Renault rappelle ses craintes au sujet des équipes B

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Renault rappelle ses craintes au sujet des équipes B
Par :
Co-auteur: Guillaume Navarro
22 mars 2019 à 07:40

Renault craint que les liens entre grandes et petites équipes en F1 ne permettent plus à personne de venir défier Mercedes, Ferrari et Red Bull, et dissuadent de potentiels nouveaux arrivants dans la discipline.

Cyril Abiteboul, directeur général, Renault F1 Team
Sebastian Vettel, Ferrari SF90
Toto Wolff, directeur exécutif, Mercedes AMG, et Christian Horner, Team Principal, Red Bull Racing
Mattia Binotto, Team Principal, Ferrari, et Toto Wolff, directeur exécutif, Mercedes AMG
Romain Grosjean, Haas F1 Team VF-19
Le logo Renault sur la Renault F1 Team R.S.19
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W10
Ross Brawn, directeur de la compétition du Formula One Group, lors de la conférence de presse
Kimi Raikkonen, Alfa Romeo Racing C38
Romain Grosjean, Haas F1 Team VF-19
Alexander Albon, Toro Rosso STR14
Mattia Binotto, directeur technique de Ferrari
Williams FW42

Ferrari fournit Haas de nombreuses pièces dans les limites du règlement, qui ont cependant été conçues et produites à Maranello, tandis que Toro Rosso, l'équipe junior de Red Bull Racing, a refait un pas supplémentaire durant l'hiver vers une certaine similitude technique avec son équipe-mère, notamment au niveau de l'unité de puissance et des systèmes associés.

Au-delà de ces exemples "d'équipes B", les craintes sont importantes dans certaines zones du paddock au sujet des liens pouvant unir les teams motoristes à leurs partenaires, qui deviennent en quelque sorte des centres de Recherche et Développement grandeur nature, sur piste. La FIA a déjà indiqué suivre de près la situation, tandis que la F1 se prépare à l'introduction d'un budget limité et d'autres restrictions dans l'utilisation des ressources, à compter de la saison 2021.

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Interrogé par Motorsport.com, en marge du GP d'Australie, sur la présence éventuelle d'un danger pour la discipline du fait des liens entre grandes et petites équipes, Cyril Abiteboul, directeur général de Renault F1, a avoué une nouvelle fois être préoccupé par la situation. "Nous pourrions passer des heures à parler de ce sujet", commence-t-il. "C'est déjà un défi pour une équipe comme la nôtre de se battre contre les top teams, qui ont quelque chose comme 30% de ressources de plus que nous. S'ils sont capables de combiner leurs ressources à celles d'autres équipes ou de bénéficier de synergies se trouvant dans le rayon des limitations de budget, il s'agit d'un problème pour nous et pour au moins deux autres équipes de la grille."

Abiteboul fait là référence à McLaren et Williams, qui ont tous deux aussi été de farouches opposants l'an dernier à une cession des droits commerciaux de Force India à la nouvelle structure Racing Point, dans un contexte de crainte d'un rapprochement technique entre la base de Silverstone et Mercedes.

De quoi dissuader d'autres constructeurs ?

Abiteboul se dit peu satisfait de la réponse apportée par les régulateurs du sport sur la manière de gérer la situation à compter de 2021 et a averti que "cela pourrait aussi être un problème pour de nouveaux entrants désireux de venir en F1 et d'être performants".

Le dernier arrivant en F1 n'est pas un constructeur ayant développé de bout en bout sa monoplace, mais le team indépendant Haas, qui est l'un des grands bénéficiaires du partage de parties cruciales de l'auto avec Ferrari, et a rendu la vie dure en piste à Renault en 2018.

"Il s'agit d'un sujet sérieux : peut-être que l'on est en train de dire qu'il y a trois top teams et que ce sera comme ça", grossit-il volontairement de manière synthétique. "Peut-être que quiconque souhaitera venir devra accepter de ne pas être en position d'être performant. Nous sommes extrêmement attentifs à ce que nous souhaitons voir se produire en 2021. Nous ne sommes pas convaincus par les garde-fous et les mesures restrictives qui ont été avancées. Nous allons continuer à travailler avec les instances dirigeantes afin, espérons-le, d'arriver à une issue plus satisfaisante."

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Répondant à une question similaire à celle posée à Abiteboul, Christian Horner, directeur d'équipe de Red Bull, et Mattia Binotto, directeur d'équipe de Ferrari, ont affirmé leur soutien au modèle actuel en vigueur en F1. Pour eux, les petites équipes bénéficient de tels arrangements, et l'exemple de la compétitivité de Haas en est une illustration.

"Pouvoir se permettre la F1 est très coûteux", rappelle Horner. "Il y a en fin de de compte un équilibre raisonnable entre le besoin d'être une équipe de constructeur à part entière et la possibilité d'acquérir ces pièces non répertoriées [comme étant interdites au partage, ndlr]."

Validant le point de vue de Red Bull, Binotto a botté en touche le sujet avec une formule de style, ajoutant que "s'il y a des préoccupations, il convient de les comprendre et de s'assurer de les mitiger ou les éviter".

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