Les paris stratégiques de Williams, encouragés par Capito

L'écurie Williams a brillé par quelques paris stratégiques bien sentis ces derniers temps, et il semble que l'ambiance instillée par le nouveau PDG Jost Capito n'y soit pas étrangère.

Les paris stratégiques de Williams, encouragés par Capito

L'écurie Williams a marqué 23 points lors des cinq derniers Grands Prix en date, bien plus que lors des 70 courses précédentes, et si la chance a joué un rôle, il serait réducteur de résumer ces résultats à un tel facteur.

Si Nicholas Latifi et George Russell ont bien profité du chaos au départ du Grand Prix de Hongrie, encore fallait-il se maintenir à l'avant du peloton, ce qu'ils ont fait en finissant septième et huitième. C'est ensuite l'excellence de Russell dans des conditions pluvieuses à Spa-Francorchamps qui lui a permis de prendre la deuxième place sur la grille et, dans le contexte que l'on sait, de monter presque automatiquement sur la deuxième marche du podium.

Russell a continué ses prouesses avec la neuvième place à Monza et la dixième à Sotchi, où il a été le premier pilote à demander les pneus intermédiaires lorsque la pluie a perturbé la fin de la course. La veille, il avait signé la troisième place sur la grille en étant également le premier à chausser les bonnes gommes, mais les slicks cette fois. Autant de paris qui se sont avérés payants.

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Ainsi, après une si longue période de vache maigre, les points se multiplient. "Il y a vraiment une lancée, c'est sûr", commente Dave Robson, directeur performance chez Williams. "Prendre de bonnes décisions encourage à continuer à prendre ces bonnes décisions, ça aide vraiment. La voiture n'est pas trop mauvaise. Avec peu de carburant sur le sec, elle n'a pas encore le rythme que nous aimerions, mais ce n'est pas grave, nous pouvons travailler avec ça, ce qui n'a pas toujours été le cas ces deux dernières années. Cependant, je pense que chacun des derniers Grands Prix a eu des circonstances un petit peu différentes, et ce n'est pas qu'un coup de chance."

"En Russie, une fois que nous sommes passés en Q3 dans de telles circonstances, nous n'avions pas grand-chose à perdre. Les équipes qui s'attendent à être dans le top 3, le top 4, le top 5 – elles ont beaucoup à perdre. Si nous nous étions trompés, si les slicks avaient été le mauvais choix, il n'y avait pas le temps de remettre les intermédiaires et de faire un tour significatif. Nous aurions donc été dixièmes. Et c'est bien plus difficile pour les top teams de prendre ce risque."

"Donc, un peu comme à Spa, nous avons essayé ça volontiers. Nous étions déjà relativement contents d'être dixièmes au pire, cela nous donne la liberté de prendre ces décisions." Décisions qui sont donc le fruit du fait que Williams n'a rien à perdre, mais aussi de l'approche de son nouveau PDG Jost Capito, qui est à la tête de l'écurie depuis le 1er février 2021, à la suite de son rachat par Dorilton Capital à l'été 2020.

"Je pense que la voiture est actuellement suffisamment bonne pour que la prise de ce genre de décisions puisse être récompensée, ce qui fait une grande différence", souligne Robson. "Cela signifie que quand on prend la décision, on n'a pas de regrets injustifiés après coup, puisqu'on en voit les fruits. De plus, Jost soutient inconditionnellement ces décisions."

George Russell, Williams, fête avec Jost Capito, PDG, Williams, après sa deuxième position en qualifications

George Russell et Jost Capito célèbrent la deuxième place des qualifications à Spa-Francorchamps

"Cela ne revient pas à dire que la direction précédente [la famille Williams, ndlr] ne les soutenait pas, mais Jost nous rappelle de manière très proactive que nous avons la liberté de prendre ce genre de décisions et que cela ne se retournera pas directement contre nous si elles s'avèrent mauvaises. Je pense qu'il joue indéniablement un rôle dans la création de ce contexte, nous permettant de faire du bon travail."

Cependant, Robson sait parfaitement que le plus dur reste à faire pour Williams. L'écurie a beau progresser en matière de performance, plus elle sera proche des avant-postes, plus il lui sera difficile de grappiller du terrain sur la concurrence et plus les paris stratégiques seront risqués – même s'il est évidemment très difficile de prédire à quoi ressemblera la hiérarchie en 2022, avec une nouvelle réglementation technique.

"Je reste conscient du fait que plus la voiture est rapide – et espérons voir un grand pas en avant l'an prochain quant à la rapidité relative de la voiture – plus la pression montera, et beaucoup. Nous restons dans une position où nous avons beaucoup à gagner et pas énormément à perdre, ce qui enlève bel et bien un petit peu de pression. Ce sera donc une autre histoire pour beaucoup de personnes dans l'écurie qui n'ont pas une énorme expérience dans l'exploitation d'une voiture rapide. Cela peut être un type de pression différent", conclut l'ingénieur de l'écurie nonuple Championne du monde.

Propos recueillis par Jonathan Noble

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