Wolff préconise un roulement face au calendrier de 23 GP

Le calendrier de Formule 1 toujours plus chargé ne fait pas que des heureux dans le paddock, c'est le moins que l'on puisse dire. Toto Wolff a toutefois une idée pour y remédier.

Wolff préconise un roulement face au calendrier de 23 GP

Si le calendrier de la saison 2022 de Formule 1 demeure inconnu, l'on sait désormais qu'il sera composé de 23 courses, sous réserve de l'évolution de la pandémie de COVID-19 bien évidemment. On retrouvera notamment des triple-headers, ces fameuses séries de trois Grands Prix consécutifs qui s'avèrent éprouvantes pour le personnel des écuries, en particulier lorsque ces courses ont lieu dans des régions très différentes : le calendrier 2021 initial incluait une série Russie-Singapour-Japon redoutée.

Plusieurs directeurs d'équipe se sont déjà exprimés défavorablement à une telle évolution. "Le plus important, de mon point de vue, est évidemment que nous n'augmentions pas davantage le nombre de courses par an, car je pense que ce que nous avons en place actuellement est déjà un trop lourd fardeau pour notre personnel", déclarait Andreas Seidl le mois dernier à Monza, lui qui gère l'écurie McLaren. "Et un autre sujet important est aussi le nombre de triple-headers. De mon point de vue, nous devrions les éviter complètement, là encore afin de réduire le fardeau pour notre personnel."

À la tête de l'écurie Haas, Günther Steiner révélait au même moment avoir fait part de son opinion au PDG de la Formule 1, Stefano Domenicali, et paraissait optimiste quant à la suite des événements : "Je lui en ai parlé quelques fois, et il est d'accord sur le fait que ce serait peut-être mieux d'avoir plus de double-headers au lieu de triple-headers et de courses seules. Tout le monde sait que les triple-headers sont très exigeants pour le personnel, et on le sent à nouveau ici. C'est la troisième course d'affilée, et c'est assez dur à faire. Avant d'avoir le calendrier, je ne sais pas ce qui va se passer mais je pense que l'objectif sera d'avoir le moins de triple-headers possible. Les triple-headers ne deviendront pas la norme en F1."

Manifestement, c'est raté. La saison 2022 de Formule 1 sera bel et bien composée de 23 Grands Prix entre mi-mars et mi-novembre – en l'espace de huit mois, dont quatre semaines de trêve estivale. Les triple-headers sont donc quasiment inévitables, et il devrait y en avoir plusieurs. Pour Toto Wolff, la solution est simple : un roulement des ingénieurs et mécaniciens notamment, afin que chacun fasse seulement 18 courses dans l'année.

"Je pense qu'autant que nous voulons courir autour du globe et fournir un superbe spectacle dans de très belles destinations en assurant le développement de la F1 en matière d'audience, d'empreinte et de revenus commerciaux, autant nous devons voir l'impact que cela a sur le personnel", assure le directeur de Mercedes AMG F1 auprès de Motorsport.com. "Vingt-trois courses, avec des triple-headers, ça laisse des traces."

Toto Wolff, Team Principal et PDG, Mercedes AMG, avec des membres de Mercedes dans leur garage

"On peut adopter la mentalité à l'ancienne et dire : 'Estimez-vous heureux d'être en Formule 1, et si vous ne supportez pas ça, faites autre chose', ce qui est totalement contraire à la manière dont je fonctionne. Nous devons créer un environnement où cela devient viable. Nous ne voulons pas réduire le nombre de courses, je suis absolument d'accord avec Stefano [Domenicali] de ce côté-là."

"Sur 23 courses, pouvoir en enlever cinq fait une énorme différence pour chaque personne en F1. Nous devons établir une sorte d'environnement réglementaire et dire sur combien de courses quelqu'un peut se rendre, pour avoir un quota et un roulement." Une solution qui permettrait, selon Wolff, de promouvoir des jeunes sur les Grands Prix.

Reste à savoir si cela satisfera le personnel des écuries et même les pilotes, par exemple un Sebastian Vettel qui ne manque pas de manifester son inquiétude pour ses collègues vis-à-vis de ce programme chargé.

"Nous pilotes sommes du bon côté des choses, nous pouvons arriver le mercredi soir et repartir le dimanche soir si nous trouvons un vol", souligne le quadruple Champion du monde. "Mais l'équipe a déjà beaucoup plus de stress, elle est arrivée le lundi voire le samedi précédent, elle a construit le garage, préparé les voitures, et il faut aussi qu'elle effectue la semaine entière avant de tout démonter, ranger et renvoyer à l'usine pour les préparatifs suivants. Pour eux, en somme, c'est un travail qui occupe tous les jours de la semaine et quasiment tous les week-ends, donc on n'a pas de temps pour soi."

"Et à un moment où les gens sont de plus en plus conscients qu'ils ont une vie à côté, et que cette vie n'appartient pas à leur employeur, je trouve ça critique que nous continuions à avoir de plus en plus de courses. Bref, je ne suis pas aux commandes, et il y a évidemment d'autres intérêts, tout en assurant que les gens aient un équilibre entre leur vie à la maison et le temps passé en déplacement. Mais je pense que le nombre de courses devrait être viable afin d'entretenir la passion pendant de nombreuses années et de ne pas être lessivé au bout de deux ou trois ans."

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