Todt : Il ne faut pas "dénaturer" la F1 au nom du spectacle

Pour Jean Todt, rechercher des solutions pour améliorer le spectacle en F1 est une bonne chose mais cela ne doit pas se faire à tout prix, en dénaturant par exemple la discipline.

Todt : Il ne faut pas "dénaturer" la F1 au nom du spectacle

Depuis de nombreuses années, la Formule 1 est, à tort ou à raison, taxée d'être globalement trop peu spectaculaire, notamment lors des courses qui sont le point d'orgue des week-ends de Grand Prix. Une impression générale qui semble s'être renforcée durant la dernière décennie, en même temps que les réseaux sociaux ont pris de la place dans la manière de vivre la discipline et d'agréger les opinions.

Le spectacle, via le resserrement de la hiérarchie et la facilitation des luttes en piste, est largement au cœur de la refonte réglementaire qui a vu l'introduction en 2021 d'un Règlement Financier qui instaure un plafond de dépenses et qui verra la mise en place d'un Règlement Technique révolutionnaire en 2022, avec le retour et la prééminence de l'effet de sol en plus d'un développement de la standardisation des monoplaces.

Le dernier levier du triptyque réglementaire, à savoir le Règlement Sportif, est désormais au centre des attentions. Et plus particulièrement sur la question du format des Grands Prix qui est depuis longtemps figé avec les qualifications le samedi et la course le dimanche. L'an passé, tentant de profiter de la crise sanitaire et du calendrier chamboulé, et après un premier essai infructueux, la F1 a essayé d'imposer des courses qualificatives à grille inversée lors de certaines épreuves mais cette proposition, qui nécessitait l'unanimité, s'était heurtée au refus de Mercedes.

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Plus intéressant encore est le fait qu'une telle mesure est perçue par une importante partie du public (et ceci depuis plusieurs années) comme trop artificielle pour être introduite en Formule 1. Pour beaucoup, c'est l'ADN de la discipline qu'un tel dispositif risquerait de détériorer. Stefano Domenicali, aujourd'hui PDG de la F1, a justement affirmé en février dernier que l'idée de mettre en place, sous quelque forme que ce soit, des grilles inversées avait été abandonnée.

Toutefois, les courses sprint pour remplacer les qualifications traditionnelles sont actuellement en discussion, avec la volonté du championnat de tester ce système grandeur nature sur trois GP cette année en s'appuyant sur le soutien de l'ensemble des équipes. Dans ce contexte, Jean Todt, président de la FIA et ancien acteur du paddock en tant que directeur de la Scuderia Ferrari dans les années 1990-2000, a mis en garde : améliorer le spectacle, oui, mais pas au point de dénaturer la discipline.

"Si nous pouvons trouver, et nous essayons de le faire, des moyens innovants de créer plus de suspense, un meilleur spectacle, nous le ferons, mais pas au point de porter atteinte à la discipline", a-t-il déclaré au cours d'une intervention au Cambridge Union. "Il y a déjà l'intention d'avoir une sorte de 'super qualification' lors de deux ou trois Grands Prix, à partir de cette année. Nous sommes heureux de faire quelque chose, mais nous ne voulons pas dénaturer le championnat."

"La raison pour laquelle je suis contre les grilles inversées est que c'est artificiel. Dans un week-end de course, vous passez deux jours à être aussi compétitif que possible, à avoir une bonne position de départ, alors pourquoi, si vous êtes le plus rapide, devriez-vous partir en fond de grille ? Ce serait complètement contre l'intérêt de la discipline, contre la nature du sport."

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Au sujet du plafond de dépenses, Todt a expliqué : "Nous l'avons fait en trois étapes : cette année c'est 145 millions de dollars, l'année prochaine ce sera 140 millions et l'année suivante ce sera 135 millions, sans inclure le développement du moteur et certains autres paramètres qui sont bien définis et énumérés."

"Il est clair que le plafonnement des coûts affecte principalement trois équipes : Mercedes, Red Bull et Ferrari. Les sept autres écuries ne sont pas touchées aujourd'hui par le plafonnement des coûts, donc est-ce que cela fera qu'il y aura moins d'écart entre les petites, moyennes et grandes équipes, [en tout cas] ce n'est pas très facile à réaliser."

"Cela signifie que vous devez vous débarrasser de beaucoup de personnes pour vous conformer au règlement sur le plafonnement des coûts, donc cela prend un certain temps, mais je dirais que la première étape consistant à décider et le mettre en œuvre a été réalisée, et c'est un grand succès."

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