Bilans Saison 2020
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Bilan 2020 - Stroll : coups d’éclat, coups du sort, coups de mou

Lance Stroll a vécu une saison 2020 faite du meilleur et du pire de ce dont il est capable, mais aussi d’un manque de réussite certain dans une période charnière, alors qu’il a appris à évoluer au niveau de compétition le plus élevé depuis ses débuts en F1.

Bilan 2020 - Stroll : coups d’éclat, coups du sort, coups de mou

Ces bilans 2020 sont aussi l'occasion pour vous de noter chaque pilote, grâce au module situé au bas de cet article.

Racing Point a offert à ses pilotes, avec la controversée RP20, une monoplace capable de se battre pour le top 5 voire le podium dans certaines circonstances. Pour Lance Stroll, il s’agissait d’un pas en avant important dans une carrière qui a globalement surtout été faite de courses hors du top 10, d’abord chez Williams en 2017-2018 puis chez Racing Point en 2019. Aussi, cette saison semblait particulièrement intéressante pour juger des progrès du Canadien.

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Et au sortir de cette année, il n’est pas aisé de pouvoir véritablement se prononcer. À bien des égards, dans plusieurs compartiments de la performance, Stroll a été fidèle à lui-même, à savoir inconstant. Cette irrégularité, problématique au haut niveau, est frustrante car elle laisse tout autant entrevoir des promesses pour un pilote qui n’est encore âgé que de 22 ans que des défauts récurrents qu’il va falloir sérieusement corriger si les ambitions de la structure à laquelle il appartient se confirment et s’aiguisent dans les années à venir.

Le premier des défauts, qui enfante une de ses qualités, est celui des qualifications. Dans l’exercice, il a une fois de plus été largement dominé par son principal équipier, Sergio Pérez, qui lui inflige un 10-4 et, si l’on retire les qualifications disputées sous la pluie avec leur part d’aléatoire, un 10-2 en conditions sèches sachant qu'avec sa pénalité moteur, le Mexicain a abandonné les qualifs à Abu Dhabi dès la Q2. Peut-être un peu plus gênant encore, le fait qu’il ait été devancé nettement lors des qualifications du GP du 70e anniversaire par un Nico Hülkenberg qui ne disputait que son second week-end de course, en remplacement de Pérez touché par le COVID.

Et non seulement il devance ses équipiers trop rarement dans l’exercice mais il est surtout souvent loin d’eux en distance. Même si des progrès ont été faits cette année dans le domaine, quand il est derrière, il est en moyenne quasiment quatre places derrière Pérez ; surtout qu'au fil de l'année, l'écart en temps s'est plutôt agrandi. Dans la F1 moderne, et au niveau de compétitivité du milieu de peloton, c’est le genre d’écart qui peut placer un pilote dans une lutte qui ne devrait pas être sienne et le priver d’un résultat tout à fait atteignable.

Toutefois, c’est aussi là que Stroll puise une de ses principales forces : ses départs. Dans cet exercice, il maintient la dynamique des saisons précédentes, quand bien même, mécaniquement, plus l’on se rapproche du haut de la grille, moins il y a de places à gagner et plus chères sont-elles. Sur 16 GP disputés, il a gagné des positions à dix reprises (en comptabilisant la Russie), a maintenu sa place à quatre reprises (dont sa pole en Turquie) et a perdu des positions à deux reprises (dont une sur un accrochage à Imola).

Une fois la phase du départ passée, la plupart des courses ont été assez anonymes, mais à un niveau évidemment bien meilleur que les saisons précédentes, avec l’impression d’une certaine irrégularité sur le plan du rythme qui ne lui a parfois pas permis de signer le meilleur résultat possible. Cela est d’autant plus criant quand son équipier est particulièrement régulier et constant comme l’est Pérez, même si globalement l'écart entre les deux pilotes est moindre que la saison précédente.

Le plus grand regret de sa saison sera indubitablement Monza. En dépit d'une course jusqu'alors sans éclat, il se trouve soudainement propulsé à la meilleure position pour espérer une victoire grâce à un drapeau rouge déployé alors qu'il ne s'est pas arrêté et lui permet de changer de pneus. En deuxième place derrière un Hamilton qui va devoir effectuer sa pénalité, il manque le second envol dans les grandes largeurs et doit se contenter d'une troisième place au goût un peu amer.

En Turquie, il signe une très belle pole en conditions humides, là encore une de ses forces, et mène longuement la course avant de perdre du terrain puis de se fourvoyer sur le plan stratégique (même si peu de pilotes ont adopté la stratégie gagnante) et surtout de dégringoler dans la hiérarchie en raison de graining. Pour le GP de Sakhir, il perd deux positions importantes au sortir de son arrêt, face à Ocon et Pérez, et montera sur le podium de la victoire de son équipier, là encore avec le sentiment qu'il y avait mieux à faire.

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Pour faire bonne mesure, faut aussi signaler que le Canadien a été victime d’une certaine malchance avec cinq abandons, dont quatre sur des incidents indépendants de sa volonté : en Autriche, il subit une défaillance moteur alors qu'il est huitième ; au Mugello, il est victime d'une crevaison alors qu'il est quatrième à une quinzaine de tours de la fin ; en Russie, il est accroché par Leclerc alors qu'il est septième après un excellent départ ; à Bahreïn, il est envoyé en tonneau par Kvyat lors du second départ, alors qu'il est 11e.

En résumé, difficile de véritablement savoir sur quel pied danser avec Stroll. Il semble tout autant avoir le potentiel pour signer d'excellents résultats au volant d'une F1 compétitive que le potentiel pour les gâcher, soit en ne sachant pas être au niveau où on pourrait l'attendre en qualifications, soit en ne mettant pas la touche finale à une belle prestation, soit en ne saisissant pas pleinement les occasions qui se présentent.

 
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