Rétro WSR - Giedo van der Garde et son parcours sinueux

Épreuve reine des World Series by Renault, le championnat de Formule Renault 3.5 a vu le jour en 2005 et s’est imposé depuis comme l’une des voies d’accès privilégiées à la Formule 1. Plus abordable financièrement que le GP2, la catégorie phare du Losange a vu quantité de jeunes pousses talentueuses affûter leurs armes avant d’effectuer le grand saut vers le pinacle du sport automobile. Dix ans plus tard, retour sur le parcours des dix pilotes sacrés dans la catégorie.

2008 - Giedo van der Garde

Sa carrière en Formule Un a débuté sur un litige, elle s’est conclue devant les tribunaux. Entre-temps, Giedo van der Garde a usé ses fonds de combi en GP2 quatre saisons durant. Et trouvé le temps de gagner un titre en Formule Renault 3.5. Retour sur un parcours sinueux.

Curieuse trajectoire que celle du jeune Giedo van der Garde. Annoncé comme troisième pilote Super Aguri fin 2006, le Néerlandais rejoint Spyker en qualité de réserviste le 1er février 2007, un jour à peine après avoir effectué ses premiers tours de roue avec l’écurie japonaise à Valence.

"C’est une grande fierté pour moi d’avoir été choisi pour véritablement lancer ma carrière en Formule 1 avec l’écurie hollandaise Spyker," déclare l’intéressé à l’époque. "J’ai beaucoup à apprendre mais cette chance m’offre tout ce dont j’ai besoin". Super Aguri doit apprécier.

En parallèle de ses tribulations dans la catégorie reine, Giedo dispute également le championnat de Formule Renault 3.5 où il signe des débuts solides à défaut d’être spectaculaires.

Pour sa seconde saison à ce niveau, le Batave frappe fort d’emblée. À Monza, théâtre de l’épreuve d’ouverture 2008, van der Garde enlève la pole position, s’impose dans les deux manches, et parachève son week-end quasi-parfait avec un meilleur tour en course le dimanche. Installé en tête du classement, Giedo ne lâchera plus les commandes et décrochera trois autres victoires pour sceller le titre avant même l’ultime rendez-vous de la saison.

Quatre saisons en GP2, pas de titre

Tout comme son prédécesseur Parente, Giedo grimpe à l’échelon suivant en 2009 pour une première campagne en GP2. Après des débuts timides, le Néerlandais hausse le rythme en deuxième moitié de saison et signe trois succès. Initialement conçu comme un tremplin vers la Formule Un, le GP2 tend à accueillir un nombre croissant de redoublants dont Giedo, qui traîne ses guêtres dans le championnat au cours de trois nouvelles saisons. Toujours placé, rarement gagnant, van der Garde parvient tout de même à rester sur le radar des écuries de F1 – merci au soutien de McGregor! – et rejoint finalement le Caterham F1 Team en tant que réserviste début 2012.

À 27 ans, le Néerlandais obtient la promotion tant attendue l’année suivante lorsqu’il est titularisé aux côtés de Charles Pic, toujours chez Caterham. Si le Français domine Giedo durant la première partie de saison, van der Garde inverse progressivement la tendance pour finalement faire jeu égal avec son coéquipier, pourtant plus expérimenté. Le "débutant" a par ailleurs la bonne idée de s’illustrer à Monaco et Spa, deux rendez-vous incontournables où Giedo se hisse en Q2 au volant de sa modeste CT03.

Dossier - Les anciens pilotes Caterham - Giedo van der Garde

Procès contre Sauber

En 2014, van der Garde trouve refuge chez Sauber et endosse un rôle qu’il connaît parfaitement : celui de troisième pilote. Le Néerlandais pense avoir décroché la timbale au cours de l’été mais tombe de son baquet lorsque l’écurie helvète révèle début novembre l’identité de son duo 2015 – Marcus Ericsson et Felipe Nasr –, laissant ainsi Giedo au bord des circuits.

Pas démonté pour un sou, le Batave mène dans un premier temps sa barque loin du tumulte médiatique. Avant de porter l’estocade quelques jours avant le début de la saison lorsqu’il engage une action en justice contre Sauber et exige de prendre part au Grand Prix d’Australie. Malaise à Melbourne où les deux parties se retrouvent devant la Cour Suprême de l’État de Victoria. Le Juge Clyde Croft donne raison à van der Garde, qui, du coup, se pointe dans le paddock avec la combinaison d’Ericsson sur le dos le jour des premiers essais libres. Les palabres n’en sont pas finies pour autant, si bien que les deux C34 restent confinées dans le garage Sauber lors des EL1.

Galerie - Toutes les photos de Giedo van der Garde

Les deux camps parviennent finalement à trouver un accord moyennant espèces sonnantes et trébuchantes – on parle de 15 millions d’euros tout de même –, mais Giedo remet une dernière couche en s’épanchant sur sa page Facebook.

"On m’a enlevé mon rêve," écrit-t-il. "J’espère que mon cas servira d’exemple pour illustrer ce qui doit changer, et que de nouvelles règles seront mises en place afin de protéger les droits des pilotes". Il en profite également pour proposer ses services en WEC et aux 24 Heures du Mans (uniquement en LMP1, il ne faudrait pas pousser), ainsi qu’en DTM.

Une dizaine de jours après l’Australie, van der Garde, décidément actif sur les réseaux sociaux, publie une photo du meeting d’ouverture de la saison 2008 de FR 3.5 à Monza. Celui qui avait si bien lancé sa campagne vers les cimes du championnat cette année-là. À l’heure où sa carrière en monoplaces semble atteindre son crépuscule, Giedo serait-il épris de nostalgie?

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Séries Formula V8 3.5
Pilotes Giedo van der Garde
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