Chronique Leclerc - Deux fois en feu sur la route de la victoire

Dans sa nouvelle chronique pour Motorsport.com, le pilote Ferrari junior Charles Leclerc revient sur un week-end de F2 mouvementé à Silverstone, et en particulier sur sa victoire dominatrice mais stressante.

Il est vrai que nous sommes assez forts partout depuis le début de saison, mais Prema et moi attendions tout de même une manche compliquée à Silverstone. C'est un endroit où les pilotes britanniques sont généralement très rapides, car ils connaissent vraiment bien la piste, et c'est un circuit à forte dégradation.

En même temps, nous savions que nous serions forts en qualifications. Les essais se sont très bien passés et prendre ensuite la pole pour 0"458 était une bonne surprise. L'écart a été favorisé par le circuit assez long, mais le tour était bon – j'en étais plus heureux que pour le précédent tour de pole en Autriche – et la voiture était super.

La pole position, notre sixième d'affilée, m'a aussi permis d'égaler le record de Stoffel Vandoorne du plus grand nombre de poles consécutives dans la catégorie, ce qui n'est absolument pas quelque chose que je pouvais prévoir avant la saison.

Déjà, la première pole au début de l'année, à Bahreïn, était une grosse surprise, tout autant que la seconde à Barcelone, mais maintenant nous sommes à six, et c'est assurément bon.

Mais notre attention principale était sur la course, car c'était notre plus grosse inquiétude. Silverstone est un circuit à haute vitesse et les pneus avant sont très difficiles à garder en vie jusqu'à la fin de la course.

Nous avons connu une énorme dégradation à Bahreïn et à Barcelone, et aussi un peu en Autriche, et il s'agissait des moments où j'ai le plus souffert, donc j'ai vraiment dû me concentrer dessus.

La victoire angoissante

Le vainqueur Charles Leclerc, PREMA Powerteam

Lors du tour de mise en grille pour la course d'ouverture, j'essayais vraiment de chauffer les freins, car la température à Silverstone était assez basse comparée à ce que nous connaissons habituellement durant la saison. Peut-être que je les ai un peu trop travaillés parce que quand je suis arrivé à ma position de départ, j'ai vu que l'avant gauche était en feu, ce qui était un peu inquiétant.

Heureusement, ça s'est vite arrêté et il n'y a pas eu de grosses conséquences, et le départ et le premier relais ont été très bons. Nous étions très rapides sur les pneus option, en construisant une grande partie de l'écart avec les autres pendant ces tours, parce que le rythme était juste très bon. J'avais de l'air propre, j'ai pu attaquer mais le pneu a également bien tenu, car j'ai fait un tour de plus que ceux qui sont partis en option.

Vers la fin de ce relais, j'étais dans la ligne droite quand j'ai vu, sur un grand écran à ma gauche, que la voiture de quelqu'un fumait. Au début, j'ai craint une voiture de sécurité, car il faut réagir et s'arrêter aussi vite que possible si elle sort, et ensuite j'ai vu que la fumée venait en réalité de ma voiture.

J'ai regardé dans mes rétroviseurs pour le confirmer et, à ce moment-là, je n'étais pas vraiment paniqué, parce que, de toute façon, quand vous voyez la fumée, normalement, cela veut dire que le moteur a explosé et qu'il n'y a rien que vous puissiez faire.

Mais les données sur mon volant ne montraient pas de problème. J'ai envoyé un message à mon équipe à ce sujet et ils ne savaient pas quelle en était la cause. À partir de là, je m'attendais toujours à devoir abandonner à tout moment parce que quand ça fume comme ça, d'ordinaire, vous ne finissez pas la course.

Deux virages plus tard, j'ai regardé à nouveau, et il y avait bien moins de fumée. Je ne le savais pas à cet instant, mais tout cela venait du fait que de l'huile avait fui dans l'échappement. Les flammes ont un peu repris quand je me suis arrêté, mais elles n'étaient plus là quand j'ai retrouvé une vitesse de course.

Après cela, c'était plutôt OK. Sur les primes, j'étais assez lent parce que nous étions inquiets au sujet du graining et j'ai essayé de rester calme, même si j'ai entendu que Norman Nato revenait.

Puis j'ai commencé à attaquer à nouveau. Avec deux tours restants, j'ai voulu regarder dans mon rétroviseur gauche et j'ai découvert qu'il n'était plus là car il était tombé quelques tours auparavant.

Donc la fin était stressante, j'avais peur de recevoir un drapeau noir avec un disque orange, qui m'aurait contraint à un arrêt et aurait pu gâcher ma course, donc finalement, voir le drapeau à damier était un soulagement. Même là, il y avait toujours de l'inquiétude dans mon esprit que ce qui avait causé le feu puisse entraîner une disqualification technique. Heureusement, tout s'est bien passé.

Sentiments mitigés en course sprint

Charles Leclerc, PREMA Powerteam

La seconde course était également bonne parce que notre rythme était extraordinaire, même si nous avons été coincés derrière Sergio Canamasas au début. Il a été très difficile à dépasser, et je ne voulais pas prendre de risques stupides parce que c'est de toute façon toujours compliqué de doubler Sergio.

Finalement, je l'ai eu par l'extérieur après une bonne bataille et le rythme à partir de là était très bon. J'ai fait le meilleur tour et j'ai très bien économisé mes pneus pour la fin, mais malheureusement il y a eu un Safety Car.

Oliver Rowland a eu une pénalité de cinq secondes juste devant et, pour être honnête, je n'étais pas très content de ce qu'il a fait au restart. Il était troisième et il nous a retenu, permettant aux deux premiers de s'échapper.

Je ne sais pas s'il a essayé de me perturber, peut-être qu'il essayait de se donner de l'air propre et ensuite d'attaquer pour minimiser l'effet de la pénalité, mais ça n'a pas vraiment fonctionné pour lui. Artem Markelov l'a dépassé et j'ai également essayé, mais j'ai été retenu derrière, et à la fin, Sergio est parvenu à revenir et à me doubler, ce qui était une belle manœuvre, fair play.

C'est dommage d'avoir manqué une chance d'être sur le podium, mais il s'agissait tout de même de bons points pris.

Je n'étais pas content des derniers tours, même si je comprends qu'Oli essaye de marquer le plus de points possible. Tout cela n'a rien changé pour moi, il n'y a pas de tension supplémentaire dans la lutte pour le championnat.

Le besoin d'impressionner

Charles Leclerc, PREMA Powerteam

Avoir 67 points d'avance au championnat est merveilleux, et je pense que cela montre à quel point nous avons été compétitifs depuis le début.

Mais, et je pense que je vais continuer à dire cela jusqu'à la fin de saison, il faut continuer d'attaquer ; être en tête est une chose, mais un autre aspect qui est très important, surtout pour mon avenir, est d'impressionner les gens.

Le circuit qui arrive ensuite – le Hungaroring – a été assez bien pour moi par le passé, et je pense que la voiture de Prema était très rapide là-bas l'année dernière.

La dernière partie de la saison semble assez loin, et je ne vois pas la manche hongroise comme une où nous pouvons gagner ou perdre le championnat.

Malgré tout, c'est assurément un bon endroit pour essayer d'augmenter l'avance aux points, ce qui serait parfait avant le break estival.

Charles Leclerc, PREMA Powerteam

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