Tsunoda : "J'étais hors de contrôle à Barcelone"

Prompt à faire son autocritique, Yuki Tsunoda reconnaît être allé trop loin dans ses récents messages radio.

Tsunoda : "J'étais hors de contrôle à Barcelone"

"Elle est impossible, cette voiture !" s'est-il plaint en Essais Libres 3. "Je n'arrive pas à croire cette putain de voiture !" s'est-il exclamé après son élimination en Q1. Yuki Tsunoda n'avait pas sa langue dans sa poche à Barcelone, et c'était loin d'être une exception. Depuis le début de la saison, le rookie se fait remarquer par ses messages radio agressifs, au point de se faire réprimander par son équipe.

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Avec un peu de recul, à la suite de cinq premiers Grands Prix difficiles, Tsunoda est toutefois déterminé à revoir son approche, lui qui a notamment critiqué le timing des interventions de son ingénieur de course Mattia Spini. "Même moi, je ne sais pas pourquoi je m'enflamme", confie-t-il dans le podcast Beyond The Grid. "Peut-être que j'aime vraiment faire un tour tout seul, je ne veux pas être perturbé dans mon tour d'attaque, surtout s'il est très bon. Je pense que la plupart des pilotes ont le même sentiment. Bref, je pense que me contrôler est désormais le sujet principal pour moi, à 100%."

"Surtout à Barcelone, j'étais complètement hors de contrôle. Je ne sais pas pourquoi, ce n'était pas nécessaire, mais j'ai appuyé sur le bouton de la radio et j'ai simplement crié [sur l'équipe]. C'est vraiment ma faiblesse et il faut que je m'améliore un peu de ce côté-là, sur les communications radio. C'est le plus important en Formule 1. Rien ne sert de crier à la radio : si on veut avoir quelque chose, des conseils, il faut juste être vraiment calme et dire quel est le problème et ce qui limite la voiture. Avec du calme, ils vont apporter leur soutien. Mais si on ne fait que crier, ils ne peuvent rien faire."

Yuki Tsunoda, AlphaTauri AT02

Il est important pour Tsunoda, qui n'a marqué que deux points depuis le début de la saison, de montrer un bon état d'esprit et une capacité à apprendre de ses erreurs, afin de convaincre ses dirigeants qu'il mérite de poursuivre sa carrière ; on sait à quel point Red Bull peut être impitoyable avec ses pilotes. Parmi ces dirigeants, on retrouve notamment Franz Tost, directeur de la Scuderia AlphaTauri, qui n'a pas de réel pouvoir décisionnaire sur la constitution de son duo de pilotes, et Helmut Marko, conseiller sportif de Red Bull et pierre angulaire des écuries au taureau. Deux personnages aux antipodes l'un de l'autre.

"[Tost] est vraiment calme. Et il soutient toujours les pilotes, je pense", analyse Tsunoda. "Surtout qu'il est en Formule 1 depuis de nombreuses années et a formé beaucoup de pilotes, surtout des rookies. Il a partagé cette expérience du passé. Par exemple, il connaît bien Sebastian Vettel, il a vu directement comment ce pilote est parvenu à atteindre le succès. Il ne me force donc pas à être comme ceci ou comme cela. Il essaie simplement de me donner des conseils."

"Même après Imola [où Tsunoda a eu un accident en Q1, ndlr], il a rigolé. Pas d'une mauvaise manière mais du genre 'ça arrive', ou 'je pense que tu attaques trop'. Il n'a pas dit 'qu'as-tu fait ?' ni 'c'est quoi, ces erreurs ?'. Même après Barcelone, où j'ai dit cette très mauvaise chose à la radio, même là il a dit 'ne t'inquiète pas pour la radio, la radio ce n'est presque rien, concentre-toi sur ton pilotage et parle du problème à ton ingénieur', et 'il faut que tu fasses faire à la voiture ce que tu veux', vous savez ?"

"Il est vraiment gentil avec moi ; il peut aussi être strict parfois, mais d'une bonne manière. Par exemple, l'entraînement. Je crois qu'il aime vraiment ça. À Bahreïn, je l'ai vu arriver vers six heures du matin. Il est allé se changer à l'hôtel et est parti courir à la plage, pendant une heure et demie environ, avant de refaire une séance à la salle de sport. Il y a passé quasiment trois ou quatre heures. Il est presque un athlète. Oui, il est vraiment un athlète. Bref, vous savez, il sait comment rendre un pilote bon. Il gère le pilote, il n'est pas qu'un directeur d'équipe : il essaie de gérer la mentalité du pilote. Je pense donc qu'il est un très bon directeur d'équipe. Pour moi, il n'est vraiment pas que ça, il est comme un partenaire."

Franz Tost, Team Principal, AlphaTauri parle avec Yuki Tsunoda, Honda Formula Dream Project dans le garage

Marko, en revanche, "est vraiment l'opposé de Franz", ajoute le Japonais. "Il est plus autoritaire. Surtout à Monaco, je suis complètement d'accord avec ce qu'il vous a dit [aux médias], il m'avait dit de ne pas avoir d'accident en essais libres et j'en ai eu un. Forcément, il n'était pas content. Il pousse les pilotes dans leurs retranchements."

"Il a toujours été comme ça, même en Formule 2. Mon début de saison en F2 avait été vraiment difficile, et il me poussait. Par exemple, en Formule 2, mon objectif était d'obtenir des points de Super Licence. Et pour avoir les points de Super Licence [nécessaires pour aller en F1], il fallait que je sois quatrième du championnat des pilotes. Et au début de l'année, c'était presque impossible, je n'étais nulle part, 12e ou 13e [12e à l'issue des six premières courses, puis troisième à la fin de la saison, ndlr]. Et il n'était pas content, c'était 'obtiens une Super Licence sinon…'. Vous pouvez l'imaginer, je présume. Il fait un peu peur. Mais nous ne parlons pas que de course, parfois d'autres choses."

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