Ricciardo : "J'ai fermé les yeux et commencé à pleurer…"

Vainqueur hier du Grand Prix de Monaco, l'Australien a pris la revanche qu'il espérait tant sur le sort cruel que lui avait réservé cette épreuve il y a deux ans.

Conscient de disposer en Principauté d'une monoplace taillée pour y triompher, Daniel Ricciardo s'est mis une pression folle tout au long de la semaine, tout en faisant preuve d'une concentration maximale et d'une gestion des événements impressionnante.

Au sommet de la feuille des temps tout au long du week-end, aussi bien en essais libres qu'en qualifications, le pilote Red Bull a dominé son sujet. Seul le meilleur tour en course lui aura échappé, mais peu importe. Sa septième victoire en Formule 1, sur le tracé réputé le plus exigeant et le plus prestigieux du calendrier, est au-dessus de tout.

Si, dès avant le Grand Prix, tout le monde lui promettait la victoire sur le Rocher à la régulière, Ricciardo n'a pas été épargné. Et ce qui pourrait ressembler sur le papier à une promenade de santé a été tout le contraire. Le premier relais s'était passé à la perfection pour lui, jusqu'à ce qu'un bruit anormal ne surgisse avec des allures de vieux démon. Immédiatement, le leader de la course a imaginé le pire, comme si le ciel lui tombait sur la tête. 

"Au 18e tour, je sortais d'un virage et j'ai entendu 'beeeeuuuuuhhhhh', ce n'était pas la puissance dont j'ai l'habitude", raconte-t-il. "J'ai fermé les yeux, j'ai commencé à pleurer, j'ai cru qu'on allait abandonner. Ce n'était pas fun, je suis épuisé !"

Qui ménage sa monture...

Épuisé, Ricciardo pouvait l'être après son coup de force monégasque. Car après avoir repris très vite ses esprits et bénéficié de la décision de Red Bull de poursuivre la course vaille que vaille, il ne s'est pas apitoyé sur son sort : au contraire, il s'est alors attaché à gérer minutieusement tout ce qui devait l'être, profitant d'un tracé où protéger sa position est évidemment facilité par l'étroitesse et la sinuosité de la piste.

"Je n'ai utilisé que six vitesses pendant le reste de la course. Il y en a huit sur une Formule 1", raconte-t-il. "C'est dire à quel point il nous manquait de la puissance, même si nous n'utilisons pas la huitième vitesse ici. Cela me faisait perdre plus d'une seconde au tour. Les freins arrière chauffaient, donc il a fallu les répartir 7% de plus vers l'avant. D'habitude, on ne les change que de 1 ou 2% sur l'avant. Mais nous y sommes parvenus !"

"Surtout après que ça m'ait échappé en 2016, lorsque j'ai eu le problème, je me suis demandé ce qu'il fallait faire pour que je gagne ! Mais quand Simon [Rennie, ingénieur] a dit que ça n'allait pas s'arranger et que c'était comme ça, je me suis dit que je pouvais remporter une superbe victoire et que ça n'en serait que plus beau."

Victorieux pour la deuxième fois cette saison, Ricciardo paie le prix de l'irrégularité de Red Bull au championnat, dont il est tout de même troisième en comptant autant de succès que les deux autres vainqueurs depuis le début de l'année : Sebastian Vettel et Lewis Hamilton. Le marathon monégasque achevé, il va néanmoins pouvoir souffler quelques jours avant de prendre la direction d'un circuit qui l'avait vu décrocher son tout premier succès en 2014 : Montréal.

"Je suis épuisé depuis le début de la semaine ! C'est une très longue semaine, et j'étais très enthousiaste pour cette course", conclut Ricciardo. "En plus, la course commence une heure plus tard, il faut attendre une heure de plus. J'avais vraiment hâte que les feux s'éteignent."

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Type d'article Réactions
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