Red Bull et Adrian Newey ont-ils un projet Le Mans en tête ?

Imaginez si un multiple champion en F1 venait s'attaquer à la course la plus longue du monde… Motorsport

Imaginez si un multiple champion en F1 venait s'attaquer à la course la plus longue du monde… Motorsport.com pose les questions sur le fait de n'avoir pas encore vu Red Bull se mesurer aux 24 Heures du Mans. Avec les ingrédients que l'on connait, la plus grande des courses d'endurance a pourtant de quoi séduire une marque comme celle de Dietrich Mateschitz.

Bien sûr, les réponses sont prévisibles et moins excitantes que les possibilités elles-mêmes. Red Bull s'est concentré sur la conquête de huit titres mondiaux en Formule 1 lors des cinq dernières saisons, quatre chez les pilotes et autant chez les constructeurs. De plus, Red Bull en tant que produit a une histoire difficile en France.

Bannie pendant 12 ans, de 1996 à 2008, la boisson énergétique a été autorisée à la commercialisation dans l'Hexagone il y a seulement six ans. Mais contrairement à certaines idées reçues, Red Bull n'était pas interdit en France, seulement une modification de la composition des boissons avec des taux de taurine et de caféine plus bas étaient exigée.

Peu importe, cela appartient au passé. Quid de l'avenir ? Et si Adrian Newey et son équipe de cerveaux à Milton Keynes avaient un concept secret et évaluaient le bon moment pour se lancer à la conquête du géant trophée des 24 Heures du Mans, venant alors s'ajouter à une vitrine déjà bien remplie ?

Une première étincelle

Motorsport.com a découvert que Red Bull considérait sérieusement un tel projet et que le moment approche pour qu'un programme d'envergure soit enclenché.

La compagnie a été approchée par Lola Group en 2011 (photo ci-dessus) pour évoquer un programme client mais la proposition n'est pas allée au-delà d'une première réunion. Cependant, cela a suffi à allumer la flamme dans les esprits de certaines personnes-clé ; une flamme créatrice qui s'avère difficile à éteindre.

Motorsport.com comprend également que ces dernières années, le département marketing de Red Bull a mis les bouchées doubles pour accentuer sa présence dans la Sarthe, en plus de ses partenariats de sponsoring personnels avec des pilotes renommés comme Sébastien Buemi et Neel Jani, ou avec certaines voitures chez Pescarolo Sport et AF Corse ces dix dernières années, à travers les participations de Sébastien Loeb et Adrian Newey lui-même.

Des ingrédients déjà en place

Avec Renault, un partenaire moteur est déjà en place. Un retour au Mans en 2018 pour tenter de répéter un scénario victorieux 40 ans après la Renault-Alpine A442B serait très attrayant. Depuis cette victoire de Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud, seulement deux constructeurs français ont triomphé au Mans : Rondeau en 1980 et Peugeot en 1992, 1993 et 2009.

Avec un Championnat du Monde d'Endurance qui ne cesse de décoller, comment ne pas être au moins intéressé pour rejoindre le plateau ? Combien de temps encore Red Bull conservera deux équipes en F1 ? Combien de temps Dietrich Mateschitz acceptera-t-il de voir son équipe être battue par Mercedes ? Ces deux facteurs pourraient inciter la mise en œuvre d'un projet endurance pour RBR.

Au Mans, le Garage 56 – dédiée aux nouvelles technologies – a le profil pour convenir à Red Bull. Différent et technologiquement stimulant, ce serait une approche idéale pour mettre en piste un prototype Red Bull. Mais Red Bull et plus particulièrement Newey vivent pour gagner, alors peut-être voudraient-ils aller encore plus loin...

Newey aime être différent et il aime s'attaquer aux grands noms. Lorsqu'il était chez March/Leyton House à la fin des années 80, il a battu McLaren et Ferrari ; quand il était chez Williams, il a battu Ferrari et McLaren. Puis, quand il est arrivé chez Red Bull avec ses projets pour dominer la F1, il n'a pas seulement battu tous les autres, mais les a écrasés.

Certes, il s'intéresse de près à un nouveau défi voile pour la Coupe de l'America et suit avec attention la possible évolution technique de la F1 vers des moteurs de 1000 cv, mais que fait Adrian Newey lorsque ses week-ends sont libres ? Il se rend au Mans ou sur des courses de WEC comme à Silverstone l'an passé, où il avait suivi attention les débats dans le stand de Porsche. Après tout, Newey aime les voitures prototypes et il a un travail non-achevé dans le domaine depuis qu'il a conçu dans sa jeunesse la March 82G GTB.

Quelles sont les chances de concrétiser un tel projet ?

L'intérêt est là, le budget ne serait pas un énorme problème et les infrastructures sont déjà en place. Alors pourquoi cela n'arriverait pas ? La réponse est prévisible : la Formule 1 ! Avec la situation actuelle du plateau F1, le spectre de la troisième voiture est réel et Red Bull figure en tête de liste parmi les équipes favorables à un tel scénario.

De plus, il est possible que Renault puisse être intéressé, mais avec l'investissement actuel en F1, les ressources commerciales et techniques du Losange sont pleinement dédiées pour retrouver les lauriers perdus en 2014.

Les opérations de Red Bull sont menées par deux entités : Red Bull Racing et Red Bull Technology. Techniquement, la seconde entité fournit la première, mais avec un projet commun pour pousser un projet d'endurance cela améliorerait l'exposition globale, particulièrement en tant que constructeur à part entière en choisissant le WEC plutôt que la F1 comme vitrine des nouvelles technologies.

Une chose est certaine, dans certains couloirs de Milton Keynes, chez Red Bull Racing, le concept et l'idée continuent d'être sérieusement discutés. Red Bull Racing se refuse à tout commentaire, l'habitude étant de répondre sur la piste. Reste à savoir quelle piste pour la prochaine décennie ?

Avec Motorsport.com.

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Sébastien Loeb , Neel Jani , Didier Pironi , Jean-Pierre Jaussaud , Sébastien Buemi , Adrian Newey
Équipes Red Bull Racing , McLaren , Mercedes , Williams , Ferrari , AF Corse
Type d'article Actualités