Symonds - Les équipes ont trop de pouvoir en F1

Le directeur technique de Williams, Pat Symonds, estime qu’il est logique que la F1 se trouve dans une situation d’impasse car les équipes ont trop leur mot à dire.

Symonds - Les équipes ont trop de pouvoir en F1
Pat Symonds, Williams
Christian Horner, Team Principal Red Bull Racing lors de la conférence de presse
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team W07 au départ de la course
Christian Horner, Team Principal de Red Bull Racing lors de la conférence de presse
Sebastian Vettel, Ferrari SF16-H, mène au départ de la course
Le départ

La Formule 1 est prise dans la tourmente des qualifications. Après avoir introduit en urgence un format à élimination qui n’a pas vraiment convaincu à Melbourne, les dirigeants ont été dans l’incapacité de revenir au format précédent, faute d’unanimité.

Une situation qui place la structure de gouvernance de la discipline reine sous le feu nourri des critiques du public, des dirigeants eux-mêmes mais aussi des pilotes, le GPDA s’étant fendu d’une lettre ouverte dénonçant un mode de gouvernance "obsolète" et "mal structuré"

Pour rappel, les décisions en Formule 1 sont, depuis plus de deux années, prises en plusieurs étapes : le Groupe Stratégique d'abord, qui propose des mesures réglementaires et qui est composé de six représentants de la FIA, six de la FOM et six des équipes (Mercedes, Ferrari, Williams, Red Bull, McLaren et Force India). Vient ensuite la Commission F1 (26 voix, dont 12 pour les écuries, 8 aux promoteurs de GP, deux aux sponsors, une aux motoristes, une au manufacturier pneumatique, une à la FOM et une à la FIA) qui valide ou non ces mesures proposées. Une fois validées, les propositions doivent être ratifiées par la FIA au sein du Conseil Mondial du Sport Automobile pour pouvoir entrer en vigueur.

Pat Symonds, qui s’est exprimé dans le contexte de défiance actuel, estime que les équipes ont un trop grand poids dans ce processus décisionnel : "Je pense que vous devriez demander à la Formule 1, au lieu de demander aux équipes. Une partie du problème est que les équipes sont un peu trop impliquées."

"La façon dont j'ai expliqué cela à quelques sponsors était que si c'était du football, vous diriez : 'Bien, nous avons besoin de nouvelles règles, demandons aux équipes'. Si vous avez une équipe qui a un gardien vraiment, vraiment mauvais et que vous dites 'comment devrions-nous construire les buts ?', ils diront 'Faisons-les [étroits]."

"Si vous avez une autre équipe avec un excellent gardien, ils vont dire 'eh bien, faisons-les larges'. Les équipes ne sont pas ceux à qui demander. Vous demandez ce que la Formule 1 devrait faire ; et bien, demandons à la Formule 1 ce qu'ils vont faire. Si nous avions une direction forte, nous, en tant qu'équipe, la suivrions juste."

Une instance indépendante

Le directeur de Red Bull Racing, Christian Horner, a demandé l'an passé qu'une personne extérieure, en l'occurence Ross Brawn, soit désignée dans le but de donner à la discipline reine une meilleure direction. Symonds est d'accord sur le fait qu'une autorité sans aucun lien avec les équipes - afin d'éviter les conflits d'intérêts - serait à même d'aider la F1 à progresser.

"Il n'y a pas une vraie instance qui regarde cela, une instance indépendante qui cherche ce qui est nécessaire. Mais nous ne devrions pas seulement dire que tout est mal. Ce processus de gouvernance que nous avons, même si je dis que nous ne devrions pas impliquer autant les équipes, nous l'avons faire pour cela, la plupart du temps où j'ai été impliqué en Formule 1."

"Ce n'est pas particulièrement affreux. Mais le sport devient plus professionnel, vous avez de plus en plus d'opinions qui se polarisent. Il y a quelques équipes qui ont énormément d'argent, elles veulent les règles d'une certaine façon. Il y a d'autres équipes qui existent à peine, elles veulent des règles différentes. Le plus fort gagne. Si vous avez quelqu'un qui ne joue pas pour une équipe, vous pourriez avoir quelque chose de meilleur."

Avec Jonathan Noble

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