Renault - Une redéfinition indispensable des activités F1 et formules de promotion

Renault Sport est voué à changer drastiquement sa manière d'opérer en sport automobile et à utiliser ses ressources globales, aujourd'hui détachées à de nombreux niveaux de l'échelle bâtissant la montée vers le sommet F1.

Pour la firme française, à l'heure où l'investissement sur les enthousiasmants meetings World Series by Renault n'apportent pas de garanties de convertir la populaire audience en source de revenus directs ou indirects et que la série voit la FIA serrer le nœud coulant politiquement parlant pour faire place nette à la F2, il devient de plus en plus difficile de justifier la dépense représentée par le championnat.

Certes, toute la filière bâtie avec la FR2.0 et la FR3.5, accompagnées par la Clio et la Mégane Cup, puis, de nos jours, de la RS01, avaient permis à toute une génération de pilotes de talent de progressivement devenir aussi incontournables que ceux issus du GP2, également motorisé exclusivement et historiquement par Renault.

 

Tribune à Cyril Abiteboul : Pourquoi Renault doit revoir tout son investissement en monoplace

 

Mais le partenariat en tant que motoriste de Red Bull en F1 illustre un double problème pour Renault : sans équipe à son nom, le constructeur français ne dispose pas d'une plateforme pour communiquer de la meilleure façon sur la qualité de sa technologie et de ses hommes, même après 4 couronnes mondiales acquises avec le géant marketing qu'est Red Bull, capable de s'attribuer la plus grosse part du gâteau, également grâce à son influence débutant dès les séries de promotion.

Quant à tous les efforts faits par Renault pour promouvoir les jeunes talents à tous les échelons jusqu'à F1, ils ne représentent en réalité qu'un investissement vierge, en ce sens que ce sont d'autres structures, comme le fameux programme Junior Red Bull ou Gravity (et ses liens étroits anciens avec Lotus ces dernières années), qui en profitent réellement, signant sur le long termes les espoirs en réalité montés grâce aux investissement colossaux de Renault, qui n'en retire rien au moment où les fruits que sont les jeunes pilotes arrivent à maturité et délivrent leur saveur en F1.

Ce sont avant tout les structures comme Red Bull qui profitent du fait d'avoir "élevé" les jeunes pilotes en batterie, en disposant de clauses contractuelles préférentielles et économiques sur le long terme : les salaires F1 de Sebastian Vettel, Daniel Ricciardo, Carlos Sainz Jr ou encore Daniil Kvyat au sein de la sphère Red Bull furent ainsi ridicules par rapport à l'investissement nécessaire pour les avoir fait monter en F1, et aux salaires de leurs homologues F1… mais dont Renault n'a rien pu retirer concrètement, à l'exception de quelques opportunités de communication et journées de relations presse. Certes, le prestige de la victoire a permis de valoriser la marque dans le monde entier, mais Renault le sait maintenant : son aventure antérieure en tant qu'équipe F1, même dans ses périodes de vaches maigres, fut bien plus simple à "commercialiser" par la suite.  

C'est donc une revue totale de l'investissement global de Renault dans le monde de la monoplace qui est nécessaire, explique Cyril Abiteboul, Directeur de Renault Sport F1. Et si pyramide il doit y avoir, celle-ci se doit de délivrer des passerelles vers un sommet, qui ne peut être une équipe cliente de l'unité de puissance comme Red Bull, mais bien une équipe F1 portant le nom de Renault…

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Séries Formule 1 , Formule 2 , Formule Renault , FIA F2 , GP3 , Formula V8 3.5
Équipes Red Bull Racing , Toro Rosso
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Tags abiteboul, budget, business, f1, ghosn, marketing, politique, prost, red bull, renault