Une stratégie pneus non déterminante à Montréal

Même si l’écart de performance entre les deux types de gomme proposés par Pirelli au Canada était inférieur à la seconde, la meilleure stratégie consistait - si l’on en croit le résultat - à prendre le départ en pneus supertendres pour s’arrêter aux environs de la mi-course et effectuer un deuxième long relais avec un train de tendres. C’est en tout cas le choix qui a été fait par Mercedes pour ses deux pilotes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, auteurs d’un nouveau doublé pour l’équipe du constructeur allemand, et par Valtteri Bottas qui est monté à leurs côtés sur le podium.

Cependant, la supériorité des Mercedes étant ce qu’elle est, la stratégie adoptée avec les gommes n’a pas forcément été primordiale. Car de son côté, le pilote Williams ne précédant Kimi Raikkonen et Sebastian Vettel que d’à peine cinq et dix secondes respectivement à l’arrivée, le doute subsiste quant au bien-fondé du choix de l’écurie anglaise par rapport à celui de Ferrari, qui avait privilégié une stratégie à deux arrêts pour ses deux pilotes – avec une nuance cependant.

Un tête-à-queue qui coûte cher

Les deux voitures de la Scuderia se sont élancées en supertendres et Räikkönen a monté les tendres dès son deuxième relais pour retrouver les supertendres en fin de course. Considérant que Kimi précédait Bottas en première partie de Grand Prix, et compte tenu de son tête-à-queue peu après son premier pit-stop qui lui fit perdre une douzaine de secondes et une place au profit de son jeune compatriote, le champion du monde 2007 aurait logiquement dû conserver la 3e place au vu de l’écart final. D’autant qu’il signa d’excellents chronos sur la fin avec les supertendres. Le tête-à-queue a donc dû peser plus lourd dans son résultat que la décision de s’arrêter deux fois.

Deux types de gomme trop constants ?

Comme nous pouvions nous y attendre à la vue des caractéristiques du circuit, l’usure et la dégradation des deux mélanges de gomme ont été extrêmement faibles et leurs performances constantes,” a fait remarquer Paul Hembery, Directeur de la Compétition de Pirelli.

L’objectif étant de permettre plus d’un arrêt aux stands, cela peut inciter à la critique, mais avec seulement quatre types de pneumatiques autorisés, il est parfois difficile d’adopter le choix optimal dans toutes les situations. Nous avons néanmoins observé différentes manières d’aborder les stratégies au sein des teams. En particulier pour les pilotes qui s’élançaient en retrait sur la grille et qui ont pu varier leurs options pour prendre le meilleur sur leurs rivaux.”

En effet, Sebastian Vettel, de son côté, conserva les supertendres pour son deuxième relais avant de passer les tendres pour le troisième et dernier. Une stratégie qui est à comparer davantage avec celle de l’autre pilote Williams, Felipe Massa, parti tout comme lui très loin sur la grille.

S’il ne fit que deux relais, le Brésilien fut cependant le seul, parmi les pilotes qui étaient dans ce cas, à débuter le Grand Prix en gommes tendres pour le finir en supertendres après avoir retardé son unique passage au stand. Au final, alors que sa remontée fut plus incisive que celle d’un Vettel en supertendres durant la première partie de course, Massa rendait sept secondes au quadruple Champion du Monde sur la ligne d’arrivée...

A propos de cet article
Séries Formule 1
Événement GP du Canada
Circuit Circuit Gilles-Villeneuve
Pilotes Kimi Räikkönen , Felipe Massa , Sebastian Vettel , Valtteri Bottas
Type d'article Actualités
Tags canada, pirelli