School de la cité de Londres, a une idée bien précise sur la question.

"Les managers montrent souvent de la subjectivité envers l'action ; par conséquent, ils ont souvent tendance à croire en une relation toujours plus positive entre l'innovation et le gain en performance", commente Aversa. "Notre théorie et nos conclusions, cependant, montrent une possible inflexion de la valeur croissante de l'innovation à cause de changements dans l'environnement, ce après quoi les compagnies pourraient croire que s'améliorer au-delà de ce que l'environnement demande peut avoir un impact négatif sur leur niveau de performance".

"L'expérimentation n'est pas toujours le choix le plus bénéfique quand les turbulences continues de l'environnement compétitif rend les futurs scénarios flous", poursuit l'Italien. "Dans de tels cas, les compagnies devraient se concentrer sur les connaissances dont elles disposent déjà et exploiter leur technologie actuelle pour en tirer le meilleur, en essayant de la faire convenir à ce que l'environnement compétitif requiert".

En effet, selon Aversa, explorer de nouvelles solutions technologiques peut dépasser les limites de l'expertise de l'équipe, et donc, s'avérer contre-productif. "Les résultats montrent que quand les écuries sont contraintes à mettre en œuvre des changements majeurs, adapter la technologie petit à petit et plus bénéfique que d'explorer de nouvelles solutions radicales", conclut-il.

Désormais, seul l'avenir nous dévoilera quelle approche McLaren a choisi d'adopter. Le succès de la collaboration à venir avec Honda en dépend.

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Séries Formule 1
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Équipes McLaren , Mercedes
Type d'article Actualités