Ron Dennis - La F1 doit se réinventer

Cela fait plusieurs années que les audiences des Grands Prix de Formule 1 sont en baisse à la télévision

Cela fait plusieurs années que les audiences des Grands Prix de Formule 1 sont en baisse à la télévision. De nombreux facteurs sont à l'origine de cette chute : le fait que la catégorie reine du sport automobile soit passée sur des chaînes payantes dans plusieurs pays majeurs ainsi que la prépondérance actuelle d'Internet tandis que le petit écran est un peu délaissé, et cetera.

C'est un problème que le Groupe Stratégique tente de résoudre à coups de mesures radicales telles que les points doublés au dernier Grand Prix de chaque saison, pensés pour augmenter le suspense en fin de championnat et pour retarder l'attribution du titre, mais aussi l'interdiction partielle des communications radio, officialisée ce matin, visant à approfondir le rôle du pilote dans la course.

Selon Ron Dennis, PDG du groupe McLaren, la thématique est toutefois beaucoup plus profonde ; le Britannique a pour conviction que les équipes ont la responsabilité de comprendre les attentes des fans, dans un contexte où certaines décisions récentes, tels les points doublés, ont été décrites comme "la solution à un problème que personne ne pose" !

"Je pense que les équipes de Formule 1 doivent se réinventer", commente Dennis. "On ne peut pas attendre que les autres le fassent, donc nous le faisons à notre façon ; espérons pouvoir contribuer au futur de la Formule 1 de façon constructive. Car nous devons changer. Le modèle dont nous disposons n'est que celui que nous avons fait évoluer au fil des années, et l'évolution n'est pas toujours une bonne façon d'avancer. Nous pouvons soit adopter le changement et l'utiliser, soit l'ignorer à nos risques et périls".

Apprendre des échecs

L'une des clés, pour l'avenir de la Formule 1, est de comprendre le succès de certains événements et les échecs d'autres. Plusieurs courses européennes, cette saison, ont attiré une centaine de milliers de téléspectateurs, mais à la surprise générale, les tribunes de Hockenheim étaient complètement vides pour le Grand Prix d'Allemagne, malgré la présence en tête du championnat d'un pilote allemand au volant d'une monoplace allemande.

"La Formule 1 se défend bien par rapport à bien d'autres sports", commente Dennis, faisant référence aux audiences télévisées, "mais les chiffres baissent. Nous devons donc analyser pourquoi et agir en fonction des faits. Comment pouvons-nous aller à Silverstone et en Autriche, où c'est complètement plein, puis aller en Allemagne où c'est à moitié plein ? Il doit y avoir une raison. Nous pouvons tous essayer de deviner, mais ce n'est pas très scientifique".

"Nous devons vraiment comprendre pourquoi ces choses-là se produisent", poursuit-il. "Est-ce le prix du billet ? Sont-ce les héros nationaux ? Quoi que ce soit, nous devons nous en occuper, et pour moi, il faut commencer par changer McLaren".

Aussi Dennis fait-il part des hypothèses qui, selon lui, pourraient améliorer la popularité de la Formule 1, y compris en ce qui concerne la cible que représente une jeunesse de moins en moins fascinée par les bolides du dimanche.

"Nous ne pouvons pas être égoïstes et penser que tout ce que nous devons faire, c'est retransmettre la course", souligne le Britannique. "Il nous faut vraiment plus de données sur l'écran et il nous faut un niveau d'implication plus grand avec les jeunes. La F1 ne doit pas être que la course elle-même ; nous devons être une totalité".

"La course est un peu comme un numéro de trapèze à la fin d'un spectacle de cirque. Tout le monde s'attend à un crescendo qui est le numéro de trapèze. Nous ne travaillons pas suffisamment bien sur le processus par lequel un Grand Prix se développe au fil d'un weekend. Pouvons nous améliorer le Grand Prix ? Oui", conclut-il avec conviction.

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