Louis Delétraz
Dossier

Louis Delétraz

Chronique Louis Delétraz - À un souffle de la victoire à Monaco !

partages
commentaires
Chronique Louis Delétraz - À un souffle de la victoire à Monaco !
Par :
1 juin 2019 à 15:41

Dans sa chronique pour Motorsport.com Suisse, le pilote genevois revient sur les trois derniers rendez-vous de Formule 2, avec des déceptions à Bakou et à Barcelone mais un podium à Monaco.

Chers lecteurs, bonjour ! La dernière fois que je vous ai écrit, j'avais conclu les deux courses de Bahreïn dans le top 5, ce qui était de bon augure pour la suite des événements. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les dernières épreuves en date ont été animées !

À commencer par Bakou, un circuit où il est important de se tenir à l'écart du mur. J'ai commis une erreur en qualifications avec un blocage de roue, et je me suis retrouvé 12e sur la grille de départ de la Course Principale alors que j'aurais pu jouer le top 5. 

Lire aussi:

J'ai néanmoins mené une course sage alors que les incidents se multipliaient autour de moi, et j'étais neuvième lorsqu'un accident s'est produit au restart après la neutralisation par la voiture de sécurité. Sérgio Sette Câmara et Luca Ghiotto se sont accrochés, tout le monde a freiné et je n'ai eu nulle part où aller : j'ai percuté Dorian Boccolacci devant moi, puis le mur. C'était vraiment dommage, car Boccolacci, lui, a finalement accroché la cinquième place, prouvant ce qu'il était possible d'accomplir depuis notre position. 

Lire aussi:

J'étais donc 15e sur la grille pour la Course Sprint, mais dès le premier tour, Tatiana Calderón a freiné bien trop tard au virage 3 et m'a entraîné dans son erreur avec un autre pilote ; c'était l'abandon. Tatiana a reconnu son erreur auprès des commissaires. Ce n'était décidément pas mon week-end : zéro point et deux incidents !

Louis Deletraz, CARLIN

Inutile de dire que j'espérais mieux pour Barcelone, mais dès mon premier tour d'essais, j'ai perdu la puissance en pleine ligne droite. Au-dessus de 7000 trs/min, le moteur se coupait, nous perdions les données de télémétrie et je ne pouvais plus changer les vitesses. J'ai dû rentrer au stand, et le temps d'en déceler la cause – à savoir une défaillance du boîtier qui gère toute l'électronique de la voiture – c'était la fin de mes essais libres. Je n'ai donc pas du tout roulé avant les qualifications, où j'étais 14e à huit dixièmes de la pole position. Avec les trois dixièmes que nous aurions pu gagner en travaillant sur les réglages en essais libres, j'aurais été dans le top 8.

Nous n'avons pas pu faire les longs relais non plus, et pour la Course Principale, nous avons dû nous baser sur ceux de mon coéquipier Nobuharu Matsushita. Son débrief ? Du survirage et de la dégradation des pneus arrière. Mais ce qui s'est passé en course, c'était du sous-virage et de la dégradation des pneus avant ! L'équipe est partie à l'opposé des réglages idéaux. Nous étions donc extrêmement lents, avec une usure pneumatique horrible. Nous étions parmi les derniers de ceux qui n'ont pas eu d'accident. 

Lire aussi:

En Course Sprint, nous avons rectifié le tir et je faisais partie des plus rapides avec Luca Ghiotto et Nicholas Latifi, mais en étant 15e au premier tour, je ne suis parvenu à remonter qu'au 11e rang. Pendant ce temps, la voiture de Matsushita a complètement brûlé, ce qui a donné beaucoup de travail à l'équipe. Entre Barcelone et Monaco, il a fallu construire une nouvelle monoplace car tout a fondu ; ils n'ont pu garder que les suspensions avant ! Cela a éprouvé les mécaniciens Carlin, mais ils ont fait un travail remarquable.

Louis Deletraz, Carlin

J'avais de bons souvenirs de Monaco avec mon podium de l'année dernière. Dès le début des essais libres, j'étais dans le coup ; en pneus tendres, j'étais deuxième, mais je n'ai pas pu améliorer en supertendres à cause du trafic. Les qualifications se sont très mal passées : nous faisons trois tours lancés, mais je me suis retrouvé dans le trafic pour les deux premiers, gêné par Nikita Mazepin puis par Mahaveer Raghunathan. Ce dernier tournait une dizaine de secondes au tour moins vite et prédire sa position en piste était donc assez difficile. Pour ma dernière tentative, mes pneus s'étaient déjà usés et j'ai sauvé la dixième place sur la grille de départ.

À Monaco, la stratégie idéale quand on pense être rapide est de commencer par le relais long en tendres avant de passer les supertendres : cela évite de se retrouver derrière des pilotes plus lents si l'on s'arrête dès le septième tour. Cependant, 80% des concurrents devant moi ont opté pour cette tactique, et j'ai donc décidé de faire l'inverse : supertendres/tendres. 

Lire aussi:

Cela se passait très bien : je suis rentré au stand, j'ai doublé Sean Gelael... puis il y a eu quelques incidents, dont l'accrochage entre Mick Schumacher et Tatiana Calderón. Le drapeau rouge a été agité, mais la direction de course a commis l'erreur de ne pas nous laisser rattraper notre tour de retard. Pour moi, à la base, c'était le jackpot, car les huit voitures devant moi n'avaient pas encore fait leur arrêt au stand ! Or, je me suis retrouvé à un tour, ce qui m'a privé de toute opportunité de faire mieux que huitième – j'ai seulement profité de l'accident tardif de Juan Manuel Correa, derrière qui j'ai perdu 35 secondes.

Juan Manuel Correa, Sauber Junior Team by Charouz, devant Louis Deletraz, Carlin

Je n’aurais certes pas pu gagner, car Nyck de Vries a vraiment creusé l'écart en tête de la course, mais Guan Yu Zhou et Artem Markelov auraient dû finir hors du top 10 ; cela m'a donc privé du top 5. Les commissaires ont estimé qu'il n'y avait pas de manière équitable de résoudre ce problème, car on ne peut pas savoir comment les écarts auraient évolué dans les 20 derniers tours ; je comprends leur point de vue.

En Course Sprint, je devais partir en pole position, mais Luca Ghiotto s'est fait disqualifier de la manche précédente et je me suis retrouvé deuxième sur la grille. C'était presque une mauvaise nouvelle, car j'avais déjà fait deuxième à Monaco et je voulais gagner ! Le poleman Anthoine Hubert a pris un très bon envol et je ne suis pas parvenu à le doubler au premier virage. Au début, j'avais beaucoup de survirage ; lors des cinq premiers tours, je n'étais donc pas plus rapide qu'Anthoine. J'ai ensuite économisé mes pneus en restant au contact, car je savais que la fin de course allait être dure. Quand j'ai vu qu'il était à la peine avec ses gommes arrière, j'ai commencé à lui mettre de plus en plus de pression. J'étais très proche dans les trois dernières boucles, mais il a bien défendu en freinant tard. 

Lire aussi:

Dans le dernier tour, Anthoine n'avait vraiment plus de pneus et a fait un gros travers à La Rascasse, ce qui m'a permis de me rapprocher. J'ai eu beaucoup de motricité à la sortie du dernier virage, j'ai ouvert le DRS... et ça s'est joué à la photo-finish : 0,059 seconde ! C'était presque décevant, mais ces 12 points restent précieux. L'an dernier, j'étais plutôt dans la position d'Anthoine avec des problèmes techniques et Artem Markelov qui m'attaquait de partout ; là, c'était sympa d'être le chasseur. Anthoine a fait une belle course et je m'entends très bien avec lui, donc c'était top de pouvoir partager ce podium.

Le vainqueur Anthoine Hubert, Arden et Louis Deletraz, Carlin franchissent la ligne
Guanyu Zhou, UNI Virtuosi Racing Anthoine Hubert, Arden Louis Deletraz, Carlin

Le week-end a été bon pour Carlin avec deux podiums après deux week-ends catastrophiques. Il faut désormais continuer sur cette lancée pour réduire l'écart sur les leaders du championnat. Les pistes inhabituelles sont derrière nous ; il ne devrait plus y avoir de surprises. Et l'an dernier, je suis monté sur le podium au Paul Ricard ; j'espère réitérer cette performance !

A+

Louis Delétraz

 

Article suivant
Drapeau rouge : Prema veut qu'une leçon soit tirée

Article précédent

Drapeau rouge : Prema veut qu'une leçon soit tirée

Article suivant

Diaporama: les suisses Ralph Boschung, Louis Delétraz et Sauber Junior Team au GP de Monaco

Diaporama: les suisses Ralph Boschung, Louis Delétraz et Sauber Junior Team au GP de Monaco
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries FIA F2
Événement Monaco
Pilotes Louis Delétraz
Équipes Carlin
Tags formule 2 , suisse
Auteur Louis Delétraz