Le casse-tête des jetons de développement des unités de puissance

S'il était initialement prévu que les nouveaux moteurs V6 turbo ne soient pas développés en cours de saison, Ferrari et Renault ont finalement obtenu une révision du règlement afin que l'ensemble des motoristes - Mercedes et Honda compris -...

S'il était initialement prévu que les nouveaux moteurs V6 turbo ne soient pas développés en cours de saison, Ferrari et Renault ont finalement obtenu une révision du règlement afin que l'ensemble des motoristes - Mercedes et Honda compris - puissent modifier les unités de puissance tout au long de l'année.

Une nouvelle accueillie positivement par les acteurs et suiveurs de la discipline, mais qui pourrait bien donner des maux de tête aux équipes et aux motoristes dans les faits. Ils admettent aujourd'hui eux-mêmes que la gestion des fameux jetons de développement des moteurs est loin d'être aisée.

Dans la pratique, le principal problème rencontré est d'arriver à déterminer quand introduire les nouvelles pièces, car le règlement ne permet qu'un nombre très limité de remplacements et, comme les années précédentes, les équipes vont devoir tenir compte des problèmes qui surviendront en piste en cours de saison. Apporter des évolutions en utilisant des jetons n'est donc pas chose aisée, puisqu'il faut jongler entre règlement sportif et règlement technique pour l'appliquer au mieux.

Rappelons ici que le règlement autorise les équipes à utiliser des unités de puissance antérieures le vendredi. Les séances d'essais libres devraient être plus difficiles à décrypter encore, puisque certaines monoplaces seront munies d'évolutions moteur tout en utilisant certaines pièces anciennes au sein de l'unité de puissance globale. La tâche des motoristes se complique encore en 2015 puisque seules quatre unités sont exploitables avant la pénalité, au lieu de cinq auparavant.

Une stratégie différente pour Renault?

Qu'en pensent dès lors les principaux concernés? Chez Mercedes, la situation semble avoir été bien prise en compte, comme en témoigne Andy Cowell.

"Il est intéressant d'introduire des évolutions mais vous devez utiliser les jetons en tenant compte de tous les règlements. Avant d'amener des nouveautés, il faudra songer d'abord à la situation en piste et à l'état de fonctionnement des unités de puissances utilisées."

McLaren et Honda sont du même avis, Eric Boullier ajoutant qu'avec quatre unités de puissance disponibles, la prudence sera de mise dans la façon dont vont être gérés les tours effectués le vendredi.

Chez Renault, la tactique dévoilée à ce jour est sensiblement différente,

comme le déclarait Cyril Abiteboul il y a quelques jours.

L'idée est développer au mieux le moteur actuel, visiblement en progrès, avant d'introduire des nouveautés via les 32 jetons disponibles en fin de saison seulement.

L'objectif est limpide : privilégier 2016, année-cible du motoriste français avec le V6 turbo. La décision n'est pas encore définitivement entérinée mais c'est bien l'option privilégiée par Abiteboul.

"Il existe différentes possibilités et nous devons voir comment disposer des ressources dont nous disposons pour développer le moteur. 2015 et 2016 connaîtront les mêmes règlements et il faut donc déployer une stratégie qui nous permette d'être au top l'an prochain. 2016, c'est la saison visée par tous les motoristes afin d'atteindre le maximum des capacités des nouvelles unités de puissance, et Renault ne fait pas exception."

"Nous devons donc à présent rester calmes et analyser nos performances. Il n'est pas exclu d'introduire certaines évolutions rapidement mais nous garderons toujours à l'esprit que 2016 reste l'objectif principal. Il n'est nullement question de sacrifier 2015 mais bien de mettre au point une stratégie qui nous autorise à utiliser au mieux les différents règlements, qu'ils soient sportif ou technique."

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Équipes McLaren , Mercedes , Ferrari
Type d'article Actualités