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Rétro 1978 - Rebaque, la première écurie mexicaine de F1

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Rétro 1978 - Rebaque, la première écurie mexicaine de F1
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5 févr. 2020 à 07:59

Hector Rebaque fête ce mercredi ses 63 ans. En 1978, ce pilote mexicain est passé du statut de pilote de Formule 1 privé à celui de constructeur. Revivons son aventure peu ordinaire.

Fils d’un riche architecte mexicain, Hector Rebaque s’initie très jeune aux sports mécaniques en disputant des courses locales et des rallyes avant de prendre part à quelques courses d’IMSA aux États-Unis. En 1975, à 19 ans, il court en Formule 2 et en Formule Atlantique avec l’écurie Fred Opert Racing. Un an plus tard, il reste en Formule Atlantique, cette fois avec Carl Haas. Tout cela sans grand succès, il faut l’avouer.

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Hector Rebaque au volant de sa Lotus T78 à Monaco.

Hector Rebaque au volant de sa Lotus T78 à Monaco.

Il saute (brûle ?) les étapes et grimpe en Formule 1 en 1977 en louant une Hesketh 308E. Il rate sa qualification à cinq reprises en six tentatives. En dépit du portefeuille bien garni de papa, aucune équipe de F1 n’est intéressée pour recruter Hector en vue de la saison 1978.

Qu’à cela ne tienne, à la fin de l’automne 77, les Rebaque rencontrent Colin Chapman au château de Ketteringham Hall, l’antre du Team Lotus. Pour une grosse poignée de livres sterlings, ils achètent la Lotus T78/4 de Mario Andretti. Cette T78, première voiture de F1 à effet de sol, a remporté cinq victoires durant la saison qui s’achève. C’est donc un bon choix.

Hector Rebaque au volant de la Lotus T78 à Hockenheim, en Allemagne.

Hector Rebaque au volant de la Lotus T78 à Hockenheim, en Allemagne.

La voiture est repeinte en brun clair avec la lettre "R" stylisée de couleur or sur les pontons. Elle est engagée pour le Championnat du monde 1978 par l’équipe Rebaque, composée de dix personnes et dirigée par Peter Reinhardt, un talentueux mécano allemand et transfuge de Penske Racing. Quelques sponsors se joignent à l’aventure : les bières Carta Blanca, Goodyear Mexico et Marlboro.

Malgré une bonne voiture, la saison 78 d’Hector est décevante. Il ne parvient pas à se qualifier à sept reprises et quand il y arrive, il abandonne tout de même cinq fois. Il termine 10e au Brésil, 12e en Suède, 11e aux Pays-Bas, mais sixième en Allemagne et marque ainsi son premier point. Il faut préciser que l’équipe Rebaque n’est pas membre de la FOCA (Formula One Constructors’ Association), et n’a ainsi droit à aucune aide financière, ni au moindre privilège. Elle n’a surtout pas droit aux fameux pneus de qualifications Goodyear qui auraient peut-être pu faire la différence.

Hector Rebaque

La Lotus 78 est désormais technologiquement dépassée. Pour la saison 1979, le clan Rebaque négocie l’achat de la T79/1, à condition que le Team Lotus puisse l’emprunter en cas de besoin. L’équipe mexicaine reçoit aussi l’aide d’Ian Dawson du Team Lotus.

Hector participe aux 11 premiers Grands Prix de la saison (il est forfait à Monaco) aux commandes de la Lotus 79. Il abandonne à six reprises, mais termine neuvième en Grande-Bretagne et septième aux Pays-Bas. Il n’obtient aucune assistance du Team Lotus, lui-même aux prises avec sa Type 80 révolutionnaire qui ne fonctionne pas du tout et la force à remettre ses propres T79 en piste.

Hector Rebaque au volant de la Lotus T79 à Monaco.

Hector Rebaque au volant de la Lotus T79 à Monaco.

Des sources révèlent que la saison 1979 aurait coûté à papa Rebaque entre cinq et six millions de francs français, soit l’équivalent d’entre 2,4 et trois millions d’euros actuels compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation. Une idée germe alors dans l’esprit de Rebaque. Puisque la FOCA considère l’écurie mexicaine comme un participant privé, Hector décide donc de devenir constructeur !

Hector Rebaque à bord de la Lotus T79 à Zandvoort

Hector Rebaque à bord de la Lotus T79 à Zandvoort

Il passe un accord avec Penske Racing (probablement facilité par Peter Reinhardt) pour la production de sa propre voiture, qui sera conçue par Geoff Ferris avec l’aide de John Barnard dans l’usine Penske située à Poole, au Royaume-Uni. Rappelons que Penske a produit ses PC1, 2 et 4 qui ont couru en F1 entre 1974 à 1977.

Ferris et Barnard font une sorte de version évoluée de la Lotus 79 en tentant de corriger ses deux principaux défauts : un châssis pas assez rigide et des tunnels à effet de sol qui s’affaissent à haute vitesse. Cette Rebaque HR100 s’inspire aussi de la Williams FW07 avec un radiateur d’eau logé dans le ponton droit et deux radiateurs d’huile (moteur et boîte de vitesses) dans le gauche. Les jupes et l’avant du châssis sont modifiés, et un réservoir d’essence plus volumineux est intégré dans la coque en aluminium. La voiture est propulsée par l’inévitable V8 Ford Cosworth DFV.

Hector Rebaque sur le circuit de Dijon-Prenois.

Hector Rebaque sur le circuit de Dijon-Prenois.

Le bolide, qui n’est pas en état de marche, est dévoilé en août dans le paddock du circuit de Zandvoort. Les mauvaises langues affirment que la HR100 n’est qu’une pâle copie de la Lotus 79, sans plus. La HR100 roule officiellement pour la première fois au Grand Prix d’Italie, à Monza. Elle souffre de problèmes de jeunesse et Hector ne parvient pas à se qualifier. Son meilleur chrono est plus lent de huit secondes que celui de Jean-Pierre Jabouille, qui a décroché la pole position à bord d’une Renault turbo !

À Montréal, au Canada, la HR100 fonctionne à peu près correctement et le jeune Mexicain se qualifie au 22e rang. Après un départ convenable, il rentre à son stand au septième tour à cause d’un souci technique. Il reprend la piste, mais abandonne au 26e passage suite au bris d’un support de moteur.

Hector Rebaque au volant de la Rebaque HR100, lors du GP du Canada.

Hector Rebaque au volant de la Rebaque HR100, lors du GP du Canada.

La saison se termine à Watkins Glen. La première séance de qualifications se déroule sous une pluie torrentielle, puis la HR100 n’est pas assez rapide lors de la deuxième séance pour être qualifiée.

Pour la petite écurie Rebaque, ces trois Grands Prix devaient servir de préparation à la saison 1980. Malheureusement, l’équipe mexicaine a connu quelques différends avec la CSI (la Commission sportive internationale), et fort probablement avec Bernie Ecclestone, et a dû cesser ses activités au cours de l’hiver. On n’a jamais plus revu la Rebaque HR100 en piste. Elle se trouve actuellement exposée dans la résidence d’Hector Rebaque, située à Mar del Plata, au Mexique.

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Auteur René Fagnan