Premier tour, mouvement au freinage : vers plus de fermeté !

Les commissaires seront désormais moins tolérants pour juger les incidents survenant au premier tour des Grands Prix. La demande est venue directement des pilotes et des écuries.

Premier tour, mouvement au freinage : vers plus de fermeté !

La FIA va serrer la vis et se montrer moins conciliante en cas de contact ou d'accrochage au premier tour des Grands Prix. C'est ce qu'a appris Motorsport.com à Bahreïn, auprès du directeur de course Michael Masi. En course, les commissaires seront également plus vigilants qu'auparavant devant les mouvements éventuels dans les zones de freinage lorsqu'un pilote défend sa position.

Ces dernières années, la FIA avait plutôt tendance à assouplir les sanctions sur ces deux points, donnant la priorité à une philosophie qui laissait davantage les pilotes s'affronter en considérant que les contacts au premier tour étaient généralement des incidents de course. Cependant, les dernières discussions ont fait pencher la balance dans l'autre sens, l'accident stupéfiant de Romain Grosjean au Grand Prix de Bahreïn 2020 n'y étant pas étranger non plus.

"Sur la base des commentaires et des discussions que nous avons avec les pilotes, les directeurs sportifs et les directeurs d'équipe, nous avons eu le sentiment que, tout en conservant le principe de laisser les pilotes courir, nous devions réduire un peu les incidents au premier tour", nous explique Michael Masi. "Ils seront toujours traités avec une approche différente des incidents survenant dans un autre tour. Donc nous aurons une approche plus tolérante qu'autrement, mais probablement pas aussi tolérante que l'an dernier. Cela vient littéralement des commentaires des pilotes et des équipes l'an dernier, où ils ont eu le sentiment que nous devions juste faire un pas en arrière. Ils ne voulaient pas que ça redevienne complètement comme en avant, mais que l'on réduise un peu ça."

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Le sujet a été abordé vendredi soir dans le paddock de Sakhir, lors du traditionnel briefing des pilotes. À cette occasion, plusieurs exemples ont été diffusés, notamment le contact entre Charles Leclerc et Lance Stroll à Sotchi l'an passé, qui avait contraint le Canadien à l'abandon. Globalement, cette approche plus stricte des commissaires devrait surtout concerner les incidents du premier tour qui surviennent bien après le premier virage.

"C'est du cas par cas", rappelle Michael Masi. "Il y a eu quelques exemples de l'an dernier, qui auraient davantage entraîné des pénalités [en 2021]. J'ai utilisé celui de la Russie. C'était un très bon exemple d'incident qui aurait débouché sur une pénalité. Après en avoir parlé avec des pilotes, y compris avant et après le briefing de vendredi, il n'y a eu aucune appréhension. Je pense qu'ils sont tous d'accord avec ça."

"Nous avons dit que l'incident en Russie ne serait plus toléré. Lance était la proie et Charles était l'agresseur, pour le dire comme ça. C'était donc un excellent exemple. S'il y a un groupe de voitures, c'est évidemment beaucoup plus difficile de juger les choses. Mais s'il y a deux voitures seules et que quelqu'un est totalement ou majoritairement fautif, il est probable que nous regardions ça de plus près et sans autant de tolérance qu'avant. Comprenez-moi bien : comme pour tout incident, il y a toujours un élément d'appréciation, ça ne peut pas être tout blanc ou tout noir, car les incidents ne sont pas tous identiques."

Unanimité sur les mouvements tardifs

Pierre Gasly, AlphaTauri AT01, se bat avec Lance Stroll, Racing Point RP20

Concernant les mouvements dans les zones de freinage, là aussi des exemples ont été montrés aux pilotes pour tenter de placer le curseur au bon endroit et de comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Michael Masi précise que ce sujet a été plusieurs fois soulevé par des pilotes l'an dernier et qu'il était nécessaire de se pencher dessus.

"Ils ont dit que c'était quelque chose que nous devions réprimer de plus en plus, du point de vue de la sécurité", détaille le directeur de course. "Nous allons continuer sur cette voie, ce à quoi ils sont tous favorables. Un des exemples était celui de Romain [Grosjean] et Daniel [Ricciardo] à Silverstone, qui avait fait l'objet d'une réprimande à l'époque. Il y avait aussi celui de Sergio [Pérez] et Pierre [Gasly] au Portugal. On parle de ce mouvement tardif au freinage, et tous disent qu'il doit absolument être réprimandé. Nous avons dit que nous allions adopter une position beaucoup plus stricte sur ce point. Comme je leur ai dit, il y a des choses que l'on ne peut pas clairement définir de façon binaire. Mais pour être juste, tous ont dit qu'ils savaient de quoi ils parlaient et qu'ils savaient quand ce qu'ils faisaient était bien ou mal."

Propos recueillis par Adam Cooper 

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