Pourquoi l'évolution Haas n'est pas qu'une simple copie de Ferrari

Haas a introduit sa première évolution majeure de l'année au Grand Prix de Hongrie. L'équipe américaine ne s'est toutefois pas contentée de s'inspirer du design de Ferrari pour tenter d'améliorer ses performances.

Pourquoi l'évolution Haas n'est pas qu'une simple copie de Ferrari

Après avoir terminé à la dernière place du classement des constructeurs l'an dernier, Haas a réalisé de nets progrès avec la VF-22 et aborde aujourd'hui la pause estivale en devançant Williams, Aston Martin et AlphaTauri au championnat. Une grande réussite, surtout que l'équipe américaine a été la moins active sur le terrain du développement.

Sur les 12 courses qui ont précédé le Grand Prix de Hongrie, seules cinq d'entre elles ont vu Haas introduire des nouvelles pièces. Celles-ci faisaient toutes partie d'améliorations mineures. Mais au Hungaroring, Haas a enfin lancé sa première évolution majeure de l'année. Le nouveau package a été confié à Kevin Magnussen pour le week-end magyar, et bien que le Danois n'ait pas brillé avec un départ en 13e position et une arrivée à la 16e place, il a su noter un changement positif dans les performances de sa voiture.

"Je pense que nous avons vu des choses positives", a-t-il affirmé. "Nous devons attendre un peu pour en extraire plus de performance en termes de temps au tour. Mais je pense que nous avons au moins installé une évolution qui fait ce qu'on attend d'elle. Et nous savons qu'il y a du potentiel. On n'a pas l'impression de régresser avec [l'évolution], ça ressemble en fait déjà à un petit pas [en avant]. Même si l'équipe avait l'air d'être un peu en retrait [au GP de Hongrie], il semble que ma voiture aille un peu mieux. Et c'est un point positif."

"C'est bien que nous installions des évolutions et que nous travaillions comme nous le faisons, et il ne semble pas que nous soyons perdants. On dirait plutôt que c'est un succès. J'essaie de ne jamais avoir d'attentes, ça vous rend la vie difficile. Donc j'y vais toujours en étant ouvert d'esprit et je vois ce que nous pouvons faire. Faisons évoluer la voiture, c'est quelque chose de palpitant ; faisons un peu de travail, voyons si nous pouvons y arriver."

Certains ont également accusé Haas de s'être contenté de produire une "Ferrari blanche" au vu de la ressemblance frappante entre les pontons creusés de la Scuderia et ceux installés par Haas au GP de Hongrie. Des accusations qui ne sont pas totalement infondées puisque l'équipe américaine a reconnu qu'elle s'était inspirée des solutions de son partenaire technique.

"Nous avons le même moteur que Ferrari, la même boîte de vitesses, les mêmes suspensions, alors pourquoi ne rien copier d'autre ? En plus, qui gagne des courses ? Nous ne sommes pas stupides", a commenté Günther Steiner, directeur d'équipe.

Cependant, Haas a aussi été astucieux en faisant en sorte que son développement ne s'éloigne pas trop de ses origines.

Comparaison des pontons de la Haas VF-22 avec celui de la Ferrari F1-75

Comparaison des pontons de la Haas VF-22 avec celui de la Ferrari F1-75

En comparant la forme des pontons utilisés en première partie de saison (à gauche ci-dessus), au nouveau design (au centre ci-dessus), nous pouvons constater que Haas prend la direction des pontons "baignoires" de la Ferrari F1-75 (à droite ci-dessus) en restant toutefois dans la même lignée de design.

Dans le paddock, des équipes comme Aston Martin et Williams ont complètement changé leurs concepts en suivant l'exemple de Red Bull plutôt qu'en peaufinant et en optimisant les solutions avec lesquelles elles ont débuté l'année.

Et, tandis que l'influence Ferrari sur la surface supérieure du ponton est claire, cela a également conduit à quelques changements significatifs sur la forme globale de la carrosserie, Haas se concentrant sur la manière d'extraire plus de performance avec cette génération actuelle de monoplaces.

Comparaison des pontons de la Haas VF-22

Comparaison des pontons de la Haas VF-22

Tandis que les designers se servaient précédemment des dérives latérales et des déflecteurs de ponton pour aider à recalibrer la trajectoire du flux d'air, ils n'ont plus ces outils aérodynamiques à disposition aujourd'hui. Une donnée importante lorsque l'on prend en considération le sillage généré par les pneus est la simplification de l'aileron avant, qui réduit la possibilité d'être utilisé pour perturber et altérer le sillage.

Au vu de cela, Haas a introduit une version révisée de la plaque d'extrémité au GP de Grande-Bretagne, bien qu'elle n'ait pas encore été utilisée en course. Cela signifie probablement que l'élément n'a pas amélioré les performances face à la forme habituelle (première flèche bleue ci-dessus).

Un peu plus loin sur la voiture, on observe le changement de forme du ponton, avec une épaule plus haute, entraînant une modification de la géométrie de la carrosserie (deuxième ligne verte ci-dessus).

Ce qui se remarque facilement aussi, c'est le changement de forme du flanc du ponton car la courbure est moins abrupte, ce qui est un peu dissimulé par la livrée blanche de Haas certes. Le bas du ponton est également plus large, on le constate avec la deuxième ligne jaune à droite ci-dessus.

N'ayant plus les outils aérodynamiques susmentionnés à disposition, Haas utilise une approche beaucoup plus brutale cette saison. L'équipe est contrainte de prendre la carrosserie pour perturber, ajuster et recalibrer la trajectoire du sillage du pneu afin qu'il n'égratigne pas les performances.

Les changements faits sur les pontons devraient aider à pousser le sillage généré par le pneu avant hors de la voiture et également à améliorer les relations plus en aval, non seulement avec l'inwash requis pour améliorer le flux dans la zone de bouteille de coca mais aussi avec la manière dont le flux d'air est poussé sur la face du pneu arrière.

L'amélioration de la qualité du flux d'air dans la zone de la bouteille de coca va également bénéficier des modifications apportées à la suspension arrière : Haas a revu les carénages qui enveloppent les différents composants.

Un autre résultat des modifications du ponton est l'abandon par l'équipe américaine de son aménagement du refroidissement sur l'épine dorsale du capot moteur, qui avait pour effet de détacher l'aileron de requin de la carrosserie (flèche rouge ci-dessus).

Les cloisons de la Haas VF-22

Les cloisons de la Haas VF-22

Si les changements apportés au ponton sont évidents, le plancher de la VF-22 n'est pas en reste, l'équipe cherchant à obtenir plus de performance dans une zone de la voiture où les designers ont une grande liberté.

À cet égard, des modifications ont été apportées aux cloisons à l'avant et sur le bord du plancher, là où toutes les autres équipes ont déjà apporté des changements pour mieux optimiser la manière dont s'écoule le flux d'air et améliorer la sensibilité de la hauteur de caisse, tandis que le dessous du plancher a certainement changé de forme.

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