Crash de Grosjean : Ricciardo critique les images TV, la F1 assume

Dans un paddock logiquement sous le choc des images du terrible accident de Romain Grosjean, Daniel Ricciardo s'est dit "écœuré" par la manière dont la F1 avait géré la diffusion des images.

Crash de Grosjean : Ricciardo critique les images TV, la F1 assume

L'incident survenu dès le premier tour du Grand Prix de Bahreïn a été filmé en direct, la Haas sortant de la piste avant de s'embraser, mais la réalisation a ensuite attendu plusieurs minutes avant de revenir dessus. En revanche, une fois Romain Grosjean pris en charge par l'équipe médicale et visiblement en relative bonne santé, les ralentis et les différents angles ont commencé à tourner en boucle. Alors que la course était sous drapeau rouge, les pilotes ont eux-mêmes découvert l'ampleur de la situation sur les nombreux écrans de contrôle situés dans les stands. Une situation que n'a franchement pas appréciée Daniel Ricciardo.

"Je veux exprimer mon écœurement et ma déception à l'égard de la Formule 1", a réagi le pilote Renault auprès de Ziggo Sport. "La manière dont l'accident de Grosjean a été diffusé encore et encore, avec des replays encore et encore, était totalement irrespectueuse et inconsidérée pour sa famille, pour toutes les familles qui regardaient. Nous allions courir à nouveau une heure plus tard et à chaque fois que l'on regardait la TV il y avait une boule de feu et sa voiture coupée en deux. On peut regarder ça le lendemain, pas besoin de voir ça aujourd'hui. Pour moi, c'était du spectacle et ils jouent avec nos émotions, j'ai trouvé ça assez écœurant. J'espère que d'autres pilotes l'ont fait savoir. Mais je serais surpris que ce ne soit pas ce que nous ressentons tous."

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L'Australien est pour le moment l'un des seuls à avoir exprimé ce mécontentement, rejoint en partie par un Valtteri Bottas plus mesuré. "Quand il y a un accident, quand ça se termine bien pour le pilote, ils aiment le repasser", explique le Finlandais. "Je pense que les gens, les spectateurs, veulent voir ça. Mais il y a aussi une limite. Je regardais l'écran car je voulais voir ce qui s'était passé. Une fois que j'avais vu, j'essayais d'éviter, mais il y avait des images partout. Je ne sais pas, c'est peut-être une question pour ceux qui regardent, pour les fans, savoir s'ils veulent voir ça 20 fois ou non."

Le besoin de transparence et de compréhension

Les commentaires de Ricciardo ne sont pas sans rappeler ceux des pilotes MotoGP l'été dernier en Autriche, lorsque certains d'entre eux n'avaient pas apprécié de découvrir pendant l'interruption de l'épreuve les images d'un accident impressionnant entre Johann Zarco et Franco Morbidelli. Le débat sur un tel sujet demeure complexe, ce qu'a rappelé Toto Wolff. "Si la FOM ne les montre pas, alors quelqu'un d'autre avec un téléphone portable va filmer, et il faut être transparent", estime le directeur de Mercedes. "Ces images étaient effrayantes, mais si l'on n'est pas transparent, on prend juste le risque de voir quelqu'un d'autre montrer des choses incontrôlées."

Les commissaires retirent les restes de la monoplace de Romain Grosjean, Haas VF-20

Un sentiment également partagé par Günther Steiner. "On peut avoir deux avis, mais le mien est que si ça se termine bien, pourquoi ne pas le montrer afin que les gens comprennent ?" estime le directeur de Haas. "C'était horrible mais tout le monde va bien. C'est ainsi qu'il fallait faire. Tant que ça se termine bien, ça va. Je ne suis pas un expert de la télévision, mais selon moi, les bonnes choses ont été montrées. C'était un mauvais accident mais nous avons eu la chance que tout se termine bien."

Sur la manière d'opérer dans un tel cas de figure, la Formule 1 a rappelé qu'un processus très clair était en place pour ne pas faire n'importe quoi avec les images, et qu'il était important de les utiliser une fois le contexte parfaitement bordé, ce qui a été fait dimanche à Sakhir.

"Il y a une communication directe entre la direction de course et le centre de diffusion", précise un porte-parole de la F1 à Motorsport.com. "Il n'y a pas de diffusion des images avant de savoir que le pilote va bien. La F1 a montré Romain avec l'ambulance, sans son casque et marchant avec de l'aide. Il n'y a pas eu d'images de l'accident avant d'avoir eu la confirmation par la direction de course et la FIA que tout le monde allait bien (pilote, commissaires, médecins, etc.). Les images ont alors été diffusées. Le contexte de ce qu'un téléspectateur voit et entend avec les commentaires est important pour parler de la sécurité de Romain, du Halo, des progrès de la FIA et des nouvelles données par le centre médical. Il y a un dialogue constant entre la F1, la FIA et la direction de course, et un bon jugement de la manière dont les téléspectateurs et les familles seront touchées."

Avec Adam Cooper

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