Pourquoi les bacs à graviers disparaissent en Formule 1

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Pourquoi les bacs à graviers disparaissent en Formule 1
Par : Benjamin Vinel
22 janv. 2017 à 15:35

Depuis une quinzaine d'années, la tendance est aux dégagements en asphalte sur les circuits de Formule 1.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB12
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W07 Hybrid, passe dans l'herbe
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB12
Fernando Alonso, McLaren MP4-31 subit un terrible accident
Un lapin à côté d'Alex Lynn, DAMS
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W07 Hybrid s'arrête dans les graviers après la collision avec Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W07 Hybrid
Esteban Gutierrez, pilote d'essais et de réserve Ferrari SF15-T sort de la piste et arrive dans les graviers
Carlos Sainz Jr., Scuderia Toro Rosso STR10 passe devant des oiseaux dans l'herbe
Kimi Raikkonen, Ferrari SF16-H

Les tracés qui ont fait leur entrée au calendrier de la catégorie reine au XXIe siècle, fréquemment dessinés par l'architecte Hermann Tilke, ont été conçus dans le respect de ces nouvelles directives. Les pistes historiques elles-mêmes ont vu de nombreuses portions d'herbe ou de graviers être remplacées par de l'asphalte, parfois accompagné d'une bande d'astroturf (herbe synthétique), en particulier à proximité des virages rapides – à l'exception notable de Suzuka, où les bacs à graviers demeurent nombreux.

Le sujet a été abordé lors de la conférence donnée par Laurent Mekies, responsable sécurité de la FIA, pour le Motorsport Safety Fund en marge de l'Autosport International Show. Mekies a longuement évoqué l'accident de Fernando Alonso au Grand Prix d'Australie 2016, affichant un graphique significatif des forces G subies par l'Ibère entre le moment où il a heurté la Haas d'Esteban Gutiérrez et celui où sa monoplace s'est finalement immobilisée.

Selon ce graphique, Alonso a subi un impact de 46G lorsqu'il a percuté le mur à l'approche du virage 3, mais également un choc d'une force similaire lorsqu'il est entré en contact avec le bac à graviers, ce après quoi la McLaren est partie en tonneaux.

Motorsport.com en a profité pour demander à Mekies s'il était habituel de voir des chocs aussi violents lors d'un contact avec le bac à graviers et si ce type d'incident jouait un rôle dans la disparition récente de ceux-ci.

"S'il n'y avait pas eu de bac à graviers, la voiture serait peut-être partie en tonneaux quand même, et par conséquent, il y aurait eu un autre pic de force G parce qu'en fin de compte, il manque des roues", explique l'ancien ingénieur Toro Rosso. "Donc il est probable de subir un gros choc avec le sol et de partir en tonneaux. Non, ce n'est pas la raison pour laquelle il y a moins de bacs à graviers."

"Il y a moins de bacs à graviers parce que d'un pur point de vue de décélération, en moyenne – c'est différent pour chaque accident, mais en moyenne, le résultat est meilleur avec de l'asphalte. Le pilote perd le contrôle de sa voiture ; s'il a encore des roues, s'il a encore plus ou moins des freins, il décélérera mieux si le dégagement est en asphalte."

La FIA dispose toutefois d'outils lui permettant de trouver la meilleure configuration de dégagement pour chaque virage, parvenant ainsi à élaborer la meilleure combinaison sur les circuits.

"Il y a également un compromis à trouver avec nos amis de MotoGP, qui n'ont pas toujours été de grands fans des graviers. Les deux configurations nous vont. Ce que nous faisons, c'est que nous prenons la configuration désirée, nous la mettons dans notre logiciel de simulation et nous calculons de quel type de dégagement nous avons besoin, si nous choisissons les graviers, si nous choisissons l'asphalte ou un mélange des deux", conclut Laurent Mekies.

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Auteur Benjamin Vinel
Type d'article Actualités