Polémique - Le double réservoir secret de BAR-Honda en 2005

Lors de l’audience de Red Bull face à la FIA dans le cadre de l’affaire du débitmètre, Mercedes-Benz a agité le fantôme de la tricherie BAR Honda de 2005 pour illustrer la nature de la manipulation faite à ses yeux par Red Bull avec les limites du...

Lors de l’audience de Red Bull face à la FIA dans le cadre de l’affaire du débitmètre, Mercedes-Benz a agité le fantôme de la tricherie BAR Honda de 2005 pour illustrer la nature de la manipulation faite à ses yeux par Red Bull avec les limites du règlement.

Mais que s’était-il exactement passé du côté de BAR-Honda, lorsque l’équipe avait été disqualifiée de plusieurs courses ? Retour sur un coup de bluff technique qui adressa un rude revers à l’équipe anglo-japonaise, de façon méritée.

En 2005, la monoplace de Jenson Button est pesée 5 kilos sous la limite réglementaire minimale de 600 kg, après le GP de San Marin. La FIA est alors très dure dans son argumentaire à Paris, requérant tout simplement d’exclure l’équipe du championnat du monde et d’infliger une amende d’au moins un million d’euro au team, qui a selon toute évidence délibérément manipulé le règlement en sa faveur.

En dépit de mesures indiscutables, BAR décide de plaider l’innocence et demande à la Cour de rejeter l’Appel.

Basique, la défense appuyée par Nick Fry, Directeur d’Equipe, reposait sur l’éthique! « La voiture n’a jamais été trop légère et je ne pense pas que nous ayons fait quoi que ce soit de mal », affirmait-il alors dans un laïus similaire à celui entendu

dans la bouche de Christian Horner cette année

.

« A aucun moment je n’autoriserais quiconque dans l’équipe à faire quoi que ce soit d’illégal ; nous avons une culture commune et une intégrité, ainsi que de la justesse », argumentait par ailleurs Geoff Willis, Directeur Technique BAR, qui avait également pris une posture délicate en termes de communication, jouant avec l’idée que la FIA ne se serait pas montrée si incisive avec des teams historiquement établis.

« Cela n’a pas d’importance de savoir de qui il s’agit ; de si c’est Ferrari ou n’importe qui d’autre. Ce soit être comme ça », avait alors rétorqué fermement un Max Mosley, Président de la FIA irrité, et martelant que les tricheurs n’avaient pas leur place en F1.

La vérité technique, elle, était toute autre : BAR dissimulait en effet deux réservoirs de carburant au sein du réservoir principal, pour cacher du carburant, utilisé comme ballast durant les courses. La monoplace se trouvait ainsi en mesure de rouler en étant plus légère que ses concurrentes dans les tours précédant les ravitaillements, tout en se trouvant sous le poids minimal autorisé par le règlement sportif et technique... L’équipe pouvait par ailleurs disposer d’un avantage stratégique au moment des valses d’arrêts aux stands, capable qu’elle était de s’allouer deux à trois tours de marge de manœuvre en piste.

Après avoir reconnu l’existence de ces réservoirs supplémentaires, BAR avait cependant expliqué que ceux-ci servaient à placer le carburant sous pression avant injection dans le moteur.

« Il n’y avait pas de chambre secrète dans ces moteurs. Au pire, il y avait une incompréhension mineure. Un amende modeste suffirait », avait alors défendu l’avocat BAR, David Pannick.

BAR-Honda fut banni pour deux courses, tout en étant disqualifié du GP de San Marin. Après un début de saison désastreux également marqué par de nombreux abandons, Jenson Button parvint à redresser l'exercice de ses troupes avec de solides places d'honneur. Le team boucla l'année en sixième position du championnat du monde des constructeurs.

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Séries Formule 1
Pilotes Jenson Button , Geoff Willis , Nick Fry
Équipes Mercedes , Ferrari
Type d'article Actualités