Pourquoi le rythme de Mercedes s'est transformé en course

Une piste "verte" après les averses qui ont affecté le Grand Prix de Singapour, et des températures plus fraîches : c'est l'explication probable à la forme retrouvée de manière spectaculaire en course par les Mercedes.

Après des difficultés en qualifications, où Mercedes ne pouvait pas répondre au rythme des Ferrari et des Red Bull, l'écurie de Brackley a abordé la course en se concentrant simplement sur le fait de limiter les dégâts. Mais une averse survenue peu de temps avant le départ, et un accident qui a mis les deux Ferrari hors course dans le premier tour, ont ouvert la voie à Lewis Hamilton pour qu'il prenne la tête et aille chercher une victoire déterminante.

La victoire ne s'est pas uniquement jouée dans le premier tour. Hamilton a affiché un rythme solide face à son poursuivant Daniel Ricciardo, et son coéquipier Valtteri Bottas était même en mesure de réduire l'écart sur le pilote Red Bull en fin de course.

Bottas déclare que, depuis le cockpit, une bien meilleure sensation de stabilité à l'arrière de la voiture lui a permis d'avoir une plus grande confiance pour attaquer, ce qui s'est vu au niveau des temps au tour.

"En matière de stabilité à l'arrière de la voiture, c'était bien mieux en course qu'à n'importe quel autre moment du week-end", explique Bottas. "C'est la raison de ce rythme. Il y avait des températures plus fraîches, encore quelques flaques d'eau sur la piste, donc je pense que les températures nous ont vraiment aidés, et moi aussi. Je pense qu'en fait, ça signifiait que je pouvais davantage incliner la voiture, ça venait de la stabilité à l'arrière." 

Mais les températures plus fraîches ne sont pas la seule explication, car le jour de la course, la piste n'était pas beaucoup plus froide que ce qu'elle avait été en essais libres ou en qualifications. Il semble que d'autres conditions de piste aient joué aussi en faveur de l'équipe. 

Un départ sur le mouillé était formidable pour Mercedes, car tout en permettant à Hamilton de faire briller son talent, la W08 a prouvé en 2017 qu'elle était forte avec les pneus intermédiaires. Les ingénieurs ne sont pas certains de la raison, mais le précédent déficit qu'il y avait avec Red Bull en pneus intermédiaires a été effacé cette année. Ce pourrait être lié au changement de hauteur de caisse qui intervient quand on retire les pneus slicks. 

Ensuite, quand la piste a séché, les circonstances ont continué à être favorables à Mercedes. Le premier facteur, c'est que Ricciardo souffrait alors d'un problème mineur sur sa boîte de vitesses. Des sources internes à l'équipe ont laissé entendre que cela lui coûtait une demi-seconde par tour. Après la course, l'Australien a indiqué qu'il ne pensait pas qu'une Red Bull à 100% lui aurait permis de battre Mercedes, mais cette donne a sans doute permis à Hamilton d'être moins sous pression en tête.

Le second facteur, c'est que lorsque les pilotes sont passés aux pneus slicks, les Mercedes sont restées fortes car l'adhérence était faible. Elles étaient plus rapides que les Red Bull sur la piste "verte", et les températures plus fraîches ont permis d'éradiquer le problème de surchauffe des pneus qui affectait l'équilibre de la voiture en qualifications.

Une théorie serait que la Mercedes est meilleure lorsque les circuits ont très peu de grip, comme on l'a si souvent vu lorsque Hamilton et Bottas sont aussi rapides lors des premiers essais libres. C'est quand la piste se gomme, et que l'adhérence de la surface augmente, que Ferrari et Red Bull en profitent. Hamilton a lui-même estimé que c'était la clé.  

"Pour certaines raisons, les Ferrari et les Red Bull sont bien plus fortes dans ces conditions, quand il fait plus chaud et qu'il y a plus d'adhérence", explique-t-il. "C'était une remise à zéro appréciable quand la pluie est arrivée, ça a fait chuter le niveau de grip."

Directeur de Mercedes, Toto Wolff n'avait aucun doute quant au fait que l'oscillation de forme était liée aux pneus, et plus spécifiquement à la manière dont l'équipe a pu mieux les gérer en course.

"Nous étions toujours dans une zone où nous avions les températures de pneus sous contrôle, et en qualifications il faisait plus chaud", précise-t-il."La piste était verte. L'adhérence était moins élevée qu'en qualifications, il faisait plus frais, et il y avait moins d'attaque."

En dépit du succès à Singapour, Wolff pense qu'il est vital pour son équipe de travailler afin de comprendre ses performances du week-end.

"C'est une analyse intéressante à faire, car chaque année, nous venons à Singapour et nous sommes en difficulté", souligne-t-il. "L'année dernière, nous avons remporté 19 courses, et même si nous avons gagné celle-ci, c'était un week-end difficile pour nous. J'ai regardé les résultats des qualifications 2015, nous étions à 1"5 du rythme, cinquième et sixième, donc je pense qu'il ne faut pas paniquer."

"Nous pouvons rester calme car le top 10 en qualifications était exactement le top 10 de la Hongrie. C'est un type de tracé qui ne nous convient pas, et nous devons comprendre pourquoi. C'est que nous avons fait l'année dernière après Singapour, avant de nous concentrer sur la suite."

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Événement GP de Singapour
Circuit Singapore Street Circuit
Pilotes Lewis Hamilton , Valtteri Bottas
Équipes Mercedes
Type d'article Analyse
Tags analyse, marina bay, toto wolff