Renault - Cinq ans pour gagner, comme Red Bull et Mercedes

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Renault - Cinq ans pour gagner, comme Red Bull et Mercedes
Par : Basile Davoine
17 oct. 2016 à 07:01

Les dirigeants de Renault Sport Racing l'ont répété toute l'année : le temps de la reconstruction est long, et les bons résultats ne seront que la concrétisation d'une transformation réussie en coulisses.

Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16 devant son équipier Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Renault Sport F1 Team
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16
Bob Bell, directeur technique Renault Sport F1 Team lors de la conférence de presse de la FIA
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16 sort des stands
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Renault Sport F1 Team

En rachetant Lotus F1 en fin d'année 2015, le Losange a trouvé un vaste chantier dont la dernière pierre est encore loin d'être posée. Mais l'édifice d'Enstone prend forme, avec une structure qui s'est déjà beaucoup réorganisée ces derniers mois. L'usine fait l'objet d'une sérieuse remise à niveau, tandis que le recrutement pour renforcer les troupes se poursuit. 

À la tête de l'écurie française, Frédéric Vasseur a souvent évoqué les parties visibles et invisibles de l'iceberg. Et si Renault fait profil bas en piste depuis le début de la saison, les progrès récents qui se sont concrétisés par deux dixièmes places décrochées lors des trois dernières courses (à Singapour puis Sepang) ont fait beaucoup de bien en interne. 

Plusieurs fronts à la fois

Parmi les dirigeants clés de l'équipe, Bob Bell occupe le poste de directeur technique exécutif et apporte sa riche expérience. Néanmoins, le Britannique ne sous-estime pas l'ampleur de la tâche, loin s'en faut, et rappelle à quel point les moyens doivent être décuplés pour que le travail puisse payer à terme.

"Je ne suis qu’une petite partie de l’équipe qui se reconstruit, comme vous le dites, mais c’est certainement un gros défi", explique-t-il. "Je ne pense pas que les gens de l’extérieur réalisent ce qu’est devenue l’équipe d’Enstone ces deux dernières années, donc il y a beaucoup à faire."

"En même temps que le processus de reconstruction de l’équipe, nous devions bien sûr construire une voiture pour cette année et commencer à travailler sur une meilleure monoplace pour l’année prochaine, ce qui ne devrait pas être très dur. C’était un défi, qui se poursuit, mais il y a un esprit très fort à Enstone et tous ceux qui connaissent cet endroit en témoigneront, et nous sommes sûrs de relever le défi."

Un point peut valoir cher

Les succès, les bons résultats ; à 58 ans, Bob Bell sait de quoi il en retourne. Il les a connus en nombre, jusqu'à être partie prenante de plusieurs titres mondiaux y compris lors de la dernière période faste de Renault dans les années 2000. Pourtant, le petit point décroché par Kevin Magnussen à Singapour, et celui accroché par Jolyon Palmer en Malaisie, ont une saveur particulière. 

"Évidemment, d’un point de vue institutionnel, nous ne sommes pas satisfaits de rouler autour de la dixième place et de marquer un seul point", admet-il. "Mais en fait, ce point signifiait beaucoup pour nous. J’ai marqué beaucoup de points en Formule 1 au fil des années, et celui-ci voulait peut-être dire plus pour moi qu’aucun autre. C’est une grande source de motivation et ça a vraiment amélioré le moral de l’équipe, donc c’était un accomplissement important."

Des objectifs gravés dans le marbre

Après une première saison de transition évidente, pour laquelle l'influence de Renault n'a pas pu être totale, le franchissement d'un premier palier important est attendu pour 2017. Il s'agit pour le constructeur français de se conformer au plan de route fixé par son président Carlos Ghosn, tandis que le recrutement de Nico Hülkenberg vient d'être annoncé. 

"Au-delà de ça, Monsieur Ghosn est très clair dans ses objectifs pour l’équipe", rappelle Bob Bell. "Il n’est pas là pour faire le nombre, il est là pour voir l’équipe réussir. Il a également, bien sûr, connu un tel cycle auparavant et il sait le temps que ça prend pour y parvenir ; il nous a fixé des objectifs réalistes, qui y correspondent."

Un plan de route qui n'a pas varié d'un iota, mais qui est fréquemment rappelé. Pour Bob Bell, le timing évoqué est ce qu'il y a de plus réaliste, exemples à l'appui. Renault une première fois il y a une dizaine d'années, Red Bull Racing ensuite, Mercedes enfin : tous ont mis entre quatre et six ans pour faire de leur projet un programme victorieux. 

"L’année prochaine, le pas en avant évident pour nous est de grimper en milieu de peloton et d’y être compétitif", annonce Bob Bell. "En 2018 nous viserons les podiums et ainsi de suite, puis, d’ici cinq ans, l’objectif sera de mener une campagne victorieuse pour le titre mondial. Il n’y a pas de science infuse là-dedans. Si l’on regarde l’histoire, si l’on regarde comment c’était quand Red Bull a acheté Jaguar, quand Renault a précédemment racheté Benetton, ou quand Mercedes a racheté Brawn, ça leur a pris cinq ans à chaque fois pour gagner un championnat. C’est une sorte d’échelle chronologique, un plan de route que nous avons mis en place. Je crois que c’est réaliste, et ça correspond aux attentes de la marque."

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À propos de cet article

Séries Formule 1
Équipes Renault F1 Team
Auteur Basile Davoine
Type d'article Actualités