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Vettel : "Mon objectif reste le même : gagner avec Ferrari"

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Vettel : "Mon objectif reste le même : gagner avec Ferrari"
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18 mars 2020 à 08:00

Bien qu'il ne le dise pas ouvertement, le champion allemand laisse entendre qu'il veut rester chez Ferrari, sans nourrir l'obsession de décrocher un contrat pharaonique. "À un certain moment, l'argent cesse d'être la chose la plus importante, mais il demeure l'envie de prendre du plaisir dans ce que l'on fait", décrit-il.

Sebastian Vettel a aujourd'hui un seul objectif : rester chez Ferrari jusque fin 2022. Soyons clairs, il ne le dit pas, et probablement ne le dira-t-il jamais en public, cependant il n'y a pas besoin d'être psychologue comportemental pour le comprendre. L'aventure de Vettel en rouge a encore besoin d'un épilogue, et le pilote allemand croit encore fermement qu'il parviendra à écrire celui dont il rêve depuis tellement longtemps, depuis qu'à l'automne 2014 il a signé son premier contrat avec Ferrari.

Si ce n'était pas le cas, s'il avait mis de côté ce rêve réalisé précédemment par son idole, Michael Schumacher, il ne trépignerait pas à l'idée de renouveler son contrat. Il regarderait quelles seraient ses options et tenterait de réaliser un gros coup sur le plan financier en rejoignant un autre camp, mais ce n'est pas le cas : après cinq années qui se sont pourtant moins bien passées que prévu, quitter le Cheval Cabré il n'y pense même pas.

Après avoir évoqué avec nous la situation compliquée d'un Grand Prix d'Australie confronté au coronavirus, voici la seconde partie de l'interview que Sebastian Vettel a accordée à Motorsport.com à Melbourne : il y parle d'avenir, plus à long terme qu'à court terme, de son envie de gagner, de l'argent, de la motivation et du temps, une variable importante dans le choix qu'il va faire.

Je ne veux pas vous demander ce que vous ferez l'année prochaine, d'autant que vous ne me répondriez pas. Mais j'aimerais comprendre si vous avez pensé à votre carrière sur le long terme, à ce que vous ferez par exemple ces cinq prochaines années…

Oui, j'y ai pensé et j'y pense encore, bien entendu. Il y a quelque chose que j'ai en tête, et puis je suis réaliste : je ne veux pas rester en Formule 1 pour encore dix ans.

Attention, Kimi Räikkönen est encore là et si l'on nous avait dit il y a dix ans qu'il y aurait eu un pilote de 40 ans, il est probablement le dernier auquel nous aurions pensé…

Oui, c'est vraiment une surprise. Mais ce que je veux dire c'est que nous, les sportifs, nous avons un temps limité. Que l'on fasse du foot ou du tennis, que l'on pilote n'importe quelle auto de course ou que l'on navigue dans l'Americas Cup, on sait bien que l'on n'a qu'un nombre limité d'années pour le faire. Dans certains sports, la carrière est plus courte par la force des choses et dans d'autres elle est un peu plus longue, mais avant même de commencer on sait que le temps est compté, même si on n'y pense peut-être pas quand on est jeune. Peut-être que la seule carrière qui n'a pas ces limites c'est celle des joueurs d'échecs, car ce qui compte c'est la tête. Mais, si l'on est cycliste, on a beau avoir une tête brillante, si les jambes commencent à ne pas répondre à ce qu'on leur dit de faire la situation change.

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Quand avez-vous commencé à penser à cet aspect ?

C'est quelque chose auquel on commence [à penser] peu à peu. À 20 ans, ce n'est pas naturel de se concentrer sur une situation que l'on sait distante, puis quand on passe les 30 ans on commence à se demander : 'Où serai-je dans dix ans ?' C'est une sensation étrange, on commence à prendre conscience en cours de route que ce que l'on fait on ne le fera pas pour toujours, même si on aimerait que ce soit le cas.

Je serais stupide d'ignorer cet aspect, mais cela ne signifie pas que je me réveille chaque jour en me demandant ce que je ferai ces cinq prochaines années. Je suis détendu sur ce point, parce que je crois que je suis dans une situation très chanceuse, qui me permettra d'essayer de faire beaucoup de choses le jour où je déciderai d'arrêter de courir en F1. Peut-être que je resterai dans les courses, que je courrai ailleurs, peut-être que je ferai quelque chose de différent en sport auto ou que je serai impliqué dans un tout autre contexte, en dehors de ce monde-ci.

Un nouveau défi ?

Oui, un nouveau défi. J'ai quelques idées, mais je n'ai pas encore décidé. Mais aujourd'hui je suis encore en Formule 1.

Quand vous êtes arrivé chez Ferrari il y a cinq ans, votre objectif était de revenir au top avec cette équipe. Avez-vous toujours la même ambition qu'en 2015 ?

Eh bien, mon objectif est toujours le même, parce que nous ne l'avons pas encore atteint. Mercedes nous a battus ces dernières années, alors la mission reste la même. Nous avons disputé de nombreuses courses, je crois qu'il y a eu de grands moments mais aussi des journées moins bonnes, cependant comme je l'ai dit l'objectif reste le même, il est toujours là : mon objectif est de gagner avec Ferrari.

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Pour le moment, seuls Leclerc, Ocon et Verstappen ont un contrat signé pour 2021, j'imagine donc que l'on va beaucoup parler de marché des transferts cette saison. Sur le plan des salaires, les pilotes sont en bagarre comme ils le sont en piste, mais je ne crois pas qu'il s'agisse uniquement d'une question d'argent. Pour Ayrton Senna, par exemple, le fait d'être le mieux payé dans le paddock devenait une reconnaissance de son talent. Vous, comment voyez-vous les choses ?

Vous savez, ça dépend de ce qui est vraiment important pour vous, de ce qui vous guide dans vos décisions. Je ne veux pointer du doigt personne, soyons bien clair : si l'argent vous motive, alors battez-vous pour cela ; il y a beaucoup de sportifs et d'hommes d'affaires qui sont poussés par le gain. Je pense que la vraie question à se poser est : quand l'argent devient-il suffisant ?

Vous voulez dire : quand peut-on se permettre de ne plus y penser ?

Ce n'est pas seulement un aspect qui concerne la Formule 1. Ici, nous sommes un 'circus' qui s'est un peu perdu, énormément d'argent circule et l'argent tend à abîmer les gens. Et nous en revenons à ce que j'ai dit précédemment : il faut voir où se situe votre limite. À un certain moment, l'argent cesse d'être la chose la plus importante, mais il demeure l'envie de prendre du plaisir dans ce que l'on fait. Notre travail, peu de personnes parviennent à le faire, et je crois que nous tous qui avons un casque et une combinaison devrions toujours montrer que nous apprécions de le faire, nous devrions être heureux en le faisant, profiter de ce temps dont nous venons de dire qu'il n'est pas infini. Pour moi, c'est la clé.

Pouvez-vous imaginer une équipe de milieu de grille avec les mêmes motivations et la même passion ?

Je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre à cette question. Je ne le sais vraiment pas. Quand je me trouvais en milieu de grille, j'étais au début de ma carrière en Formule 1, avec Toro Rosso puis peu après chez Red Bull, même si nous avons vite grimpé. Chez Toro Rosso, pendant la première année [en 2007, ndlr] nous nous battions pour la 17e ou la 15e place, j'avais comme coéquipier Vitantonio Liuzzi et nous n'étions pas assez compétitifs. L'année suivante a été incroyable : nous étions en mesure de nous battre pour la 12e place, puis pour la dixième et à la fin de la saison nous étions tout le temps dans le top 10.

Tout est donc relatif : en réalité, ce qui compte c'est le rapport entre les résultats et les objectifs que l'on s'est fixés la veille...

Oui, cela dépend de la situation : quand on commence à se battre pour le top 10, se retrouver parmi les cinq premiers est enthousiasmant, mais quand on passe dix ans dans le top 5 et qu'ensuite on se retrouve 15e, les sensations ne peuvent pas être les mêmes. Il est évident que si l'on se retrouve 15e après avoir passé beaucoup de temps à la 18e place, on a l'impression d'avoir réalisé la plus belle chose au monde. Je ne pense pas que l'on puisse faire semblant de quoi que ce soit par rapport à son propre passé, je crois que quand on a beaucoup gagné on veut gagner encore. Regardez Kimi, par exemple : maintenant il ne peut clairement pas se battre pour la victoire. Je pense qu'il aimerait le faire, s'il pouvait choisir. Mais au final, si vous êtes poussé par la passion, vous trouvez des satisfactions et vous pouvez aussi vous amuser en pilotant et en courant seul.

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Auteur Roberto Chinchero