Renault progressera plus vite avec le moteur qu'avec le châssis

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Renault progressera plus vite avec le moteur qu'avec le châssis
Par : Basile Davoine
5 déc. 2018 à 13:30

Renault admet avoir beaucoup de chemin à faire pour rapprocher son unité de puissance de Mercedes et Ferrari, mais pense que ce travail prendra moins de temps qu'avec le châssis.

La saison 2018 qui s'est terminée a vu Renault F1 Team atteindre son objectif principal en décrochant la quatrième place du championnat constructeurs. Sur le papier, la case est cochée, mais les faits ne sont pas aussi limpides et laissent clairement le constructeur français mesurer l'ampleur du chemin à parcourir.

D'abord parce que Haas a souvent affiché un niveau de performance qui lui aurait permis de faire mieux face à Renault sans certaines erreurs, d'autre part parce qu'il ne faut pas oublier les points perdus par Force India suite à son rachat, et enfin parce que l'écart entre les trois écuries de pointe et le reste du peloton reste abyssal au chronomètre.

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Depuis son retour avec une écurie d'usine en 2016, Renault ne cesse de se restructurer et a mis les moyens de ses ambitions, notamment pour remettre l'usine d'Enstone aux standards de la F1 actuelle, ou encore pour recruter en qualité comme en quantité. Une stratégie toutefois mesurée, qui n'empêche pas le Losange d'être un fervent défenseur de l'instauration de budgets plafonnés, sur laquelle travaillent les dirigeants de la catégorie reine pour 2021.

À la tête de Renault F1, Cyril Abiteboul a la conviction que cette mesure permettra aux siens de franchir un cap important, à l'heure où le budget de la marque français reste selon lui maîtrisé par rapport aux investissements de Mercedes, Ferrari et même Honda.

"Lorsque le plafonnement des budgets arrivera, ce handicap [de budget] deviendra une force", assure le directeur général de Renault F1 dans les colonnes d'Auto Motor und Sport. "Les sommes que dépensent les équipes de pointe sont inacceptables. Nous devons protéger ces équipes d'elles-mêmes."

Un déficit trop important en qualifications

Nico Hulkenberg, Renault Sport F1 Team R.S. 18

Le Français ne fait pas de secret quant au déficit de performance de l'unité de puissance conçue à Viry-Châtillon jusqu'à présent, et qui a suscité tant de critiques de la part de Red Bull ces derniers mois. Néanmoins, la conviction demeure de pouvoir combler une partie du retard, notamment en qualifications. Une mission jugée plus réalisable à court terme par rapport aux gains énormes que Renault doit aussi faire sur le plan du châssis.

"Il manque 15 à 20 kW au moteur en course", annonce Cyril Abiteboul. "Dans certaines conditions, ça pourrait être compensé par le châssis Red Bull. En qualifications, nous estimons notre déficit à 40 kW. C'est significatif. Je ne veux pas avoir à dire l'année prochaine qu'il nous en manque autant en qualifications. Il n'y a aucune raison pour laquelle nous de devrions pas réduire l'écart avec Mercedes et Ferrari pendant l'hiver au niveau moteur. Ça prendra un peu plus de temps avec le châssis."

La donne changera profondément l'an prochain avec la fin du partenariat historique de Renault avec Red Bull, qui se dotera du bloc Honda. Seule la piste permettra de livrer un verdict clair, pour mesurer si l'écurie autrichienne avait raison de faire preuve d'un enthousiasme grandissant ou si les doutes émis par le clan Renault sont légitimes.

"Attendons de voir ce qui se passera avec Red Bull et Honda. Red Bull ne s'est jamais lassé de dire du bien de Honda par rapport à nous. Mais puis-je faire remarquer que Toro Rosso est derrière nous ?" conclut simplement Cyril Abiteboul.

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Auteur Basile Davoine