Puissance, grip, risques… Jorge Lorenzo revient sur son test F1

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Puissance, grip, risques… Jorge Lorenzo revient sur son test F1
Jonathan Noble
Par : Jonathan Noble
Co-auteur: Jamie Klein
6 déc. 2016 à 19:30

Impressionné par la puissance et l'adhérence offertes par la F1 dont il a pris le volant, le triple Champion du monde MotoGP a aussi trouvé d'autres aspects plus abordables. Voici ses explications.

Jorge Lorenzo, pilote Moto GP
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1
Jorge Lorenzo, pilote Moto GP
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Le tennisman Roger Federer avec Jorge Lorenzo, Ducati Team
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, Mercedes AMG F1 W05
Jorge Lorenzo, pilote MotoGP, avec Daniel Ricciardo, Red Bull Racing, et Jean-Eric Vergne, pilote d'essais et de développement Ferrari

En octobre dernier, Jorge Lorenzo prenait le volant de la Mercedes W05 qui fut titrée aux mains de Lewis Hamilton en 2014, lors d'un test organisé à Silverstone. Une expérience marquante, que le pilote MotoGP voulait vivre depuis longtemps, et qui a été rendue possible par Monster Energy, son sponsor et celui de l'écurie Mercedes en F1.

Venu en visiteur sur le Grand Prix d'Abu Dhabi pour assister au duel final entre Hamilton et Rosberg, l'Espagnol a accepté d'évoquer ce roulage lors d'un entretien accordé à Motorsport.com.

Comment s'est passé ce test ?
"La puissance du moteur était incroyable, mais surtout l'adhérence dans les virages, le fait que l'on puisse freiner si tard parce que la voiture a tellement de grip. Les virages rapides, l'appui de la voiture et son grip dans les virages rapides sont incroyables. Le premier virage, on le prend en troisième en MotoGP et en Formule 1 c'était presque à fond de septième, la différence est donc énorme !"
"Je m'attendais à ce que le pilotage soit beaucoup plus difficile, parce que j'avais testé une F2 deux jours auparavant à Snetterton et elle avait été très difficile à piloter. Le moteur était très nerveux, le volant très dur. Mais quand j'ai essayé le simulateur à l'usine Mercedes, ça a été : 'Ouah, c'est beaucoup plus facile !'. [Je me suis dit que] le simulateur était peut-être trop facile et que la réalité serait beaucoup plus dure, mais non. Quand j'ai essayé la voiture dans la réalité, le volant était très doux, la distribution de puissance très régulière. J'imaginais qu'on devait facilement partir en tête-à-queue et perdre le contrôle dans les virages, mais il y avait beaucoup de grip et il était très facile d'être rapide."

As-tu rapidement gagné en vitesse ?
"Au début, j'ai commencé de façon calme et paisible, parce que je ne voulais pas semer le désordre ni faire de désastres. Ensuite, dans mon dernier run, j'ai pu attaquer au maximum et signer un assez bon temps."

Où peux-tu progresser ?
"Je pense qu'il est relativement facile de boucler un tour rapide en pneus neufs, mais le plus difficile c'est de garder le même niveau, le même rythme, pendant une heure et demie, avec des pneus usés, quand la voiture n'a plus le même grip. Je pense que c'est ce qui fait la différence entre les rookies, les pilotes de F1 non-professionnels, et les professionnels. Normalement, quand des pilotes MotoGP prennent un volant, ils sont relativement rapides, mais le niveau suivant c'est de continuer pendant une heure et demie, avec des températures très élevées, sans perdre sa concentration et en restant régulier pendant autant de tours."

Comment était-ce physiquement ?
"Plus facile que ce à quoi je m'attendais, mais il me serait très difficile de rester dans la voiture pendant toute une course, avec la même vitesse et la même précision. Mais, comme je le disais, le volant était très doux, tout comme la distribution de puissance, et vous pouvez détendre un peu votre tête dans la voiture. Sans ces soutiens, ce serait très dur."

Prévois-tu de faire d'autres tests F1 ?
"S'ils m'en donnent à nouveau la possibilité, j'accepterai bien entendu si j'ai le temps. Bien sûr, j'aimerais rééditer cela. On verra à l'avenir. J'aimerais faire un test sur une autre piste et voir comment évolue la voiture."

Qu'as-tu pensé des contrôles ? Sont-ils trop nombreux sur une F1 ?
"Oui, c'est l'une des choses les plus difficiles. En MotoGP, on a juste deux boutons, l'un pour le traction control et l'autre pour le frein moteur, mais en Formule 1, vous avez 30 ou 40 boutons. Je n'en ai utilisé que deux ou trois, mais savoir comment utiliser le reste pendant une longue course est l'une des choses les plus compliquées. En comparaison d'il y a 30 ou 40 ans, quand ils n'avaient que le volant et la boîte de vitesses, je pense que c'est ce qu'il y a de plus difficile aujourd'hui pour un pilote de F1."

As-tu déjà rêvé de devenir pilote de F1 ?
"Non. Mon père était mécanicien moto quand il était plus jeune et il était pilote amateur, sa passion c'était donc les motos, pas les voitures. On n'était pas très riche, alors pendant son temps libre, mon père s'est mis à me fabriquer une moto à ma taille et j'ai commencé quand j'avais trois ans. Sans mon père, je n'aurais pas été pilote moto."

Par contre, tu as piloté une voiture de GT il y a quelque temps…
"Oui, ma première course en voiture, c'était en 2010. J'ai disputé les 500 km d'Alcañiz avec une Fiat 500, ensuite je suis passé sur Seat Leon et j'ai disputé les 24 Heures de Montmeló ; on a gagné dans notre catégorie. Et puis, il y a trois ans, je suis venu ici pour les 12 Heures d'Abu Dhabi, j'ai couru sur Ferrari 458 et on a gagné dans notre catégorie."

Feras-tu d'autres courses en voiture à l'avenir ?
"Pour le moment, je suis assez occupé, mais quand j'aurai arrêté, j'aimerais courir plus en auto."

Quel est l'attrait des courses de voitures ?
"[On a] la même adrénaline, mais c'est différent, c'est quelque chose de nouveau. Vous êtes journaliste, alors quand vous rentrez à la maison, vous n'avez pas envie d'écrire ; c'est comme pour moi, quand je suis à la maison, je n'ai pas envie de conduire une moto, je veux conduire autre chose."

As-tu la même sensation d'être à la limite ?
"Cela dépend des pneus, mais vous perdez moins de temps à moto qu'en auto entre un pneu neuf et un pneu usé. Dans une voiture, vous êtes beaucoup plus lent avec de vieux pneus car vous avez quatre roues au lieu de deux. Et c'est incroyable de voir avec quelle vitesse vous pouvez aller en pneus neufs avec une voiture."

Qui en a le plus : les pilotes de MotoGP ou de F1 ?
"La sécurité en Formule 1 a atteint un très haut niveau avec le cockpit et tout ça. Ils ont énormément progressé. Les motos aussi ont progressé, mais quand vous tombez, c'est quand même votre corps qui fait office de châssis. Vous heurtez le sol avec votre corps, il est donc plus facile de se blesser à moto qu'en auto. Normalement, en Formule 1 il est très difficile de se blesser sérieusement. De ce point de vue-là, on a un petit peu plus de couilles."

Quel a été le retour des ingénieurs ?
"Je pense qu'ils ont été assez impressionnés la veille, dans le simulateur, parce que j'ai été très rapide dès le début et ils ont dû me basculer sur une adhérence de piste mouillée pour que je ressente quelques difficultés, car sur le sec c'était très facile. Et une fois en piste aussi, ils ont été assez impressionnés qu'après seulement quelques heures, un pilote sans expérience soit si proche de la limite."

À ton avis, comment un pilote de F1 s'en sortirait sur une MotoGP ?
"Pour une seule journée ? Je pense que ce serait beaucoup plus difficile pour lui de faire des chronos que pour moi avec la Formule 1. C'est plus dur. Dans une F1, vous vous sentez protégé et vous savez que, si vous tombez, votre corps ne va pas heurter le sol. Et puis, sur une moto, l'équilibre est beaucoup plus important ; il faut équilibrer la moto, sinon vous tombez. Il faut beaucoup bouger, tandis que dans la voiture, vous êtes plus ou moins toujours dans la même position. Sur la moto, vous avez la sensibilité dans les mains mais tout le corps doit bouger, et le poids de votre corps est très important pour la performance."

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