Massa - Le pire moment de ma vie? Laisser passer Alonso!

Felipe Massa a connu une étape marquante de sa carrière chez Ferrari, avec huit saisons qui ont fait de lui l'un des pilotes les plus fidèles avec leur constructeur.

Seules les associations Michael Schumacher/Ferrari, David Coulthard/McLaren, Mika Häkkinen/McLaren, Jacques Laffite/Ligier et Jim Clark/Lotus peuvent prétendre rivaliser ou surpasser l'histoire entre Massa et Ferrari, en termes de longévité.

Pourtant, la carrière de Massa a bien failli couler définitivement à Maranello, lors des quatre saisons passées aux côtés de Fernando Alonso, où le niveau du Brésilien avait grandement chuté (voir nos statistiques dans l'article ci-dessous).

Depuis, Massa a connu une renaissance certaine chez Williams, et porte un regard à la fois ému et réaliste sur ses années Ferrari.

"Mon histoire avec Ferrari était belle, intense, honnête, comme le montrent les applaudissements que j'ai eus à Monza," déclare celui qui est monté sur le podium au Grand Prix d'Italie dans les colonnes de La Repubblica. "Mais il était temps de se sentir important à nouveau."

"Les choses ont changé quand Alonso est arrivé," explique Massa. "J'ai regardé autour de moi et j'ai vu que soudain, je n'avais plus de pouvoir sur les choses, sur les détails. Et notre sport est fait de détails. Et on ne peut les changer que si on a le pouvoir. Il s'agit entièrement de pouvoir, et je l'avais perdu."

"Le symptôme le plus évident était que je ne me sentais plus important. Je le voyais rien qu'en regardant les gens autour de moi dans les yeux. C'était impossible d'être heureux."

Devenir égoïste, très peu pour Massa

Une croyance répandue est celle selon laquelle on ne peut devenir Champion du Monde sans avoir un caractère quelque peu impitoyable, ce que ne corrobore pas vraiment la personnalité de légendes telles que Juan Manuel Fangio et Jim Clark, ou plus récemment, Mika Häkkinen.

Massa, quant à lui, s'est posé la question, mais s'est refusé à devenir moins aimable, malgré le coup dur que la Scuderia lui a infligé au Grand Prix d'Allemagne 2010, un an jour pour jour après l'accident qui avait failli lui coûter la vie en Hongrie.

"J'ai souvent pensé que je devrais être moins gentil," poursuit-il. "Plus dur et égoïste. Mais ensuite, on se regarde et on fait le point."

"Beaucoup de choses me sont arrivées. J'étais ami avec une légende comme Schumacher et un jeune prodige comme Bianchi. J'ai traversé deux ou trois ères de la F1. J'ai vu l'injustice, et le pire moment de ma vie quand on m'a forcé à laisser mon coéquipier me dépasser, mais j'ai aussi beaucoup gagné, et surtout, j'ai pris du plaisir."

Si je disais quelque chose de méchant à tous ceux qui ont changé d'avis, je n'aurais pas le temps de piloter!

Felipe Massa

Aussi Massa n'a-t-il aucun regret quant au déroulement de sa carrière. "Je suis souvent tombé, mais à chaque fois, je me suis relevé," insiste-t-il. "Non, je ne changerais rien. J'ai toujours été moi-même, Felipe, et si cela m'a causé quelques problèmes, ma force m'a permis de les surmonter et de devenir un homme et un meilleur père."

Quant à ceux qui l'ont critiqué lorsqu'il était chez Ferrari, Massa leur en tient-il rigueur? "Non, parce qu'avant et après, ils ont écrit des choses agréables. Leur problème, c'est la cohérence. Si je disais quelque chose de méchant à tous ceux qui ont changé d'avis, je n'aurais pas le temps de piloter!"

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