Ricciardo : "Je refuse de croire que je suis si lent"

Daniel Ricciardo a vécu un week-end catastrophique à Monaco, et le temps commence à presser pour obtenir de meilleurs résultats.

Ricciardo : "Je refuse de croire que je suis si lent"

Une seconde de déficit en EL1, neuf dixièmes en EL2, une seconde en EL3. Quatre dixièmes en Q1, six dixièmes en Q2, puis la bagatelle de 103 secondes en course. Tel est le bilan de Daniel Ricciardo par rapport à son coéquipier Lando Norris au Grand Prix de Monaco, où les difficultés vécues par l'Océanien depuis le début de la saison se sont accrues.

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Tous les pilotes ayant rejoint une nouvelle équipe en 2021 ont connu une adaptation compliquée, mais Ricciardo souffre particulièrement, et le contraste n'est pas à son avantage par rapport à Carlos Sainz, qu'il a remplacé chez McLaren et qui a joué la pole position et la victoire en Principauté avec Ferrari.

Prompt à blaguer sur la différence d'âge entre son coéquipier actuel et son ancien partenaire, Lando Norris est néanmoins très bien placé pour évaluer la situation. "Je pense que leurs styles de pilotage sont assez différents, voire très différents, je dirais", analysait l'Anglais au début du week-end. "Il y a beaucoup de différences entre eux deux, mais Daniel, de ce que j'ai vu jusqu'à présent, veut vraiment une voiture qui lui convient peut-être un petit peu mieux. Carlos était très bon pour piloter une voiture qui n'était pas toujours si agréable à piloter."

"Ce n'est qu'une des choses que je pense avoir apprises actuellement : Daniel est très rapide quand il a la voiture autour de lui et quand tout lui convient, mais dès qu'il y a quelques problèmes, comme pour la plupart des pilotes, dès qu'on perd ce petit peu de confiance, alors on a un peu plus de difficultés. Je ne pense pas que ce ne soit qu'avec lui, c'est juste quelque chose que certains pilotes ont plus que d'autres – c'est question de confiance. Mais je ne veux pas dire trop de choses, j'imagine que ça va."

Daniel Ricciardo, McLaren MCL35M

Au terme de ces qualifications où Ricciardo a été éliminé en Q2 tandis que Norris atteignait le top 5 des qualifications à 0"044 de la première ligne, l'Australien accusait le coup.

"Je suis probablement plus dérouté que frustré", a alors déclaré Ricciardo, qui a qualifié ce week-end monégasque de "plus grande anomalie" jusqu'à présent. "Je suis bien sûr frustré et contrarié – nous savons que les qualifications sont extrêmement importantes ici – mais ça atteint probablement un stade où il n'est même pas question de position, c'est juste que nous sommes à une seconde depuis le début du week-end. J'aimerais dire que je ne suis simplement pas confiant ou que j'ai encore besoin d'apprendre à connaître la voiture, mais [je ne peux] pas [être à] une seconde, pas ici. Je ne suis certainement pas en train de dire que quelque chose est cassé, mais je pense qu'il nous faut étudier ça de manière peut-être plus globale, car je refuse de croire que je suis si lent ici."

"Je suis venu ici avec Max [Verstappen comme coéquipier] et je suis sûr que Lando est rapide, mais je refuse de croire qu'il est une seconde plus rapide ici, et je ne dis pas ça contre lui. Tout le week-end, en franchissant la ligne d'arrivée, j'avais souvent une bonne sensation, je me disais que c'était un bon tour. Et je crois qu'à un moment j'étais 1,2 seconde plus lent que ce que Lando venait de faire. Je n'ai donc pas de réponses." Ricciardo est bien sûr un ancien vainqueur du Grand Prix de Monaco, ayant triomphé en 2018 et signé deux pole positions sur cette piste lorsque Verstappen était son partenaire chez Red Bull Racing.

Le nouveau pilote McLaren le reconnaît : il doit continuer de travailler sur ses différences avec Norris au niveau du pilotage, notamment au freinage. "Je pense que pour l'instant, cette piste met probablement en évidence le fait que ce n'est pas naturel pour moi", précise-t-il. "Même si je n'optimise pas la voiture, je dirais que je serais peut-être deux ou trois dixièmes plus lent. Mais une seconde, je ne sais pas, ça paraît beaucoup. Je ne vais pas faire l'autruche et dire 'résolvez ça, je suis le meilleur'."

Daniel Ricciardo, McLaren MCL35M

La course a été tout aussi catastrophique pour Ricciardo, qui a subi l'humiliation de se faire prendre un tour par son coéquipier, mais à l'issue du week-end, le directeur d'équipe Andreas Seidl a renouvelé son soutien à son pilote.

"Je pense que ce circuit met encore davantage en évidence les difficultés qu'il a encore avec notre voiture, et en regardant les données, nous avons une idée claire de ce qu'est le problème", affirme Seidl. "Notre voiture a simplement besoin d'être pilotée d'une certaine manière afin d'en extraire la performance maximale. Lando y est manifestement habitué et gère ça. Mais ce n'est simplement pas naturel pour Daniel avec tout ce qu'il a piloté par le passé."

"Il est important de rester calme, même après un résultat décevant comme aujourd'hui, de continuer à travailler ensemble à l'unisson, de continuer à analyser les données, de continuer à apprendre d'elles. Nous avons deux actions en place : essayer avec Daniel de le recalibrer à un certain degré afin d'adapter son style de pilotage à notre voiture", ajoute l'Allemand avec un terme, "recalibrer", déjà employé quelques heures plus tôt par Ricciardo pour lui-même.

"Cependant, nous regardons bien sûr aussi du côté de l'équipe pour voir si nous pouvons adapter la voiture afin de la rendre plus naturelle à piloter vite pour lui, afin qu'il ait moins à réfléchir, évidemment sans compromettre la performance globale."

En attendant, tandis que Norris occupe une flamboyante troisième place au championnat des pilotes avec 56 points au compteur, Ricciardo n'est que huitième, crédité de 24 unités et clair maillon faible de McLaren dans la lutte face à Ferrari.

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