Pourquoi Räikkönen est la vraie référence de Ferrari en 2018

Sebastian Vettel a remporté deux des trois premières courses de la saison de Formule 1, mais son équipier Kimi Räikkönen est la vraie référence concernant la force de Ferrari en ce début d'année 2018.

Le quadruple Champion du monde étant plus jeune et ayant connu une forme récente bien meilleure, ce n'est pas vraiment surprenant de voir Vettel profiter opportunément des mauvais jours de Mercedes et des bons de Ferrari.

Cependant, le passage de Räikkönen du statut de numéro 2 lointain à celui de pilote de pointe constant en ce début de saison est bien plus curieux par rapport à l'histoire récente. Il s'est montré compétitif dès le début de chaque week-end cette année et est plus proche de Vettel à tout point de vue.

Le retard de Räikkönen sur Vettel en qualifications sur les trois premières courses est en moyenne de 0,073 seconde, à comparer au 0,391 de l'an passé sur les trois mêmes épreuves et au 0,276 sur l'ensemble de l'exercice 2017.

C'est le Räikkönen le plus compétitif sur un tour depuis les trois dernières manches de 2016, au moment où Vettel est apparu de plus en plus lassé par l'échec des ambitions de Ferrari.

Si l'on compare la moyenne du meilleur tour absolu réalisé lors de chacun des trois premiers week-ends (exprimé en pourcentage) entre cette année et l'an passé, c'est également une bonne nouvelle : en 2017, Räikkönen était à 100,81% quand le leader Hamilton était à 100,01% et Vettel à 100,355%, mais en 2018 le Finlandais s'est rapproché avec 100,359%, Vettel étant désormais le meilleur dans ce domaine avec 100,277% suivi par Hamilton avec 100,312%.

Le comportement de la voiture semble être le déclencheur de ce regain. Räikkönen a souvent démontré une incapacité à s'adapter à une voiture ne convenant pas à son style. Il est immédiatement apparu à l'aise avec la Ferrari SF71H, qui a conservé la régularité de sa devancière et offre aux pilotes un bon ressenti ainsi qu'un avant stable dans différentes conditions.

Le Champion du monde 2007 n'avait clairement pas su maîtriser la Ferrari de 2017 aussi rapidement que Vettel mais il avait progressé au fil de la saison : les modifications réalisées par Ferrari ont permis à Räikkönen d'être plus rapide dès le début cette saison.

Des facteurs indépendants de sa volonté – le Safety Car en Australie, un arrêt au stand raté à Bahreïn et la terrible stratégie de Ferrari en Chine – lui ont coûté des résultats qui auraient été mérités, mais il lui manque également autre chose.

Il était frustrant de voir Räikkönen échouer à prendre conscience de sa forme en essais libres à Bahreïn et en Chine et ne pas réaliser qu'il portait une certaine responsabilité dans le fait d'avoir été battu par Vettel en qualifications. Et puis, après un bon départ, il a été sans doute trop timide dans sa lutte contre Vettel dans le virage 1 en Chine.

Il y a peu de doute quant au fait que Räikkönen soit bien plus convaincant, mais il doit allier son confort retrouvé avec une plus grande agressivité pour enfin remporter la première victoire de son second passage chez Ferrari.

Avec cette voiture, cependant, Räikkönen semble déjà être un plus grand atout pour son équipe et pour la F1 qu'il ne l'a été depuis un moment.

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