La science a sauvé Hamilton, pas la chance

À l'université de Cranfield, l'un des berceaux du Halo, on tient à rappeler que si Lewis Hamilton est sorti indemne de l'accrochage de Monza, c'est avant tout pour des raisons rationnelles.

La science a sauvé Hamilton, pas la chance

Tant décrié lors de sa phase d'étude puis d'essais, le Halo a, en moins de quatre saisons, convaincu ses plus grands détracteurs parmi les acteurs de la F1. Il faut dire que depuis son apparition en Grand Prix lors de la saison 2018, cet élément de protection du cockpit a déjà plusieurs faits d'armes à son actif, et a sans le moindre doute sauvé des vies.

Le dernier épisode en date remonte à Monza, la semaine dernière, lorsque la Red Bull de Max Verstappen a escaladé la Mercedes de Lewis Hamilton à la première chicane. Dans cet âpre combat, les deux prétendants au titre ont abandonné, mais surtout, ils sont sortis indemnes. Le Britannique a pourtant vu une monoplace lui passer au-dessus de la tête, le touchant partiellement. Le soir-même, son équipe et lui, ainsi que tous les observateurs, s'accordaient à dire que le Halo lui avait sauvé la vie.

La tentation est grande de parler de "miracle" dans un tel cas, à l'image de l'accident de Romain Grosjean à Bahreïn en fin d'année dernière, où le Halo avait également joué un rôle déterminant. Mais un tel terme n'appartient pas au langage des scientifiques qui ont contribué à l'élaboration de ce Halo si efficace. C'est ce qu'a rappelé Clive Temple, directeur du programme Motorsport MSc à l'université de Cranfield, en Grand-Bretagne, là même où des recherches poussées avaient été menées avant l'introduction du Halo.

"Hamilton n'a pas été chanceux", martèle-t-il. "C'est un fait, l'ingénierie et la science soutiennent tout ce travail qui garantit la sécurité des pilotes. La sécurité est la première préoccupation en sports mécaniques. Le Halo a été introduit en 2018 et a prouvé sa valeur lorsque Charles Leclerc, alors chez Alfa Romeo, avait été protégé de la McLaren d'Alonso qui s'était envolée [à Spa]. Nous avons aussi connu l'accident de Grosjean en novembre 2020 et, encore une fois, le Halo a été mis en avant aux côtés d'autres mesures de sécurité comme le museau déformable, le casque et la barrière."

"Il a été prouvé que le Halo était désormais un dispositif de sécurité majeur pour tous les pilotes de monoplace, de la F4 à la F1. […] Comme cet accident l'a démontré [à Monza], le Halo est exceptionnellement solide et fait partie intégrante d'autres éléments de sécurité essentiels sur la voiture. Hamilton qui voit arriver au-dessus de lui la voiture de Verstappen, c'est probablement à peu près l'équivalent de près d'un bus à deux étages qui atterrit sur la voiture."

Chez Mercedes, on rappelle également à quel point le niveau de sécurité des Formule 1 avait atteint un niveau encore supérieur depuis l'introduction du Halo il y a trois ans. Car cette nouveauté n'est pas arrivée seule, elle est venue se greffer à des améliorations qui ne cessent jamais.

"Ça témoigne vraiment de toute la sécurité qui a été mise en place ces dernières années", estime James Vowles, directeur de la stratégie à Brackley. "Dans ce cas de figure, le Halo lui a vraiment sauvé la vie, le casque a encaissé l'impact et l'a bien fait sans le blesser puis, là encore, le dispositif HANS a agi comme il le devait. Ces trois éléments ont agi ensemble pour faire en sorte que Lewis aille bien même s'il est un peu contusionné."

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