Vergne - Piloter, "c'est ce que j'ai fait toute ma vie"

La semaine ayant séparé les courses de Suzuka et de Sotchi a été des plus pénibles pour les pilotes F1

La semaine ayant séparé les courses de Suzuka et de Sotchi a été des plus pénibles pour les pilotes F1. Pourtant, le GP de Russie marquait un évènement dans le petit monde de la F1 en ce sens que nombreux étaient les acteurs de la grille à attendre avec impatience la venue du sport sur ces terres prometteuses d’un point de vue commercial. Par ailleurs, la découverte d’un nouveau tracé et d’un nouvel environnement est toujours excitante pour les pilotes. Seule une minorité avait pu découvrir le tracé sur simulateur, et le sentiment général après le weekend de GP est que le circuit offre en réalité un challenge plus intéressant que sur le papier, malgré une donne pneumatique moyennement appropriée cette année.

Pour Jean-Eric Vergne, une grande partie du weekend fut consacrée à témoigner de son respect pour son camarade Jules Bianchi. C’est par exemple sous son impulsion que le paddock a unanimement adopté l’autocollant ‘Tous avec Jules’ sur les casques et les autos. Dans la gravité de l’atmosphère, JEV reconnait que reprendre le volant rapidement était finalement la meilleure chose à faire pour se changer les idées.

"Oui, il a été plus facile de piloter et de se concentrer sur quelque chose d’autre", admet-il. "Je suis sûr que ça a été bon pour nous tous. Il y a eu des discussions [entre pilotes] ; bien entendu rien qui ne peut ramener à une situation normale pour Jules, mais ce genre d’incidents ne devrait pas se produire. Tout le monde travaille dur pour essayer d’améliorer les choses".

"C'est ce que j'ai fait toute ma vie"

Gravement accidenté en 2009, Felipe Massa a été le seul à reconnaitre que l’idée de remettre en question la course automobile lui avait traversé l’esprit, avant d’arriver à la conclusion que la meilleure chose à faire demeurait de monter dans son auto de façon professionnelle, sans se laisser gagner par le doute ou les émotions. Vergne n’a pas non plus été jusqu’à penser à raccrocher les gants.

"Non, pas vraiment. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent, mais la course est ma passion. C’est ce que j’ai fait toute ma vie, et c’est ce que je continuerai à faire car je ne peux rien considérer d’autre.

Mais le manque de motivation… A se demander pourquoi l’on se bat pour le dernier dixième en qualifications, ou pourquoi essayer de freiner 5 mètres plus tard et d’essayer de dépasser un gars, alors que votre ami est à l’hôpital entre la vie et la mort… La seule réponse que j’ai trouvée est : ne fais pas cette course pour toi ou pour l’équipe, fais-la juste pour lui. De cette façon, on trouve la motivation".

Une fois le casque remis sur la tête, les pilotes ne font de nouveau plus qu’un avec leur auto et les réflexes reviennent au galop. "Oui, absolument. Clairement. Je veux dire, je suis plus motivé que jamais pour afficher de bons résultats et de solides performances".

Sportivement, le weekend avait bien débuté, avec des qualifications encourageantes, en dépit d’une certaine déception en constatant que son équipier Kvyat frappait fort avec la 5ème place sur la grille.

Par la suite, la course fut inhabituelle pour tous, et trouver le rythme avec une faible dégradation des gommes et la nécessité d’économiser du carburant rendit le fil du GP relativement monotone. JEV a achevé le GP en dehors des points, comme son équipier, mais a ramené la voiture au bercail, et peut désormais faire le vide pendant la pause bienvenue attendant les pilotes avant la manche d’Austin, à la fin du mois.

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Felipe Massa , Jules Bianchi , Jean-Éric Vergne
Type d'article Actualités