Marko : Red Bull a "innocemment perdu" 50 points sur Mercedes

Le suspense reste entier dans la lutte pour le titre mondial entre Max Verstappen et Lewis Hamilton. Chez Red Bull, Helmut Marko balance entre les regrets des gros points perdus durant l'été et la résistance de l'équipe autrichienne face à Mercedes lors des dernières manches. Entretien.

Marko : Red Bull a "innocemment perdu" 50 points sur Mercedes

Dans un entretien exclusif accordé à Motorsport.com, lors duquel il est également revenu sur le Grand Prix des États-Unis, Helmut Marko a fait le point sur les chances de titre mondial de Max Verstappen. Le conseiller spécial de Red Bull évoque notamment l'intensité du duel face à Mercedes et Lewis Hamilton, mais également quelques éléments polémiques de cette course au titre. 


Max paraît moins agressif cette année, par rapport à 2016 par exemple.

Il est moins agressif. Il pense davantage au championnat. Par exemple le premier virage à Austin, je dirais que, même il y a un an, il n'aurait pas cédé.

Quel regard portez-vous sur la lutte pour le titre et sur les cinq derniers Grands Prix ? Red Bull a déjà bien survécu sur de nombreux circuits favorables à Mercedes…

Avant les trois dernières courses, nous avons en fait eu peur de nous retrouver significativement derrière. L'essentiel, c'est que nous avons marqué plus de points que Hamilton sur ces Grands Prix. Principalement grâce à la course en Turquie, où Hamilton n'a terminé que cinquième alors que Max avait terminé deuxième à Sotchi – certainement avec de la chance aussi, grâce à la pluie.

Théoriquement, les circuits à haute altitude au Brésil et au Mexique devraient beaucoup mieux nous convenir. Mais il s'est déjà passé tellement de choses cette année. Les circuits soi-disant faits pour Mercedes ne l'ont pas été, et pareil pour ceux soi-disant faits pour Red Bull. Mais ce qui est encore plus remarquable, c'est que nous avons innocemment perdu à Bakou, à Silverstone et en Hongrie. Si l'on calcule soigneusement le nombre de points perdus, c'est 50 sur ces trois courses. Nous n'avons donc que 12 points d'avance aujourd'hui. Nous avons survécu à tous ces revers et nous avons également réussi à répondre à la montée en puissance de Mercedes. Mais pour ce qui est des courses restantes, je pense que nous devons gagner au moins deux Grands Prix supplémentaires pour être raisonnablement assurés ou confiants avant la dernière course.

Ces deux pilotes exceptionnels font durer le duel, peu importe si la Mercedes ou la Red Bull est plus rapide. 

Helmut Marko

Comment jugez-vous les différences de performance entre Mercedes et Red Bull actuellement ?

C'est tellement équilibré que la forme du jour, la piste et même les températures sont extrêmement importantes. On dirait que Mercedes va beaucoup plus vite pour trouver le bon set-up. Nous avons une voiture plus complexe et en moyenne, ça nous prend plus de temps pour le faire, mais il n'y a que deux pilotes qui en tirent toujours le maximum : Hamilton chez Mercedes et Max chez nous. Pour les pilotes numéro 2, Pérez s'améliore mais Bottas aussi ; il a fait une course sensationnelle en Turquie et plus que moyenne à Austin. Au bout du compte, ces deux pilotes exceptionnels font durer le duel, peu importe si la Mercedes ou la Red Bull est plus rapide. Dans l'ensemble, c'est le pilote qui fait la différence. Et ces pilotes sont tellement forts que Verstappen peut aussi battre une Mercedes plus rapide en pneus durs…

Quelles sont les chances dans cette lutte pour le titre : toujours 50-50 ou 60-40 en faveur de Max ?

Si nous gagnons les deux prochains Grands Prix, alors ce sera 60-40 pour Max.

Mais d'abord il faut gagner au Mexique et au Brésil ?

Il faut gagner ces courses.

Il y a une superbe lutte entre Verstappen et Hamilton, mais également hors piste avec les ailerons flexibles, les arrêts au stand, etc.

Quand Mercedes a vu que nous étions à leur niveau ou plus rapides, il y a eu les ailerons flexibles et les arguments fragiles. Si ça ne vient pas de Mercedes, ça vient d'une équipe qui en est proche, principalement McLaren ou Aston Martin. Nous avons pris ça comme des attitudes antisportives, puis nous nous sommes aussi concentrés sur ce qui se passait chez Mercedes, avec leur aileron arrière et leur aileron avant par exemple. Mais c'est ce qui arrive quand un combat est aussi intense, surtout lorsque quelqu'un n'est pas habitué à ce qu'un autre remette en question sa compétitivité. C'est le cas cette année et ils ont donc réagi, comme nous l'avons fait ensuite.

Est-ce ennuyeux ou est-ce que ça fait simplement partie du jeu ?

Ça fait partie du jeu, mais nous avons eu le sentiment qu'il y avait une certaine partialité dans les décisions. Mais entretemps il y a eu des discussions avec la FIA et avec Liberty Media, et maintenant je peux dire que ça fait partie du jeu.

Il y a également cette guerre des mots entre Christian Horner et Toto Wolff…

Tant que les coups ne vont pas trop sous la ceinture, ça fait partie du jeu. On soutient son pilote et son équipe, évidemment. Et en faisant ça, on discrédite dans une certaine mesure son adversaire.

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