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Peur et pleurs : la survie de Nyck de Vries jusqu'à la F1

Treize années se sont écoulées entre l'arrivée de Nyck de Vries dans le McLaren Young Driver Development Programme et ses débuts prévus dans l'élite. Le nouveau pilote de Formule 1 revient sur le chemin tortueux qu'il a parcouru, notamment en Formule 2.

Nyck De Vries, PREMA Racing

Photo de: FIA Formula 2

En 2023, Nyck de Vries va faire ses débuts en Formule 1 à temps plein au sein de l'écurie AlphaTauri – des débuts tardifs pour celui qui va fêter son 28e anniversaire. "Je suis parmi les pilotes plutôt âgés, ça a été un long chemin pour arriver ici", confie l'intéressé dans le podcast Tauri Talk de sa nouvelle équipe. "J'ai grandi aux côtés de nombreux pilotes actuels sur la grille. J'ai le sentiment de faire plus ou moins partie de leur génération."

C'est vrai : parmi les 19 autres pilotes sur la grille de départ, un certain nombre ont côtoyé De Vries en formules de promotion. De la Formule Renault 2.0 à la Formule 2 en passant par le GP3, il s'est ainsi mesuré à Gasly, Ocon, Russell, Norris, Zhou, et surtout Leclerc et Albon, qui étaient présents en même temps dans ces trois catégories. Sans parler des pilotes arrivés en Formule 1 avant lui, et déjà repartis…

Comment l'accession à l'élite a-t-elle pris tant de temps pour un jeune loup qui était si initialement si prometteur ? Ce n'est pas un hasard s'il a rejoint le programme de jeunes pilotes McLaren dès l'âge de 15 ans, en 2010.

"Nous avons connu beaucoup de succès en karting", souligne De Vries. "Nous avons remporté le Championnat d'Europe et deux titres mondiaux consécutifs, et j'étais sous contrat avec McLaren. Le timing était vraiment bon, car Lewis [Hamilton] venait de faire ses débuts en Formule 1 et a évidemment eu beaucoup de succès. Par conséquent, beaucoup d'écuries de Formule 1 s'intéressaient aux jeunes pilotes et les dénichaient à un jeune âge pour tenter d'avoir un succès similaire."

Le passage à la monoplace ne s'est pas passé aussi bien que prévu pour le jeune Néerlandais. Ce dernier n'a pas démérité en se classant cinquième lors de ses deux premières saisons en Eurocup Formule Renault 2.0 avant de remporter le titre en 2014, mais de meilleurs résultats étaient attendus de lui. "Physiquement, je crois que j'étais assez sous-développé", explique l'homme de 1,67 m quant à son arrivée en FR2.0. "Je n'étais pas précoce, j'avais 17 ans mais mon corps n'en avait peut-être que 14."

Nick de Vries

Nyck de Vries et Pierre Gasly en 2013. Le Français a été titré en Eurocup FR2.0 cette année-là.

De Vries a ensuite rejoint l'échelon supérieur, la Formule Renault 3.5, où il a pris la troisième place du championnat et était le meilleur rookie. En 2016, c'est seulement vers le GP3 qu'il s'est tourné, sixième avec ART Grand Prix quand ses coéquipiers Charles Leclerc et Alexander Albon se disputaient le titre.

"À la fin de l'année [2016], le management a changé chez McLaren, et j'ai perdu leur soutien financier", relate De Vries. "À partir de cette année-là, j'ai connu une période vraiment difficile car je n'avais aucun moyen de poursuivre ma carrière, en l'absence de soutien financier. Je ne savais pas comment continuer. Je me suis retrouvé à tester en DTM avec Audi et avec Ferrari en GTE. J'envisageais sérieusement de m'éloigner de mon rêve et mon objectif, qui étaient évidemment la Formule 1. Mais littéralement une semaine avant le premier test de la saison de Formule 2, tout s'est concrétisé avec l'aide de Ricardo Gelael."

Le père de Sean Gelael a contribué à financer la saison 2017 de De Vries en Formule 2, au sein des écuries Rapax puis Racing Engineering. "Je n'avais aucune véritable chance de me battre pour quoi que ce soit", déplore-t-il. "Ce n'était une question de survie, je devais juste m'assurer de survivre en monoplace, et nous avons réussi."

De Vries allait avoir une belle opportunité pour 2018 : rejoindre Prema Racing, l'écurie qui avait triomphé les deux années précédentes avec Pierre Gasly et Charles Leclerc. Or, malgré quelques belles prestations, le pilote de l'écurie transalpine n'a pris que la quatrième place du championnat, devancé par trois Anglais dont deux rookies : George Russell, Lando Norris et Alexander Albon. Trois abandons en course principale lui ont coûté cher, à l'époque où celle-ci déterminait la grille de départ de la course sprint.

"Sans quelques erreurs de ma part, nous aurions pu finir deuxième ou troisième", estime De Vries. "Je pense que nous avions un très bon rythme, nous avons remporté pas mal de courses, mais j'ai commis des erreurs un peu trop coûteuses. Surtout en Formule 2 où il y avait la course principale et la course sprint, cela pouvait gâcher un week-end. À deux reprises, nous nous battions pour la victoire mais avons eu un accident. Alors deux week-ends étaient perdus, en somme. Le top 3 – George, Lando et Alex – a été promu en Formule 1, mais pas moi qui ai fini quatrième."

Nyck De Vries, PREMA Racing

Nyck de Vries ne s'est pas toujours senti soutenu chez Prema.

Et à en croire les propos de l'intéressé, l'ambiance n'était pas particulièrement saine chez Prema. "Ils venaient de remporter deux titres avec Pierre et Charles, et leurs attentes n'étaient que de gagner et de dominer. Je me rappelle un moment à Bahreïn : après la première séance qualificative, nous étions quatrièmes. En Formule 2, si l'on est dans le top 7, c'est toujours bien car il y a une course principale et une course sprint, c'est la régularité qui compte. Je suis rentré au garage et l'équipe m'a littéralement dit que si l'on perdait le titre à cause de cette pole manquée, c'était ma faute. Ça m'a touché. Tel était mon environnement à l'époque, et je n'ai simplement pas assez bien géré ça."

Symbolisant cette période difficile, De Vries a gâché ses chances de victoire dans un dépassement raté sur le leader George Russell lors de la course principale à Bakou. Il se retrouvait huitième au championnat avec déjà 31 points de retard sur le leader Lando Norris, et savait que marquer des points le lendemain allait être compliqué.

"J'avais trop peur pour rentrer au garage", révèle le pilote Prema. "Je suis littéralement parti dans la ville et je suis allé pleurer sur un petit banc au beau milieu de Bakou. Et j'ai envoyé un message à mon entraîneur pour demander quand est-ce qu'ils auraient besoin que je sois de retour. Je suis parti pendant une heure et demie parce que j'avais trop peur de revenir. Ce genre de pression interne, je ne l'ai pas suffisamment bien gérée."

De Vries a finalement renoué avec ART en 2019 et a remporté le titre de Formule 2, avant d'être couronné en Formule E deux ans plus tard chez Mercedes. Son intérim réussi au Grand Prix d'Italie 2022, lorsque le pilote Williams Alexander Albon a eu l'appendicite, a contribué à son accession à l'élite – certes grandement facilitée par le jeu de chaises musicales lancé par Oscar Piastri et Fernando Alonso.

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