Red Bull et Renault sont-ils au bord de la guerre civile ?

Malgré quatre titres mondiaux partagés récemment, les relations entre Red Bull et Renault sont désormais plus que compliquées. 

Je n'ai pas vu un schisme se développer à ce point publiquement ces dernières années. En fait, le dernier accord constructeur/motoriste qui a échoué à ce point et dont je me souvienne était la scission entre Ligier et Alfa Romeo en 1987.

Il semble impossible de penser qu'une relation moderne puisse actuellement dégénérer à ce point, mais c'est incroyable que cela soit allé si loin, avec même des insultes cette semaine. Red Bull et Renault devraient simplement faire fonctionner cette relation. Que ce soit avec la possibilité pour Renault d'acheter Toro Rosso et de redevenir une équipe d'usine, ou avec les rumeurs qui évoquent l'arrivée d'Audi en F1, il y a actuellement beaucoup de linge sale qui se lave en public.

 

Tout s'est aggravé rapidement 

Les choses ne paraissaient pas si terribles durant les premiers jours de l'intersaison. La ligne tenue par Red Bull était de dire "au moins, c'est mieux que l'année dernière", en faisant référence au douloureux départ en 2014, lorsque la monoplace ne pouvait pas parcourir trois tours sans prendre feu. Mais lorsque les essais hivernaux sont passés de Jerez à Barcelone, l'ambiance s'est obscurcie. 

Le Team Principal, Christian Horner, a déclaré au sujet de l'unité de puissance Renault : "Il y a plus de puissance, mais ce n'est pas réparti uniformément. Il y a encore un problème de maniabilité." Ensuite, Melbourne est arrivé…

 

Les critiques après l'Australie 

Daniil Kvyat n'a pas pu prendre le départ en raison d'une surchauffe de sa boite de vitesses, tandis que Daniel Ricciardo a terminé sixième, bloqué derrière Felipe Nasr, après s'être qualifié septième, à deux secondes des leaders. 

Après le Grand Prix, Horner est passé à l'offensive : "La situation ne s'améliore pas. La fiabilité est inacceptable. La performance est inacceptable. Renault, à ce stade, semble avoir fait un pas en arrière. Il y a besoins de changements chez Renault. Cela ne peut pas continuer comme ça. Nous sommes l'utilisateur final et c'est frustrant de constater que ce n'est pas comme cela devrait être pour le moment." 

Helmut Marko a également été très critique, mais c'est la remarque d'Adrian Newey, précisant qu'il ne voyait pas "la lumière au bout du tunnel" avec Renault, qui a vraiment piqué au vif le constructeur français.

 

La réponse cinglante de Renault à Newey 

En début de semaine, Cyril Abiteboul a répondu de manière cinglante. Le Directeur Général de Renault Sport F1 a rétorqué dans les colonnes d'Auto Hebdo que le manque de performance de Red Bull en ce début de saison était également dû au châssis. 

"Oui, c'est difficile d'avoir un partenaire qui ment", a lancé le Français, interrogé sur les propos de Newey quant à l'unité de puissance. "Adrian est un homme charmant et un ingénieur sans égal, mais il a passé sa vie à critiquer ses partenaires moteurs. Il est trop âgé pour changer ses méthodes." 

Histoire d'ajouter du surréalisme à la situation, Abiteboul a également posté un Tweet sur les réseaux sociaux mercredi matin avant de s'envoler pour la Malaisie. Voilà qui ne manquera pas d'ajouter de l'huile sur le feu. Reste à savoir comment l'interpréter ? 

Vendredi, la FIA organise une conférence de presse lors de laquelle Cryril Abiteboul et Christian Horner seront conjointement présents, aux côtés de Matthew Carter (Lotus), Bob Fernley (Force India), Paul Hembery (Pirelli) et Franz Tost (Toro Rosso). Tous les regards seront braqués sur les deux hommes, sans aucun doute… 

A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Matthew Carter , Daniel Ricciardo , Adrian Newey , Felipe Nasr , Daniil Kvyat
Équipes Red Bull Racing
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Tags abiteboul, red bull, renault