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Stroll fera-t-il taire son plus grand détracteur en 2018 ?

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Stroll fera-t-il taire son plus grand détracteur en 2018 ?
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27 janv. 2018 à 18:01

Avec l'arrivée du rookie Sergey Sirotkin chez Williams en 2018, Lance Stroll devient le fer de lance de l'équipe pour sa deuxième campagne en Formule 1 seulement. Parviendra-t-il à donner tort à un Jacques Villeneuve très critique à son encontre ?

En 1996, un rookie canadien de 24 ans au nom célèbre a fait sensation en Formule 1.

Il a rejoint l'écurie Williams, armé de la meilleure voiture du plateau, sur la lancée d'une convaincante campagne victorieuse dans une catégorie différente l'année d'avant.

Il a bénéficié d'un programme d'essais rigoureux, est monté sur le podium pour ses débuts en Grand Prix, a fini la saison 19 points derrière son coéquipier et est devenu Champion du monde un an plus tard.

Jacques Villeneuve, Williams FW19, sous le drapeau à damier

En 2017, un rookie canadien de 18 ans au nom célèbre a certainement attiré l'attention de la F1.

Il a rejoint l'écurie Williams, armé de ce que l'on peut considérer comme la cinquième meilleure voiture du plateau, sur la lancée d'une convaincante campagne victorieuse dans une catégorie différente l'année d'avant.

Il a bénéficié d'un programme d'essais rigoureux, a redressé la barre après un début de saison décevant en montant sur le podium pour sa huitième course seulement et a conclu l'année à seulement trois points de son coéquipier.

Lance Stroll, Williams FW40, est salué par ses mécaniciens à l'arrivée

Bien qu'il soit inconsidéré de comparer ces époques différentes ou de suggérer que Lance Stroll va jouer le titre en 2018 comme Jacques Villeneuve l'a fait en 1997, il y a certainement des points communs entre ces deux pilotes canadiens.

Mais Villeneuve n'a donné que peu de soutien ou de louanges à son compatriote jusqu'à présent. Et bien qu'il ait une certaine légitimité, ayant remporté un titre mondial, n'est-ce pas quelque peu étrange qu'il semble descendre en flammes les performances de Stroll à la moindre opportunité ?

Un changement de ton

Étrangement, Villeneuve avait l'air plutôt enthousiaste au sujet de Stroll avant le début de la saison. Il l'avait qualifié de "super rapide" après son titre en F3 Europe, tout en avertissant : "La F1, c'est une bête différente. Et pour la première fois de sa carrière, il ne peut pas être dans la meilleure voiture et dans la meilleure équipe, où tout est là pour qu'il gagne, donc la situation va se compliquer."

"Nous ne savons pas comment il va réagir à ça. Il est bien éduqué, il s'exprime bien, donc il pourrait simplement grandir et devenir génial, ou il pourrait juste s'effondrer."

Jacques Villeneuve, Canal+

Même si les performances de Stroll lors des essais de pré-saison et de ses premières courses en F1 laissaient à désirer, alors qu'il peinait à s'adapter à la catégorie reine du sport automobile, Villeneuve s'est avéré constamment brutal avec ses critiques, que ce soit à la télévision ou auprès de quiconque l'interrogeait au sujet de son compatriote.

Même après les bons résultats de Montréal et de Bakou, où Stroll a marqué ses premiers points et a signé son premier podium respectivement, Villeneuve n'a pas desserré la vis.

"Il n'était pas rapide à Montréal, mais tout le monde a eu des casses, il s'est tenu à l'écart des problèmes, il a marqué des points et cela a enlevé un poids de ses épaules. Cela se voyait [à Bakou]. Quand tout le monde s'accrochait, pas lui, et son coéquipier a eu une casse aussi. Oui, il a eu de la chance, mais il était aussi rapide, il n'a rien fait de stupide, et il est monté sur le podium. Il n'y a rien de mal là-dedans."

"Il faut quand même être réaliste. Montréal a aidé et [Bakou] était bon, mais ça ne changera pas ce que j'ai dit auparavant cette saison."

Lance Stroll, Williams, fête ses premiers points avec les fans

Villeneuve a ensuite relancé ses critiques de Stroll : "Il s'est bien débrouillé, mais c'est le seul pilote qui teste entre les courses. C'est un peu dur à avaler. L'argent a ses limites, et là, ça les repousse. Ils contournent les règles. Ce n'est pas juste pour les autres pilotes, car il est le seul à avoir ce privilège, grâce à son argent."

Et ça, c'est un peu fort de café. Après tout, c'est au programme de préparation de Villeneuve que Pat Symonds, directeur technique Williams jusqu'en décembre 2016, avait comparé celui de Stroll.

"Jacques Villeneuve avait un programme très conséquent avec Williams en 1995, je sais qu'ils sont spécialement allés sur beaucoup de circuits, qui n'étaient pas ceux où les équipes testaient à l'époque", se rappelle Symonds. "Avec tous les vrais pilotes d'essais, ils faisaient des tests et engrangeaient les kilomètres, mais la priorité était toujours de développer la voiture plus que les pilotes. Nous avons changé ça [avec Stroll], donc cela ressemble davantage au vieux programme de Jacques où l'on forme le pilote."

Jacques Villeneuve, Williams FW18 Renault

Un avantage grâce au nom

Stroll n'est pas le premier pilote privilégié, ni le dernier. C'est une caractéristique immuable du sport auto, que ce soit à notre époque ou auparavant.

Villeneuve n'y était clairement pas étranger non plus. Son nom a certainement eu du poids au moment de trouver des accords et d'attirer les sponsors. Après tout, ses débuts en CART en 1994 avec Forsythe/Green se sont faits après une troisième place en Toyota Atlantic. Les deux pilotes qui ont fini devant lui en 1993, ses compatriotes David Empringham et Claude Bourbonnais, n'ont même pas une campagne de CART à leur actif, à eux deux.

Par la suite, Villeneuve a vraiment excellé. Mais n'est-ce pas un signe qu'il est encore un peu tôt pour juger le potentiel ultime de Stroll en F1 ? D'autant que nous avons aperçu des éclairs de véritable talent, comme son podium à Bakou ou sa performance sous la pluie lors des qualifications de Monza.

Malgré ses débuts délicats en essais hivernaux, Stroll a le mérite d'avoir surmonté les difficultés dans son apprentissage. Villeneuve, bien sûr, n'a plus rien à prouver, mais il est trop tentant de mentionner le fait que ses deux programmes les plus récents, en World Rallycross et en Formule E, ont mal commencé et se sont achevés prématurément (sa carrière en FE a duré trois courses).

Jacques Villeneuve, Venturi Formula E Team

Le challenge Sirotkin

La saison à venir sera très différente pour Stroll et Williams, avec le départ de Felipe Massa et l'arrivée du rookie Sergey Sirotkin. Le Russe devrait se trouver des points communs avec Stroll, au moins au niveau des critiques qu'il va subir. Il est probable qu'il y soit déjà habitué, lui qui était apparu sur le radar de la F1 en 2013, avec un projet de titularisation chez Sauber dès 2014 qui n'avait pas enthousiasmé les foules.

Son palmarès est différent maintenant, mais il paraît qu'il va contribuer au budget, et d'avoir privé l'héroïque Robert Kubica d'un retour de rêve en F1 ne le rend pas populaire auprès des fans.

Même si l'expérience de Stroll en 2017 devrait faire de lui le fer de lance de l'équipe dans la campagne à venir, Sirotkin n'est clairement pas une chiffe molle. Il a démontré un potentiel évident au début de sa carrière en Formula Abarth et en Auto GP, il y a eu ces troisièmes places consécutives au championnat de GP2 qui l'ont établi comme un pilote de Formule 1 en puissance, puis ce rôle de réserviste chez Renault.

Le Losange ne l'a finalement pas promu au poste de titulaire, certes, mais le staff semblait avoir une véritable estime pour lui, que ce soit son talent ou sa compréhension de la voiture, cette dernière étant le produit de ses études d'ingénieur. Et il a certainement impressionné Williams lorsqu'il a eu l'opportunité de piloter la FW40 à Abu Dhabi.

Avec son année d'avance, Stroll doit s'affimer sur Sirotkin et mener Williams l'an prochain. Mais s'il bat le talentueux Russe, le mérite devrait lui en être accordé. Le sera-t-il pour autant ? Ou l'inexpérience de Stroll sera-t-elle utilisée pour priver Stroll de tout compliment ? Voilà une bonne question à poser à Villeneuve...

Lance Stroll et Sergey Sirotkin, Williams
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