Garder son calme, la clé de la victoire pour Esteban Ocon

Esteban Ocon a affirmé qu'il devait son succès au Grand Prix de Hongrie à un calme olympien et au contrôle de ses émotions, en faisant fi de l'importance d'une première victoire en catégorie reine pour lui et pour Alpine.

Gagner un Grand Prix de Formule 1 n'est jamais une chose aisée, et en tant que pilote, remporter sa première course en catégorie reine l'est encore moins. Cette première victoire représente l'aboutissement d'un rêve d'enfant, elle porte également en elle tous les sacrifices qui ont dû être faits pour que ce rêve puisse se concrétiser. Les émotions sont donc particulièrement fortes lorsque ce premier succès se profile, et il est absolument important de savoir les contenir.

Et comme les 110 pilotes victorieux avant lui, Esteban Ocon a fait face à ce problème au Grand Prix de Hongrie. Avant cette course, le Français n'avait jamais mené un seul tour en Formule 1 et sa dernière victoire, elle, remontait à l'époque du GP3, au tout début de la saison 2015. En voyant le nom d'Ocon prendre place à côté du chiffre 1 du classement lorsque Lewis Hamilton a regagné la voie des stands après le second départ, certains spectateurs ont pu penser que la pression était trop forte pour que le Français ne la gère. Or, pendant 65 tours, Ocon leur a donné tort en ne commettant pas la moindre erreur. 

Invité sur la chaîne Twitch de Canal+ afin de revenir sur le Grand Prix de Hongrie, le pilote a révélé que, malgré la situation inédite l'ayant propulsé à la première place, tous les membres d'Alpine sont parvenus à garder ce calme salvateur, que ce soit lui-même dans le cockpit de l'A521, ou le reste du personnel sur le muret des stands ou dans le garage.

"Il y a eu beaucoup d'échanges [pendant la course], il fallait beaucoup gérer la température des freins, le [niveau de] carburant", a expliqué Ocon. "On était tous très calmes, comme si nous nous battions pour une huitième ou une neuvième place, c'est ça qui a fait la différence. Nous n'avons pas changé notre approche, il fallait rester calme et surtout ne pas penser au résultat parce que c'est comme ça que l'on peut faire une erreur et se déconcentrer."

"Je n'ai pensé [à la victoire] que deux fois. La première fois pendant le premier relais, mais je me suis dit que Lewis ou Carlos [Sainz], qui étaient plus rapides, allaient revenir. Mais j'ai vu qu'ils ne revenaient pas. Puis dix tours avant la fin, quand mon ingénieur Josh [Peckett] m'a dit qu'il n'y avait personne derrière Vettel pouvant nous rattraper. Là, je me suis dit que ça allait être possible, on allait pouvoir gagner ce Grand Prix. Mais il fallait rester concentré."

D'abord, une très grande émotion. Après, ce qui me vient à l'esprit, c'est le sacrifice de toute ma famille, de toute ma carrière. J'ai toujours su que ça allait payer un jour.

Esteban Ocon

La concentration d'Ocon a été maintenue jusqu'au bout, et ce n'est qu'une fois la ligne d'arrivée franchie que le Français a pu exulter et laisser ses pensées s'égarer. Outre le grand bonheur que procure une victoire en Formule 1, Ocon a aussi songé aux moments difficiles : son début de carrière en sport automobile, son rôle de réserviste chez Mercedes après avoir été pilote titulaire pendant trois ans, et plus encore.

"[Je pense à] beaucoup de choses", a-t-il poursuivi. "D'abord, une très grande émotion. Après, ce qui me vient à l'esprit, c'est le sacrifice de toute ma famille, de toute ma carrière. Puis les moments difficiles en F1, les moments dans l'ombre, à travailler de 17h à 4h du matin dans la cave sans lumière, sans dormir pendant deux jours et venir sur les Grands Prix, attendre les opportunités, rester patient et motivé, et montrer que j'avais l'envie de revenir. J'ai toujours su que ça allait payer un jour."

Ocon pas déstabilisé par Vettel 

Mais même si Lewis Hamilton n'est jamais revenu sur les talons du Français – en grande partie grâce à la défense de Fernando Alonso – Ocon n'a jamais été assuré de gagner la course en raison de la présence menaçante de Sebastian Vettel, blotti dans son diffuseur du premier au dernier tour et prêt à bondir sur chaque opportunité de dépassement.

À plusieurs moments, le quadruple Champion du monde s'est décalé pour porter une attaque. Celle avec la plus grande chance de se concrétiser s'est produite au 48e passage, lorsqu'il a fallu prendre un tour à la monoplace d'Antonio Giovinazzi. Privé de DRS dans la ligne droite des stands, Ocon a vu surgir Vettel à l'intérieur mais a bien défendu sa position en fermant la porte dans le premier virage.

"Je pensais que c'était moins proche, [Vettel] était vraiment à côté. J'ai fermé la porte parce qu'il le fallait. C'était soit ça, soit on perdait la première place. C'était super chaud, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas eu le DRS, ça ne s'est pas joué à grand-chose", a commenté le Français.

Le duel de Budapest n'était pas le premier "match" entre Ocon et Vettel puisque les deux hommes ont déjà eu une passe d'armes au Grand Prix Émilie-Romagne plus tôt dans l'année. "Il m'a déjà fait le coup à Imola, il voit les points faibles de son adversaire en face : si on freine un peu plus tôt, si on manque de vitesse en bout de ligne droite, etc. Il a vu qu'il était plus fort dans le virage 1 et il savait qu'il pouvait se jeter à un moment donné et que j'allais être obligé d'ouvrir la porte. Il a essayé plusieurs fois mais on a réussi à le garder derrière."

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