Pourquoi Barrichello a été battu par Button pour le titre 2009

D'après Jock Clear, l'approche à l'ancienne de Rubens Barrichello lui a coûté cher dans la course au titre 2009, décroché il y a 12 ans jour pour jour par Jenson Button avec Brawn Grand Prix.

Pourquoi Barrichello a été battu par Button pour le titre 2009

Théâtre d'un remaniement technique avec une nouvelle réglementation simplifiant les monoplaces et réduisant l'appui aérodynamique, la saison 2009 de Formule 1 avait été marquée par l'émergence de l'équipe Brawn GP, qui était née des cendres de l'écurie Honda. En grande difficulté lors des deux années précédentes, cette dernière avait placé beaucoup de ressources sur 2009, mais la crise financière avait eu raison de l'implication du constructeur nippon en F1.

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Cette opportunité était une aubaine pour Jenson Button et Rubens Barrichello qui, après être entrés dans le top 5 une fois chacun en deux ans, se sont retrouvés avec la monoplace la plus compétitive du plateau entre les mains. Cependant, là où Button a parfaitement capitalisé en remportant six des sept premiers Grands Prix à l'âge de 29 ans, Rubens Barrichello n'a gagné que deux courses sur l'ensemble de la saison, du haut de ses 37 ans, et n'a jamais semblé représenter une menace sérieuse pour son coéquipier dans la course au titre.

L'âge a une importance ici, d'après l'ingénieur Jock Clear, qui travaillait avec Rubens Barrichello cette année-là. Le problème ne se situait pas directement au niveau du physique mais de la préparation, explique celui qui a mené des pilotes comme Jacques Villeneuve et Lewis Hamilton au titre mondial.

"Quand le moment est venu, je pense que Jenson était plus prêt", analyse Clear dans le podcast Beyond The Grid. "Je pense que Rubens n'a probablement pas pris conscience aussi tôt que Jenson que c'était très prometteur."

Jock Clear, Ingénieur de Course, Brawn GP et Rubens Barrichello, Brawn GP

"On en revient à la psychologie des pilotes. C'est probablement là que se recoupent l'ancienne génération et la nouvelle. Si l'on parle de Max [Verstappen], de Lewis [Hamilton] et de Charles [Leclerc]… Ils ont mené ça à un niveau supérieur ; Michael [Schumacher] avait mené ça à un niveau supérieur dans les années 1990, et ces gars-là ont mené ça à un niveau supérieur désormais."

"Rubens était probablement le dernier de l'ère de Michael avec cette psychologie des pilotes. La préparation des pilotes, c'était simplement : 'Je vais faire du footing deux semaines avant Melbourne, je vais travailler les abdos et ça ira', si vous voyez ce que je veux dire. Les pilotes avaient une forme physique qui ne faisait que s'améliorer, mais il n'y a pas que le physique, il y a toute la préparation mentale : 'Il faut que je réfléchisse à ça. Quelle approche pour la saison ? Quels sont mes objectifs à court terme, quels sont mes objectifs à long terme ?'. Et ce sont des choses que d'autres sports font depuis quelques années désormais. Regardez les sports américains, cela fait 20 ans qu'ils font ça, cela fait 20 ans que l'athlétisme le fait, et la F1 est en retard sur ces choses-là – un retard qu'elle rattrape. Bref, en 2009, les pilotes plus âgés n'avaient pas l'habitude que ce soit un prérequis. On se faisait cueillir à froid si l'on n'était pas absolument au top au début de la saison."

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