Verstappen : Red Bull ne doit pas suivre le même chemin que BMW

Max Verstappen exhorte Red Bull à poursuivre le développement de la RB16B pour ne pas perdre le titre 2021 face à Mercedes en se concentrant sur la monoplace de l'an prochain.

Verstappen : Red Bull ne doit pas suivre le même chemin que BMW

En 2022, la Formule 1 introduira un tout nouveau Règlement Technique, changeant de manière radicale le profil des monoplaces. Ainsi, la hiérarchie vue en catégorie reine depuis le début de l'ère hybride pourrait être totalement bouleversée, comme lors de précédentes révolutions techniques dans l'Histoire de la F1. Les enjeux pour 2022 sont donc énormes, et les équipes sont bien conscientes qu'il y a un train à ne surtout pas rater : tout retard pris dans le développement de la monoplace de l'an prochain se paiera au centuple.

Certaines structures n'ont pas attendu les premiers Grands Prix de la saison pour concentrer leurs forces sur 2022. C'est le cas de Haas, par exemple, qui a révélé en début d'année ne pas faire évoluer la VF-21. En revanche, les équipes se battant pour des positions plus prestigieuses sont dans l'obligation de poursuivre le développement de leurs machines afin de rester dans la lutte jusqu'au terme de la saison, ou du moins le plus longtemps possible.

Red Bull est dans cette position délicate, l'écurie menant les classements des pilotes et des constructeurs pour la première fois depuis 2013. Rapidement viendra le moment où Milton Keynes concentrera son effort sur 2022, cependant Max Verstappen exhorte son équipe à ne pas prendre cette décision trop tôt dans l'année afin de ne pas voir Mercedes les coiffer au poteau.

"Nous devons simplement continuer à attaquer, nous devons continuer à apporter de nouvelles pièces sur la voiture", confie-t-il, interrogé par Motorsport.com. "Si nous continuons à le faire, si nous continuons à apprendre de nos erreurs, alors je suis sûr que nous vivrons une très belle saison. Tant que nous avons nos chances de gagner ce championnat, je pense que nous ne devrions pas laisser tomber. Bien sûr, c'est difficile, cette année est plus délicate, mais on ne sait jamais. Quand une chance se présente, on la saisit."

Les commentaires de Verstappen rappellent la saison 2008 de BMW-Sauber. La victoire de Robert Kubica au Grand Prix du Canada avait propulsé le pilote polonais à la première place du championnat et son équipe était revenue à trois unités du leader, Ferrari. Cependant, il a été décidé peu après de stopper le développement de la F1.08 pour se concentrer sur le nouveau Règlement Technique de 2009. L'issue, nous la connaissons tous : la monoplace de BMW fut surclassée par les Ferrari et les McLaren en deuxième partie de saison, la F1.09 de 2009 fut l'une des plus mauvaises voitures du plateau et BMW se retira à la fin de cette même année en raison de la crise économique, sans avoir décroché le moindre titre.

Leader en juin, Robert Kubica comptait 23 points de retard sur Lewis Hamilton, Champion du monde, fin 2008.

Leader en juin, Robert Kubica comptait 23 points de retard sur Lewis Hamilton, Champion du monde, fin 2008.

Récemment interrogé par Motorsport.com à ce sujet, Robert Kubica n'a pas caché sa déception, évoquant ses "regrets" face à la décision de son équipe l'ayant empêché de se battre pour le titre mondial. Conscient de l'échec de BMW, Verstappen répond : "C'est pour ça qu'il faut continuer à aller de l'avant. Je pense que nous avons assez de bonnes personnes dans l'équipe pour que la voiture de l'année prochaine soit également performante."

"J'ai entendu une équipe dire que nous faisions le plus d'erreurs. Clairement, je ne pense pas que ce soit le cas. Bien sûr, personne n'est parfait, tout le monde fait des erreurs. Mais jusqu'à présent, je pense que nous avons fait le moins d'erreurs dans la lutte pour le titre. J'ai énormément confiance en l'équipe. À chaque fois que j'entre dans la voie des stands, je sais que dans 99,9% des cas, j'aurai un super arrêt. Et c'est aussi très agréable d'entrer dans la pitlane et de pouvoir faire confiance aux gars."

Lire aussi :

Verstappen s'attend à un retour de Mercedes 

Les performances de Mercedes n'ont cessé de fluctuer cette année. Lors des essais de pré-saison, l'écurie allemande a particulièrement souffert en raison des nouvelles règles autour du fond plat et du train arrière avant de redresser la barre dès le Grand Prix de Bahreïn, en lever de rideau. Aujourd'hui, les Flèches Noires de Lewis Hamilton et Valtteri Bottas traversent encore une passe difficile. Les circuits urbains de Monaco et Bakou n'ont pas mis la W12 en valeur et Mercedes n'a récolté que sept points contre 62 pour Red Bull.

Au classement général, la moisson de l'écurie au taureau rouge lui a permis de prendre les rênes et de reléguer son grand rival à 26 unités. Néanmoins, Max Verstappen n'est pas comblé par cette performance. Victime d'une crevaison en Azerbaïdjan, le Néerlandais espérait creuser un écart plus important et s'attend désormais à assister au retour de Mercedes au premier plan dès que le paddock posera ses valises sur "des circuits normaux", loin de la loterie que peuvent offrir des tracés en ville. 

"C'est encore plus décevant parce que je ne m'attends pas à ce que des courses où nous gagnons facilement 25 points arrivent si souvent", regrette-t-il. "Lorsque nous irons sur des circuits normaux, Mercedes sera de retour et la lutte sera vraiment difficile. Nous aurions dû creuser un écart plus important au championnat [au GP d'Azerbaïdjan]. Nous aurions dû gagner confortablement. Sur les circuits urbains, il semble que nous ayons l'avantage sur les Mercedes, ce qui est super. Mais c'est aussi pourquoi je voulais les surclasser davantage, car je sais que lorsque nous retournerons sur les circuits normaux, ils seront très performants et très durs à battre."

Propos recueillis par Adam Cooper

partages
commentaires

Related video

Bouton magique : Mercedes et Hamilton partagent la responsabilité
Article précédent

Bouton magique : Mercedes et Hamilton partagent la responsabilité

Article suivant

Mercedes : le choix d'aileron arrière revient aux pilotes

Mercedes : le choix d'aileron arrière revient aux pilotes
Charger les commentaires