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Le souvenir de Bertrand Fabi, 30 ans après

Pour plusieurs observateurs en 1985, le Sherbrookois Bertrand Fabi était destiné à devenir le prochain Canadien en Formule 1. Mais tragiquement, Fabi a perdu la vie le 22 février 1986, il y de cela 30 ans aujourd'hui.

Le souvenir de Bertrand Fabi, 30 ans après
Bertrand Fabi
Bertrand Fabi
Bertrand Fabi
Bertrand Fabi, vainqueur de la course
Bertrand Fabi
Bertrand Fabi

Bertrand Fabi est né le 21 juin 1961 à Sherbrooke au Québec. Il a eu la piqûre du sport automobile en octobre 1978 quand Gilles Villeneuve a gagné le Grand Prix du Canada à Montréal. La famille Fabi opérait une flotte d’ambulances, et c'est aux commandes d’une d’elles que le jeune Bertrand a réalisé ses premiers exploits au volant.

Fabi, qui n’a jamais couru en karting, a ensuite suivi le cours de pilotage donné par l’école Jim Russell basée au circuit du Mont-Tremblant. Son instructeur était nul autre que Richard Spénard, l'un des meilleurs pilotes au pays.

Bertrand était réellement impressionnant. Il avait un talent phénoménal. Il possédait un excellent contrôle de sa voiture. Il était un bon élève, facile à coacher. Nous sommes vite devenus de très bons amis, très proches”, raconte Spénard à Motorsport.com.

Un mentor

Dans la classe, il y avait un homme d’affaires prospère dans l’assurance de motos, un certain Raymond David. “Raymond et Bertrand ont suivi le même cours de pilotage. Raymond avait beaucoup de sous et voulait faire de la course automobile. Je lui ai suggéré de faire le championnat d’école en Formule 2000. Il a donc affronté Bertrand Fabi en piste. Les deux se sont liés d’amitié. Raymond avait plusieurs bons contacts en Europe, et il a aidé ‘Bert’ dans sa carrière”, poursuit Spénard.

En 1984, Fabi dispute le Championnat canadien de F2000 aux commandes d’une Van Diemen RF84. Sa monture n’est nettement pas la meilleure du lot et Fabi, fort inexpérimenté, sort de piste ou s’accroche avec des rivaux. Il est rapide, mais manque de constance. Lors des finales nationales organisées sur le circuit de Shannonville en Ontario, David prête sa Reynard à Fabi. En 12 tours de piste, Fabi décroche la pole position et gagne facilement la course. Raymond David réalise qu'il a un diamant brut entre les mains

Pour 1985, David explique à Fabi qu’il doit faire un choix. Soit il reste au Canada et dispute une seconde saison en F2000, soit il trouve 50 000$ et va courir en Europe. La somme d’argent est vite trouvée et Fabi quitte le domicile familial.

Fabi dispute d’abord un court championnat hivernal basé à Brands Hatch, le Grandstand Trophy, au sein de l’écurie Penistone Racing. Encore une fois, son inexpérience lui joue de mauvais tours, et il ne récolte qu’une cinquième place comme meilleur résultat.

Quand je suis allé avec lui à Brands Hatch, il roulait en avant du peloton et se battait contre Damon Hill. Il a d’ailleurs sorti Hill de piste, car ce dernier lui avait fait un coup fumant auparavant”, se souvient Spénard.

C’est à ce moment que je l’ai perdu de vue, car je mettais sur pied mon école de pilotage. Raymond David a toutefois passé beaucoup de temps avec lui en Angleterre, et il me parlait souvent de lui au téléphone. Il disait que Bert était vraiment doué. J’ai toujours cru à son grand talent ici, mais avant qu’il se mesure aux meilleurs en Europe, je ne pouvais pas en être sûr à 100%”.

Trois titres en une seule saison

Quelques semaines plus tard, Fabi s’engage en F2000 et commence la saison avec Penistone Racing, mais après quelques manches, il décide de changer d’écurie et se joint à Richard Dutton. Fabi en enfin confiance en lui, et gagne plusieurs courses, en route vers trois titres : champion de F2000 britannique, d’Europe et du Bénélux. À la fin de la saison, Fabi est perçu comme une valeur sûre.

Bert était-il en route vers la F1 ? Oui, il avait des contacts. Raymond [David] était très fort en politique, en négociations. Il m’a confié avoir vu une voie à suivre pour Bertrand. Par exemple à cette époque, Dick Bennetts était très respecté par les patrons d’écuries anglaises de F1. Bertrand aurait pu se rendre en F1”, ajoute Spénard.

Pour la saison 1986, Fabi signe avec West Surrey Racing de Dick Bennetts pour piloter une Ralt RT-30 Volkswagen dans le Championnat britannique de F3. Lors de chaque séance d’essais, le Québécois figure invariablement parmi les plus rapides. Mi-février, la mauvaise météo rend le circuit de Silverstone impraticable. Son équipe décide de se rendre à Goodwood pour y effectuer deux journées de tests.

David Scott, aux commandes d’une Reynard, y a réalisé un temps super rapide. On demande à Bert de ne pas s’en préoccuper, car personne n’est certain de la légalité de la voiture.

Une piste glacée

Fabi roule à l’attaque malgré le mercure qui peine à dépasser le zéro degré. Il stoppe et fait procéder à un ajustement. Il repart, mais il ne reviendra pas. La piste, gelée, et les pneus froids ont peut-être eu raison du Québécois. Bert a perdu de contrôle de sa Ralt dans le rapide virage à droite de Madgwick. La monoplace, au châssis en aluminium, a percuté une butte de terre gelée de face et s’est retournée.

Fabi est vite évacué à l’hôpital, souffrant de graves blessures à la tête, aux jambes et à l’abdomen. Son état se détériore et on l’ampute d’une jambe. Ses parents prennent le premier avion pour Londres afin d’être à son chevet. Le lendemain, 22 février, sans espoir, ils décident de débrancher la machine qui le garde en vie. Bertrand Fabi s’éteint à 24 ans.

Quand j’ai appris qu’il s’était tué, ça m’a donné un énorme coup sur la tête. J’ai eu du mal à poursuivre ma carrière d’instructeur. De plus, personne ne s’attendait à cela ; comment pouvait-on se tuer dans une voiture de F3 ?” se demande Spénard.

Bert était extrêmement compétitif. Il voulait toujours être le plus rapide. Raymond m’avait confié que Reynard avait probablement voulu mousser ses ventes de F3 en faisant rouler une voiture pas vraiment légale. Bert, qui roulait sur une Ralt, a voulu battre ce chrono. Mais pourquoi l’équipe a-t-elle organisé cet essai par une journée aussi froide et sur une piste aussi dangereuse ? Il n’y avait aucun rail de protection là où il a tapé la butte de terre gelée qui était dure comme du béton. Il y avait aussi des plaques de verglas. Cet essai n’aurait jamais dû avoir lieu”, affirme Spénard.

Au niveau de Senna et Häkkinen

Dick Bennetts admet que Fabi occupe une place chère dans son cœur avec Ayrton Senna et Mika Häkkinen qu’il a fait rouler en F3. Il ajoute que Senna et Fabi étaient tous deux incroyablement rapides et possédaient des facultés pour contrôler leurs voitures totalement hors du commun.

Richard Dutton est d’accord sur ce point. “On m’a souvent demandé qui fut le meilleur de mes pilotes, et s’il s’agissait de [Juan Pablo] Montoya. Mais non. Selon moi, le meilleur pilote que j’ai eu, le plus complet, fut Bertrand [Fabi] qui était nettement au dessus des autres”, de confier Dutton au magazine MotorSport l’an dernier.

Quand je lis aujourd’hui que certaines écuries le considéraient comme un autre Ayrton Senna, c’est extrêmement impressionnant”, ajoute Spénard. “Cela prouve que j’avais raison à propos de son talent, mais ce qu’il a accompli est beaucoup plus gros que ce que je pensais ! Bert était un gars charmant, plein d’humour et un pilote incroyable. Après 1986, j’ai décidé de ne plus me lier d’amitié avec un autre pilote ou un de mes élèves. La mort de Bertrand fut beaucoup trop dure à encaisser”, termine Spénard.

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À propos de cet article

Séries Formule 3
Pilotes Bertrand Fabi
Équipes West Surrey Racing
Auteur René Fagnan