Les pneus de secours Pirelli auront la même dégradation qu'en 2016

partages
commentaires
Les pneus de secours Pirelli auront la même dégradation qu'en 2016
Par : Fabien Gaillard
15 févr. 2017 à 13:00

Mario Isola, le directeur technique de Pirelli, a indiqué que les pneus de secours prévus pour la saison 2017 de Formule 1 ont des caractéristiques techniques plus proches des gommes 2016, avec notamment de la dégradation thermique.

Plus larges, plus résistants, les pneus 2017 de Formule 1 fournis par l’entreprise de Milan seront bien différents des enveloppes des dernières saisons, avec comme principale caractéristique la fin de la dégradation thermique, mise en place sur ordre des instances de la discipline depuis 2011.

Malgré tout, devant l’immensité du changement réglementaire dans le domaine - couplé à l’augmentation significative de la part de l’aérodynamique dans la performance globale des monoplaces - Pirelli n’a pas voulu prendre de risques et s’est offert le luxe de faire homologuer des gommes de secours.

Ces dernières pourront entrer en jeu lors de la seconde partie de saison si les composés originaux ne donnent pas satisfaction. "Nous avons décidé de démarrer la saison avec des composés qui sont totalement neufs, une nouvelle philosophie qui était en accord avec ce qui était requis, moins de dégradation", a expliqué Mario Isola à Motorsport.com en marge de la présentation de la saison 2017 de Pirelli.

"Nous avons construit nos hypothèses sur le fait que les nouvelles voitures atteignent le niveau de performance entrevu en simulation. Si, pour n’importe quelle raison, nous n’atteignons pas ce niveau de performance, avec moins d’énergie qui passe par le pneu, nous aurons besoin de revenir à des pneus avec une philosophie plus classique."

"Nous avons une gamme de composés de secours homologués, que nous pouvons utiliser pour remplacer les composés de base. Il s'agit d'une discussion que nous devrions avoir avec les équipes et la FIA pour se mettre d’accord sur le processus d’introduction de celles-ci."

Les pneus Pirelli 2017

"Mais nous n’avons aucune intention de les utiliser pour l’instant. Nous commençons avec les pneus de nouvelle philosophie, moins de dégradation, et nous verrons ce qui se passe. Peut-être que les premières courses seront un peu… les voitures ne seront pas au bon niveau de performance, mais je suis sûr que durant la saison elles vont atteindre la performance qui est attendue."

Aussi, quand il lui est précisément demandé si les pneus de secours allaient en fait avoir une dégradation thermique, comme lors des saisons précédentes, il répond : "Oui, parce que les composés de secours sont plus proches de l’ancienne génération : plus de dégradation, une montée en température plus rapide, des caractéristiques différentes. Ils ne sont pas plus durs ou plus tendres. La dureté est similaire. Mais avec les nouveaux composés, nous essayons d’avoir une fenêtre de fonctionnement plus large, une philosophie totalement différente."

Des points d’interrogation

En attendant de savoir si les pneus de secours seront nécessaires ou pas, la saison débutera bien avec les nouvelles tailles et les nouveaux composés et donc la nouvelle philosophie. Un moment particulier pour Pirelli, les tests effectués en 2016 pour 2017 ayant été conduits avec des F1 2015 modifiées, dont les niveaux d’appui n’étaient pas vraiment au niveau de ce qui est attendu cette année. De quoi laisser des questions en suspens alors que les essais hivernaux vont débuter le 27 février.

"[Je ne suis] pas nerveux, mais il y a évidemment quelques points d’interrogation à clarifier avec les nouvelles voitures. Barcelone sera la première fois, nous avons besoin de comprendre, surtout le comportement des gommes, le niveau de dégradation, la surchauffe. L’an passé, quand nous avons fait des tests avec les mulets, nous avons vu l’amélioration au moment de comparer l’ancien produit au nouveau."

Daniel Ricciardo, Red Bull Racing teste les pneus Pirelli 2017

"Nous voyons clairement moins de dégradation, ce qui est la direction requise par les équipes et les pilotes. Mais ensuite nous avons les nouvelles F1 avec plus d’énergie et plus de vitesse en virage, donc il faut évaluer cette dégradation sur les voitures [2017]. De plus, la voiture pour le début de l’année sera très différente de la fin de l’année, parce que le taux de développement sera très élevé."

Isola assure toutefois que les pneus sont conçus pour résister au niveau d’appui envisagé pour la fin 2017, même si les données des équipes montrent des valeurs plus éloignées. "Oui, c’est pourquoi nous avons demandé aux équipes, pour leurs simulations, pas seulement le début de l’année mais la fin de l’année. Si je regarde les simulations pour le début de saison, les valeurs qui arrivent des différentes équipes sont assez proches [les unes des autres]."

"En regardant les valeurs pour la fin de l’année qui prennent en compte le taux de développement, c’est un peu plus large. Mais nous poursuivons cette communication [avec les équipes], nous avons une idée."

Pas de prototypes à Barcelone

Le premier roulage de l’année, qui visait à tester des pneus pluie avec la Ferrari 2015 modifiée à Fiorano les 9 et 10 février, a été écourté en raison de l’accident de Sebastian Vettel, survenu au milieu de la première journée. Le technicien Pirelli assure que cela ne compromet pas le développement des pneus pluie.

"Il a fallu arrêter le test en raison des dégâts de la voiture. Les accidents font partie des essais, donc on prend toujours cela en considération. C’est dommage parce que nous voulions faire deux jours de tests à Fiorano comme nous l’avions prévu, et maintenant nous essayons de comprendre comment faire un test supplémentaire avec des pneus pluie parce qu’avec les plus grandes tailles, l’aquaplaning est un problème."

"Il a fallu dessiner de nouvelles sculptures sur la bande de roulement qui améliorent la capacité à disperser l’eau - ne me demandez pas pour la visibilité, mais le plan était d’avoir un bon niveau de résistance à l’aquaplaning."

Une journée de roulage sur piste humide est prévue lors des essais de Barcelone, mais elle ne sera pas destinée à rattraper le temps perdu à Fiorano. "C’est un test différent. Fiorano était un test de développement, mais à Barcelone nous voulions une journée de test sur piste humide pour donner aux équipes la possibilité d’essayer les nouveaux pneus intermédiaires et pluie."

"La phase de transition pourrait être différente, ils n’ont aucune donnée, la plupart d’entre eux n’ont pas testé la nouvelle taille. Cela veut dire qu’ils ont besoin de cette information, et nous voulons leur donner le produit homologué. Nous ne prévoyons pas d’avoir le moindre prototype à Barcelone. Mais fournir des pluie et des intermédiaires va leur donner des chiffres pour comprendre, lors d’une course sur piste humide, le moment où ils peuvent passer d’un composé à l’autre."

Sebastian Vettel, Ferrari SF15-T

Plus globalement et pour l'avenir, le calendrier des essais qui se dérouleront en cours de saison en vue de préparer 2018 reste à finaliser, mais toutes les équipes devraient y prendre part. "Nous établissons un plan, parce que nous avons de nouveau 25 journées [autorisées par le règlement] et avec les voitures de cette année, pas les mulets. Nous avons une bonne disponibilité de la plupart des équipes, donc nous allons faire des tests plus que les trois équipes qui ont fait rouler les mulets."

"Nous finalisons le plan, qui devrait démarrer en avril et terminer en octobre ou novembre. Selon les données que nous commencerons à récolter cette saison, nous déciderons de la direction du développement. J’attends toujours confirmation, mais je pense que nous aurons toutes les équipes [lors des tests pour 2018]."

Propos recueillis par Jamie Klein

Article suivant
Bottas n'est pas chez Mercedes "pour la deuxième place"

Article précédent

Bottas n'est pas chez Mercedes "pour la deuxième place"

Article suivant

Vers une nouvelle association des écuries de F1 ?

Vers une nouvelle association des écuries de F1 ?
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries Formule 1
Auteur Fabien Gaillard