Toto Wolff défend les fils de milliardaires, "stigmatisés"

Pour Toto Wolff, tous les pilotes du plateau méritent leur place sur la grille.

Toto Wolff défend les fils de milliardaires, "stigmatisés"

Si certains ont tendance à l'oublier, la Formule 1 a toujours été un sport requérant un certain budget, et la présence de certains pilotes fortunés y est par conséquent logique. Sur la grille actuelle, on pense forcément à Lance Stroll, dont le père Lawrence est allé jusqu'à faire l'acquisition de l'écurie Racing Point via un consortium, mais aussi à Nicholas Latifi, qui apporte une certaine manne financière à Williams via son père Michael, tandis que Dmitry Mazepin s'apprêterait à hisser son fils Nikita en Formule 1 grâce à une contribution à l'écurie Haas.

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Ces facilités valent aux jeunes pilotes en question de nombreuses critiques qui ne sont toutefois pas justifiées, estime Toto Wolff. "Nommez-en un cette saison qui ne mérite pas d'être là", répond sans détour le directeur de Mercedes AMG F1.

"Prenons Lance, par exemple. Et je ne suis pas biaisé, car je suis d'accord sur le fait que cela devrait être une méritocratie. Il a remporté le championnat d'Italie de F4, il a remporté le championnat international [d'Europe, ndlr] de F3, il est monté deux fois sur le podium [en F1] et s'est qualifié en première ligne à Monza sous la pluie [qualifié quatrième, promu second par des pénalités, ndlr]."

"Je ne pense pas que l'on puisse dire, juste parce que son père est milliardaire, qu'il ne mérite pas d'être là. Je pense même qu'il souffre d'être stigmatisé ainsi, et ça ne va pas. Il n'y est pour rien si son père a eu beaucoup de succès de son côté. Il est encore plus impressionnant qu'un gamin, dans cet environnement, choisisse l'un des sports les plus compétitifs au monde. Franchement, il n'y a pas de discussion à avoir."

Nikita Mazepin et son père Dmitry Mazepin, président d'Uralchem Integrated Chemicals Company sur la grille

Nikita Mazepin et son père Dmitry Mazepin, président d'Uralchem Integrated Chemicals Company, sur la grille

Jusqu'à présent, Stroll ne s'est toutefois pas vraiment montré à son avantage face à ses coéquipiers ; il a marqué 78 points depuis le début de la saison 2019, à comparer aux 126 unités de l'autre pilote Racing Point, Sergio Pérez. Le constat est encore pire pour Nicholas Latifi, qui est quasi constamment à une demi-seconde au tour de George Russell après une carrière peu impressionnante en formules de promotion ; il lui a fallu cinq ans pour être vice-Champion de Formule 2. De même, Nikita Mazepin a beau avoir été deuxième en GP3 en 2018, il n'a pas eu énormément de succès le reste du temps, occupant néanmoins la sixième place de F2 pour sa seconde campagne dans la discipline. Toto Wolff les défend également.

"Nicholas a gagné des courses en F2, et nous n'avons pas encore vu ce dont il est capable, c'est sa première saison [en F1]", souligne l'Autrichien. "Mais ce n'est pas comme quelqu'un il y a dix ans – je ne me rappelle même pas ces pilotes – qui serait arrivé en F1 sans avoir remporté la moindre course dans les formules de promotion relevées. Pour l'an prochain, ne discréditons pas Nikita avant de l'avoir vu. Je crois que Nikita est régulièrement aux avant-postes en F2 cette saison. Je crois qu'il a gagné des courses [deux, ndlr]."

"Je pense que nous sommes dans la meilleure situation possible. Il y a cinq ou six ans, nous avions bien plus de pilotes qui arrivaient seulement parce qu'ils payaient. Mais peut-être que je me souviens mal. Je ne veux pas citer de noms, mais vous savez de qui je parle." Chacun en fera sa propre interprétation !

Propos recueillis par Luke Smith

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