Flashback - Quand Montoya quittait Williams pour McLaren

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Flashback - Quand Montoya quittait Williams pour McLaren
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
19 août 2018 à 08:38

Peu de pilotes ont autant marqué la F1 que ne l'a fait Juan Pablo Montoya en seulement six saisons.

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Inscrit sur 95 Grands Prix (il a pris le départ de 94 épreuves), le Colombien ne figure pas dans les livres d'Histoire comme l'un des Champions du monde de la discipline, et l'on oublierait presque que sa meilleure position au tableau général final ne fut "que" la troisième place, en 2002 et 2003. Mais celui qui disputa quatre saisons avec Williams puis deux avec McLaren a marqué l'époque 2001-2006 de son empreinte, avec 13 poles, 30 podiums (dont 7 victoires), 12 meilleurs tours, et un caractère inoubliable.

Un parcours différent de celui des autres grands

À son arrivée en F1, Juan Pablo Montoya était issu d'un chemin un brin atypique : après une jeune carrière en formules junior en Angleterre, il était monté dans l'estime des paddocks du monde entier en coiffant la couronne F3000 1997 et surtout en tapant dans l'œil de l'équipe F1 Williams-Renault, alors techniquement suprême et dominatrice avec Jacques Villeneuve au volant. Pilote essayeur de l'équipe lors de cette saison 1997, Montoya avait rempilé dans l'ombre en 1998.

Mais c'est aux USA que Montoya s'était fait un nom. On disait le champion CART 1999 (ancêtre de l'Indycar), et vainqueur des 500 Miles d'Indianapolis 2000 alors qu'il était rookie, il incarnait l'archétype du "pilote Williams" version Frank Williams/Patrick Head. Entendez, godasse de plomb, caractère bien trempé, pas forcément des plus bosseurs, mais diablement efficace et attachant dans sa façon d'être direct et soupe au lait.

Enthousiasmant comme parfois exaspérant comme peut l'être aujourd'hui un certain Max Verstappen, Montoya a réalisé une belle carrière en F1, confronté notamment à des pilotes au summum de leur carrière, comme Michael Schumacher, Kimi Räikkönen ou encore Fernando Alonso. Le Colombien avait le don d'agacer autant que d'enthousiasmer de par ses frasques en piste comme en dehors, et ne laissait aucun observateur indifférent. Et particulièrement pas son patron de l'époque, Frank Williams, qui avait pris le pari de le faire venir en F1.

2004, la fin avec Williams-BMW

2004 fut la dernière saison de l'association Montoya/Williams et de l'eau se faisait sentir dans le gaz avec une FW26 au look ravageur avec son aileron avant de "morse" mais aux difficultés à rallier les points. Le Britannique n'avait par ailleurs plus la patience pour gérer le caractère clivant de son pilote, et réciproquement. Ron Dennis, son Némésis, attendait son heure pour associer le Colombien à Kimi Räikkönen et former un duo de choc chez McLaren, sur une auto conçue par Adrian Newey et propulsée par le V10 Mercedes-Benz. Le départ du Colombien avait été révélé très tôt. Le fier Anglais était convaincu de pouvoir faire mieux que Williams pour polir le diamant latin brut.

Dans une interview accordée au magazine F1 Racing, publiée en juin 2004, Frank Williams ne cachait pas ses doutes concernant le Colombien en partance pour McLaren, lorsqu'il lui était demandé si celui-ci était suffisamment discipliné pour pouvoir remporter le titre de Champion du monde. "En l'absence de Michael [Schumacher], il pourrait certainement gagner", avait alors été sa réponse, cinglante.

Il faut dire que nombre d'observateurs considéraient que la couronne aurait dû revenir au pilote Williams-BMW lors de la saison 2003. "Il avait une belle chance, mais nous étions si proches uniquement parce que Ferrari a trébuché", défendait cependant Williams. "C'était une chance énorme, à quelques courses du but, mais tout a commencé à aller de travers. L'accident de Ralf [Schumacher] en tests à Monza nous a retardés à un moment crucial, puis la tactique de Ferrari concernant les pneus Michelin a laissé d'énormes traces. Il est clair que cela a perturbé les équipes Michelin, nous compris. Je suis triste qu'il s'en aille, oui, parce que c'est un grand pilote. C'est la chose principale à dire de lui. D'accord, il a ses hauts et ses bas, mais c'est un super pilote. Un brillant talent. Il sait voir les opportunités de dépassement comme personne, y compris avec Michael. Et il pilote mieux que jamais cette année."

Ainsi, dans ce moment de rupture, c'était malgré tout l'admiration pour un pilote au talent pur, notamment dans ses duels roue contres roue, qui excitaient le directeur d'équipe connu pour être féru de réels "racers". "C'est pour ça que nous sommes là, non ? C'est ça, le plus important. Alors oui, comme je le disais, je suis triste concernant Juan Pablo. Mais c'est la course. C'est le business. Il avait ses raisons pour partir et il a choisi. Il a très certainement ressenti qu'il pouvait faire mieux ailleurs, et je respecte son jugement."

L'après

Avec McLaren, Montoya signa deux poles et trois en 2005, mais ne connut pas ces joies la saison suivante, ne parvenant à monter sur le podium qu'en deux occasions et à ne mener que six tours. Le divorce avec McLaren fut plus brutal qu'avec Williams, le Colombien claquant la porte après dix Grands Prix, tandis qu'était invoquée par les communicants anglais une blessure à l'épaule contractée lors d'une activité extra-sportive à l'entraînement.

Déterminé par fierté à ne pas le laisser le libérer de la sorte, Ron Dennis empêcha le Colombien de se recaser en cours de saison en NASCAR et maintint une clause contractuelle forçant celui-ci à attendre la saison 2006 pour reprendre le volant en compétition. On vit Montoya en NASCAR entre 2006 et 2014, tandis qu'un retour en IndyCar avec Penske à compter de 2014 le vit renouer avec la victoire sur l'Indy 500 en 2015 et se battre longuement pour le titre la même année.

En 2018, Montoya s'est aligné pour la première fois aux 24 Heures du Mans et était comme Alonso en quête de la fameuse Triple Couronne – selon les critères de chacun – "Indy 500, GP de Monaco, 24 Heures du Mans".

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