Masi répond aux critiques d'Alonso sur les commissaires

Le directeur de course de la Formule 1, Michael Masi, a battu en brèche les critiques de Fernando Alonso sur les décisions rendues par les commissaires.

Masi répond aux critiques d'Alonso sur les commissaires

Fernando Alonso s'est récemment montré particulièrement véhément envers les commissaires et leurs décisions, notamment concernant les limites de piste et les avantages tirés par les pilotes.

Tout est parti du Grand Prix d'Autriche, lors duquel le pilote Alpine s'était montré désagréablement surpris d'avoir pu être dépassé par Daniel Ricciardo, qui était allé hors piste au premier virage, et cela a pris un nouveau tournant quand Lando Norris a échappé à une pénalité en temps lors du Grand Prix de Russie après avoir coupé la ligne d'entrée des stands, dans des conditions de piste humides.

Surtout, Alonso n'a pas vraiment apprécié que ses propres turpitudes, à savoir un passage hors piste et sans aucune volonté de prendre le second virage au départ à Sotchi pourtant sans intervention des commissaires, soient l'objet d'un débat, jugeant que le "deux poids, deux mesures" s'appliquait non seulement aux décisions des instances mais aussi aux discussions qui pouvaient être librement lancées sur la place publique.

Dans son style caractéristique, il avait déclaré en conférence de presse en Turquie, pour tenter de se justifier : "[C'était] pour s'assurer que les réactions et les conséquences étaient différentes lorsque je faisais certaines choses. Donc maintenant, peut-être que les échappatoires [de Sotchi] vont être modifiés."

Puis : "Il y a différentes règles pour différentes personnes, ou différentes discussions pour différentes personnes. Attendons de voir qui sera le prochain à couper la ligne blanche à l'entrée des stands, attendons de voir quelle sera sa nationalité et quelle sanction il aura." La référence à la nationalité étant clairement destinée aux pilotes Britanniques.

Ces propos sont intervenus deux jours avant qu'Alonso n'échappe à une pénalité en qualifications pour ralentissement insuffisant sous drapeaux jaunes, et ce malgré la grogne de certaines écuries qui estimaient qu'elle était bien caractérisée, surtout dans des conditions changeantes. Au passage, cette infraction avait notamment valu aux Britanniques Lewis Hamilton, George Russell et Lando Norris d'écoper de plusieurs places de pénalité sur la grille, respectivement aux Grands Prix d'Autriche, de Grande-Bretagne et de Turquie 2020.

Concerné au premier chef par la sortie de l'Espagnol, Michael Masi, le directeur de course de la FIA, a accepté qu'Alonso ait cette opinion mais battu en brèche l'idée qu'il puisse exister un certain favoritisme : "Je ne vais même pas m'engager dans cette voie. Chaque pilote a droit à ses opinions et commentaires, que ce soit en interne ou dans les médias, et c'est bien. Les règles sont appliquées de la même manière pour tout le monde. Nous jugeons chaque incident, en regardant l'incident en lui-même et ce qui se passe."

Toutefois, dans ce genre de situations, le danger est justement que la personne tenant un tel discours cherche à créer une hésitation dans l'esprit des officiels au moment d'agir à l'encontre d'elle-même ou de tout pilote concerné directement ou indirectement. Masi estime toutefois que les commissaires n'ont pas de pression supplémentaire à la suite de ces déclarations.

"Non, pas du tout", a répondu l'Australien quand Motorsport.com lui a posé la question. "Nous avons la chance d'avoir un très bon groupe de commissaires tout au long de l'année. Et non, je peux vous dire que cela ne met aucune pression supplémentaire, quelle qu'elle soit, sur eux."

Quoi que l'on pense des critiques formulées par Alonso, elles ne sont que l'une des dernières expressions d'une remise en question fréquente du système des commissaires en F1. Des voix s'élèvent en faveur d'un système à l'image de celui du MotoGP, avec des commissaires permanents, qui permettrait d'uniformiser les décisions et les jurisprudences là où, aujourd'hui, ce sont des commissaires différents à chaque Grand Prix.

Sur ce plan, Masi estime que le fonctionnement actuel est bon : "Comme nous l'avons déjà dit, les commissaires sont une instance judiciaire indépendante qui peut examiner n'importe quoi, et c'est pourquoi ils sont indépendants pour l'examiner sur cette base. Ils examinent tout, au cas par cas. Oui, vous pouvez comparer différents types d'incidents, mais ils sont là pour examiner chaque cas avec toutes les informations et les données dont ils disposent, et ils prennent ensuite leur décision."

"Chaque équipe a le droit de discuter de la cohérence et ainsi de suite, mais nous avons une liste générale de paramètres, et ils savent tous très bien où ils se trouvent. S'il y a des choses qui ne sont pas tout à fait correctes, nous en discutons ouvertement. Et si nous devons les modifier, nous les modifions."

Lire aussi :

partages
commentaires
La F1 sans l'ombre d'un doute malgré les craintes pour 2022
Article précédent

La F1 sans l'ombre d'un doute malgré les craintes pour 2022

Article suivant

L'entrée des stands "radicalement" modifiée pour le GP du Qatar

L'entrée des stands "radicalement" modifiée pour le GP du Qatar
Charger les commentaires