Rétro WSR - Robin Frijns, un talent gâché?

Épreuve reine des World Series by Renault, le championnat de Formule Renault 3.5 a vu le jour en 2005 et s’est imposé depuis comme l’une des voies d’accès privilégiées à la Formule 1.

Plus abordable financièrement que le GP2, la catégorie phare du Losange a vu quantité de jeunes pousses talentueuses affûter leurs armes avant d’effectuer le grand saut vers le pinacle du sport automobile. Dix ans plus tard, retour sur le parcours de l'un des onze pilotes sacrés dans la catégorie.

2012 - Robin Frijns

En 2011, Robin Frijns remporte le très relevé championnat d’Eurocup 2.0 dès sa première saison dans la catégorie. Rebelote à l’échelon supérieur lorsqu’il est couronné champion de Formule Renault 3.5 la saison suivante. Et pourtant, le Néerlandais n’a toujours pas disputé de Grand Prix en F1… Retour sur l’un des grands oubliés de ces dernières années.

Motorland Aragón, 2012. La manche d’ouverture de la huitième saison de Formule Renault 3.5 marque une étape importante dans l'histoire de Renault Sport Technologies. Après une longue phase d'étude, une campagne de développement poussée, la fabrication puis la livraison aux treize équipes, et enfin les premiers essais collectifs, la nouvelle monoplace Dallara prend place sur les grilles de départ des World Series by Renault.

Au terme de la course 1, s’il n’est pas le premier à s’imposer à son volant, Robin Frijns se signale toutefois en signant le meilleur tour en course et en se hissant sur la troisième marche du podium. Il faudra simplement attendre le lendemain pour que le rookie du team Fortec Motorsports n’ouvre son compteur de victoires.

Frijns remporte le titre dans une manœuvre polémique

Il en totalisera trois, quelques mois plus tard, lorsque le rideau s’abaissera sur la saison du Hollandais, ponctuée de huit podiums, quatre pole positions et un meilleur tour en course. Ils étaient pourtant nombreux, cette année encore, à briguer le titre. Jules Bianchi, Sam Bird, António Félix da Costa, Nick Yelloly, Marco Sørensen, Arthur Pic… Mais pour quatre petits points face à Bianchi, au terme d’une finale grandiose mais polémique à Barcelone, la couronne revient à Frijns.

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Dépassé par le Français au prix d’une manœuvre pleine de culot lors de l’ultime course de la saison, le Néerlandais réplique quatre virages plus loin mais heurte la monoplace du pilote Tech1 Racing, qui termine sa course dans le gravier. Les commissaires de course délibèrent pendant plusieurs heures après l’incident pour n’adresser finalement qu’une pénalité de 25 secondes à Frijns. Le Batave devient ainsi, après Robert Kubica en 2005, le premier pilote à inscrire son nom au palmarès de la 3.5 dès sa première participation.

Pilote de réserve Sauber...

"Maintenant mon objectif, c’est la Formule 1," annonce Frijns. "Rien n'est gagné et rien n'est facile dans ce monde, même avec trois titres de suite. Mais nous y travaillons." À 21 ans, les portes de la catégorie reine s’ouvrent effectivement à lui lorsqu’il est annoncé pilote de réserve chez Sauber pour 2013. Mais comme son contrat ne débute qu’en décembre, il participe – c’est la tradition – aux essais jeunes pilotes à Abou Dhabi avec Red Bull Racing en récompense de son sacre.

Pour compléter ce programme avec Sauber, Frijns se présente sur les grilles de départs des GP2 Series dans le baquet d’une monoplace de Hilmer, structure nouvellement inscrite au championnat. Faute de budget, il ne pourra conclure sa campagne malgré des performances plus que prometteuses, notamment une victoire dès son deuxième week-end de compétition. "Ils voulaient un pilote rapide, je l’ai été, mais dès lors que je n’avais plus d’argent pour courir, ils ont pris quelqu’un d’autre," regrette-t-il.

.... puis Caterham, sans débouchés.

Du côté de la F1, sa contribution ne dépasse pas le stade du titre de pilote de réserve qui lui est attribué. Caterham, qui a décelé ses qualités, parvient ainsi à le débaucher pour la saison suivante. Les conditions sont cette fois différentes, car Frijns ne reste pas inactif. "Je suis présent à Melbourne, et auparavant j’ai eu la chance de rouler en essais à Jerez et à Bahreïn. C’est important pour un pilote," confie-t-il en Australie, lors du coup d’envoi. Il participe ensuite aux essais libres des Grands Prix de Bahreïn et de Grande-Bretagne, et alors qu’une opportunité de disputer le dernier meeting à Abou Dhabi se présente à lui, le projet n’aboutit pas.

La fin de l’aventure Caterham, quelques semaines plus tard, met en sommeil ses ambitions d’occuper un baquet de titulaire en F1. Impossible, néanmoins, de continuer au poste de pilote d’essais et de ne pas reprendre contact avec la compétition. Faute de monoplace, et parce qu’il n’est pas « le genre de personne avec lequel il est difficile de travailler », il accepte sans difficulté de partager son volant et se tourne en 2015 vers les courses de GT. Et plus particulièrement vers les Blancpain GT Series où il défend les couleurs du team champion en titre.

Engagé tant sur le front du championnat Sprint que de l’Endurance, il est chargé, dans cette dernière catégorie, de faire débuter la nouvelle arme d’Audi en ouverture de la saison à Monza. Un baptême qui se conclut par un premier podium. Quand on a le talent de Frijns, difficile de rester dans l’ombre trop longtemps.

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