Il y a 10 ans : Alonso, catalyseur de l'amende record du Spygate

partages
commentaires
Il y a 10 ans : Alonso, catalyseur de l'amende record du Spygate
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
15 août 2018 à 15:13

Cela fait maintenant 10 ans que Ferrari et McLaren trouvaient un accord "à l'amiable" pour fermer la page de la grande controverse créée par ce qui fut appelé le "Spygate", une affaire d'espionnage ayant animé et grandement influencé l'issue du championnat du monde 2007.

Polesitter Fernando Alonso, McLaren MP4-22
Ron Dennis, McLaren, président, arrive
Fernando Alonso, McLaren MP4-22
Podium : le second Felipe Massa, Ferrari, le vainqueur Kimi Raikkonen, Ferrari, le troisième Fernando Alonso, McLaren, Jean Todt, directeur Ferrari
Fernando Alonso, McLaren MP4-22
Lewis Hamilton, McLaren MP4-22, devant Fernando Alonso, McLaren MP4-22, à la sortie des stands
Podium : le vainqueur Lewis Hamilton, McLaren, le second Fernando Alonso, McLaren, le troisième Felipe Massa, Ferrari
Fernando Alonso, McLaren MP4-22
Fernando Alonso, McLaren MP4-22, félicite Lewis Hamilton, McLaren MP4-22
Lewis Hamilton, McLaren MP4-22 et Fernando Alonso, McLaren MP4-22
Podium : le vainqueur Kimi Raikkonen, Ferrari F2007 et le troisième Fernando Alonso, McLaren MP4-22
Fernando Alonso
Lewis Hamilton et Fernando Alonso
Les membres du Conseil et les membres de l'équipe se réunissent pour une réunion

L'incendie était parti du clan Alonso, tandis que le double Champion du monde pilote espagnol, qui abhorrait le traitement égal donné par McLaren à un Lewis Hamilton dans sa première saison, estimait devoir recevoir un soutien plus inconditionnel de l'équipe et concluait un divorce fracassant après moins d'une saison avec l'équipe, pour repartir chez Renault. L'implosion était en cours et la nature du scandale révélé laissait des morceaux de tous les côtés, y compris chez les promoteurs du sport, contraints de saisir le dossier de manière formelle.

McLaren exclu du championnat 2007, Räikkönen miraculeux champion

McLaren avait été condamné par le Conseil Mondial de la FIA à une amende toujours record à ce jour de 100 millions de dollars, en plus d'être exclu du classement du championnat du monde – perdant ainsi aussi les recettes commerciales liées à sa position l'année suivante – après que l'un de ses employés se soit trouvé coupable d'avoir reproduit un dossier technique secret détaillant les plans de la monoplace de l'adversaire intime Ferrari.

Bien que l'affaire ait été portée devant le Conseil Mondial de la FIA en décembre 2007 et que le titre mondial des pilotes soit miraculeusement revenu à Kimi Räikkönen outsider dans une fin de saison l'ayant vu émerger vainqueur sur le fil d'une lutte à trois (entre lui et les deux pilotes McLaren de l'époque, Lewis Hamilton et Fernando Alonso) dans un scénario comme seule la F1 sait en produire, Ferrari avait exigé des excuses publiques de son adversaire pour son attitude. Par ailleurs, certains problèmes tenus plus secrets du public restaient à régler entre les deux parties après le jugement. Il avait fallu attendre le 11 juillet 2008 au matin pour voir les équipes de Maranello et Woking publier deux communiqués de presse distincts, confirmant que les deux équipes avaient mis derrière elles leurs motifs de litiges et allaient pouvoir se concentrer exclusivement sur la partie sportive des choses.

"À la lumière de la délibération formelle de décembre 2007 par la FIA et le Conseil Mondial du Sport Automobile contre McLaren, et des excuses publiques de McLaren à Ferrari qui ont été réitérées, [les équipes] Ferrari et McLaren sont tombées d'accord pour mettre diverses litiges derrière elles en relation à ce sujet, et arriver à une conclusion finale", pouvait-on lire dans la déclaration de l'équipe anglaise. "McLaren a aussi accepté le remboursement à Ferrari des dépenses et coûts liés à ces sujets et à un paiement de dédommagement."

Lire aussi :

Ferrari passe l'éponge

Ferrari s'était de son côté félicité de ces actions de McLaren et avait annoncé que l'argent versé par McLaren serait redistribué à des causes caritatives.

"Ferrari reconnaît que McLaren a réitéré ses excuses pour les événements bien connus ayant eu lieu pendant la saison F1 2007 et, dans le meilleur intérêt de la Formule 1 et en prenant en compte la fermeture officielle des actions légales contre McLaren en décembre 2007 par la FIA et le Conseil Mondial du Sport Automobile, confirme avoir accepté de mettre fin à toutes les controverses restantes entre les deux équipes", déclarait le communiqué de Maranello. "Ferrari donnera le règlement de dédommagement reçu de McLaren à des œuvres caritatives."

Ferrari avait en revanche rendu clair le fait que son action contre l'ex-mécanicien en chef Nigel Stepney allait se poursuivre. Stepney s'était rendu coupable d'avoir reproduit un dossier de 780 pages d'informations appartenant initialement à l'ex-designer en chef de McLaren, Mike Coughlan.

Dans une McLaren fortement contrôlée à tous les stades de la saison 2008, Lewis Hamilton devint la saison suivante le plus jeune Champion du monde de l'Histoire de la F1, après avoir manqué comme Alonso la couronne 2007 pour un seul point.

Lire aussi :

Le rôle de Fernando Alonso dans l'affaire

Se sachant sur le départ de chez McLaren dans un climat de tension rarement atteint entre un sportif et son employeur, un Fernando Alonso se présentant comme le lanceur d'alerte responsable s'était dit "très heureux" d'avoir pu aider la FIA à découvrir des éléments corroborant la possible intention de tricherie de McLaren avec les documents entrés en possessions de Stepney.

Il n'a jamais été avéré que les données techniques de Ferrari ont été utilisées par l'équipe et ses responsables, mais Alonso n'avait aucunement l'intention de laisser la moindre chance à McLaren de pouvoir le faire en se sachant parti de l'équipe la saison suivante. L'Espagnol avait également par cette dénonciation fait témoignage de sa loyauté envers une équipe Ferrari dont le volant de n°1 représentait désormais son unique objectif, et le contraignait à attendre deux saisons chez Renault...

Dans une interview accordée au Guardian, Alonso décrivait son implication comme suit : "Sur l'histoire d'espionnage, j'étais au mauvais endroit au mauvais moment. Mais j'ai été très heureux de pouvoir aider la FIA à tout découvrir."

Suggérant une nouvelle fois que son traitement chez McLaren n'avait pas été digne d'un n°1, ce qu'il s'attendait à recevoir, l'Espagnol suggérait avec malice que Jenson Button, recruté par Woking après son titre 2009, pourrait faire les frais d'un avantage donné à un Lewis Hamilton (Champion 2008) à son tour.

"Nous verrons. Bien évidemment, je ne sais pas comment est McLaren maintenant, mais s'il était arrivé de mon temps, alors il est sûr que ça aurait été difficile pour lui", ruminait-il ainsi en dépit de coiffer sa casquette Ferrari. "Espérons que ce sera dorénavant mieux pour Jenson, car j'ai beaucoup appris de cette saison, et McLaren aussi. À l'époque, McLaren et Ferrari se battaient entre elles et c'était très serré. À la fin, je pense que nous [McLaren] avions la meilleure voiture mais nous avons fini second et troisième. Malheureusement, nous avons mal fait quelque chose."

Le monde de la F1 fut pris de stupeur lorsque Fernando Alonso et McLaren unirent de nouveau leur destin pour un contrat pluriannuel débutant en 2015. Sur ses 17 saisons complètes disputées en tant que titulaire dans la discipline, Alonso a passé six ans avec Renault, cinq avec Ferrari et McLaren, et un avec Minardi, et a gagné des courses avec les trois premières équipes nommées.

Lire aussi :

 

Prochain article Formule 1
Gasly : La "traction" est un domaine où Toro Rosso est en difficulté

Previous article

Gasly : La "traction" est un domaine où Toro Rosso est en difficulté

Next article

Sainz proche de McLaren, Gasly favori pour le baquet Red Bull

Sainz proche de McLaren, Gasly favori pour le baquet Red Bull
Charger les commentaires