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Chronique Louis Delétraz - La course la plus intense de ma vie !

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Chronique Louis Delétraz - La course la plus intense de ma vie !
Louis Delétraz
Par : Louis Delétraz
2 juin 2018 à 08:28

Dans sa nouvelle chronique, Louis Delétraz revient sur les deux derniers meetings en date, avec son tout premier podium en Formule 2 au terme d’une course palpitante.

Louis Deletraz, Charouz Racing System avec Romain Grosjean, Haas F1 Team
Podium : Lando Norris, Carlin, Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Lando Norris, Carlin, Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Lando Norris, Carlin, Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Antonio Fuoco, Charouz Racing System et Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : le vainqueur Antonio Fuoco, Charouz Racing System, le deuxième Lando Norris, Carlin, le troisième Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Louis Deletraz, Charouz Racing System
Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Lando Norris, Carlin, Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Lando Norris, Carlin, Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System
Podium : Lando Norris, Carlin, Antonio Fuoco, Charouz Racing System, Louis Deletraz, Charouz Racing System

Chers lecteurs de Motorsport.com Suisse, le meeting de Monaco nous a souri, et je vous avoue que c’est un soulagement pour moi. Avant les courses en Principauté, nous nous sommes rendus à Barcelone, où un bon résultat était également à notre portée.

Le rythme était satisfaisant en essais libres, et j’étais cinquième des qualifications après la première salve de chronos, mais Jack Aitken a gâché mon deuxième run en me bloquant dans mon seul tour lancé ; je n’avais pas assez de carburant pour une autre tentative. 

 

C’est dommage, car j’avais ma place dans le top 5. De plus, Aitken n’a même pas été pénalisé, pas plus que George Russell, qui a gêné Roberto Merhi. L’incident a pourtant été diffusé en direct à la télévision ! Nous sommes allés voir les commissaires et j’étais sûr qu’il allait y avoir une pénalité ; Jack lui-même est venu me présenter ses excuses, il ne m’avait pas vu. Toujours est-il que ça m’a coûté très cher, car j’étais loin sur la grille, avec les problèmes qui s’ensuivent.

J’ai abordé ce sujet lors du briefing des pilotes à Monaco. Il m’a été dit qu’Aitken aurait en effet dû être pénalisé, et le directeur de course Charlie Whiting a écouté mes arguments ; j’espère donc que des mesures seront prises à l’avenir pour davantage de cohérence. Cependant, ne vous y méprenez pas, j’entretiens une très bonne relation avec Aitken ! Nous nous connaissons depuis longtemps : nous avons lutté pour le titre d’Eurocup Formule Renault 2.0 en 2015 et faisions tous deux partie de la Renault Sport Academy l’année suivante. D’ailleurs, je suis ravi pour lui qu’il ait pu faire ses premiers essais au volant d’une Formule 1 contemporaine avec Renault, il le mérite. 

 

La Course Principale a bien commencé. Quatorzième au premier tour, je suis remonté à la dixième place, mais une roue récalcitrante m’a fait perdre du temps dans les stands. Je me suis retrouvé derrière les trois voitures que j’avais déjà doublées, et quand j’ai rattrapé Sean Gelael nous nous sommes accrochés. C’est dommage, une Course Principale ratée est invariablement synonyme de Course Sprint difficile. 

J’ai été pénalisé par les commissaires et je l’accepte, conscient d’avoir commis une erreur. Le vrai problème, c’est que Sean Gelael est connu pour ne pas être le pilote le plus correct. Au tour précédent, j’ai tenté de le dépasser et il m’a tassé hors de la piste. On ne peut le doubler qu’en étant agressif, et en l’occurrence, je l’ai trop été. Mais il a freiné tellement tard qu’il n’aurait jamais pu prendre le virage, à mon avis.

Gelael est impliqué dans beaucoup d’incidents, dont la majorité passent inaperçus. Tous les pilotes souhaitent la présence d’un directeur de course permanent pour avoir davantage de constance dans les pénalités, car celui-ci saurait qui sont les pilotes les plus fougueux, ceux qui posent problème. Avec un collège de commissaires variable, les sanctions se jouent beaucoup au ressenti et peuvent s’avérer surprenantes. 

 

Les conditions étaient délicates en Course Sprint, en pneus slicks sur une piste qui séchait progressivement. Dernier sur la grille, j’ai doublé plusieurs voitures au début de la course. Dans les derniers tours, j’étais rapide et j’ai rattrapé Artem Markelov et Nicholas Latifi, deux références du championnat, même si les points nous ont échappé pour six dixièmes.

Podium à Monaco malgré les problèmes techniques

L’étape suivante était Monaco, un circuit historique et exigeant, qui accueille les courses les plus prestigieuses de l’année. Avant de m’y rendre, j’essaie de faire un maximum de tours sur le simulateur, parfois même sur la PlayStation, car c’est toujours bénéfique ! La préparation mentale est cruciale, car on ne peut pas se permettre la moindre faute si l’on veut se tenir à l’écart des rails.

Mon approche a porté ses fruits, puisque je n’ai pas commis d’erreur ce week-end. J’ai juste léché le mur en essais libres. En revanche, je n’ai pas réussi le tour chronométré que je souhaitais en qualifications. Nous étions 14e sur la grille de départ de la Course Principale grâce au forfait de Jaime Camara – c’est désolant pour lui, cela ne fait plaisir à personne qu’un pilote ne puisse pas prendre le départ à cause d’une blessure. 

 

J’ai pris un très bon départ, j’ai gagné quatre places au premier tour. Mon ingénieur et moi avions choisi la stratégie supertendre/tendre, qui s’est avérée payante. J’étais bien plus rapide que Roberto Merhi devant moi, mais après quelques attaques infructueuses, nous avons décidé de rester derrière lui sans mettre trop de pression pour qu’il conserve un bon rythme : nous étions en pneus neufs et voulions faire l’undercut à nos rivaux directs. Avec succès, même si la voiture de sécurité a joué en notre faveur.

Dans une moindre mesure toutefois : cette année, il faut respecter le delta de la VSC jusqu’à avoir passé à deux reprises la ligne de Safety Car 1. C’est une bonne règle, cela évite que la course soit trop influencée par un incident. Par conséquent, nous n’avions pas rattrapé le peloton lorsque le drapeau vert a été agité. Ce dont nous avons vraiment profité, ce sont toutes les erreurs commises par les autres pilotes, comme les leaders Alexander Albon et Nyck de Vries qui se sont accrochés. Nous avons fait une course rapide et propre pour finir quatrième. Avec un peu de réussite, certes, mais c’est mérité après toute la malchance du début de saison ! 

La Course Sprint a été la plus dure de ma vie. J’étais cinquième sur la grille, j’ai pris un départ correct sans gagner de place, mais Jack Aitken s’est retrouvé au ralenti dans la montée qui suit Sainte-Dévote, victime d’un problème d’accélérateur. Arjun Maini n’est pas parvenu à le doubler, j’ai décelé une opportunité : je leur ai fait l’extérieur au virage du Casino ! J’étais donc troisième. 

 

Au huitième tour, j’ai perdu tout l’électronique de ma voiture. Ma radio fonctionnait, mais je n’avais plus d’informations sur l’écran du volant. Impossible de savoir quelle vitesse était enclenchée ! Pire encore, cinq tours plus tard, les changements de rapport ont commencé à poser problème. À la sortie du Tunnel, où l’on rétrograde de la sixième à la première pour aborder la Chicane, je devais appuyer au moins 30 fois sur la palette. La plupart du temps, en arrivant dans un virage, je ne parvenais pas à rétrograder au freinage et n’avais donc pas de frein moteur ; je me retrouvais en troisième ou en quatrième vitesse à l’accélération, et ça n’a fait qu’empirer. J’ai donc oublié Lando Norris devant moi et je me suis concentré sur le fait de défendre, car c’est extrêmement difficile de piloter ainsi à Monaco. J’ai même tenté d’éteindre et de rallumer la voiture en ligne droite, ça n’a absolument rien changé. Heureusement que c’est arrivé ici, car sur un autre circuit, je n’aurais pas pu me défendre !

Artem Markelov m’a imposé une pression immense pour la troisième place. C’était une magnifique bataille, très fair-play, mais j’ai énormément souffert lors de ces 15 tours. Je ne savais même pas si j’allais finir la course, mais il fallait freiner tard, être à l’attaque. Markelov m’a même touché à Antony Noghès – il venait d’un peu loin, c’était un peu optimiste de sa part. À ce moment-là, j’ai cru que j’allais percuter le mur, mais je m’en suis tiré. En revanche, il ne m’a laissé aucun répit jusqu’au drapeau à damier ! C’était tellement intense. Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, je pleurais presque de joie !

 

Je tiens à souligner que pour une lutte magnifique comme celle-ci, il faut deux pilotes qui se respectent ; autrement, ça s’achève souvent dans le mur, surtout à Monaco. Markelov, lui, s’est battu dans les règles de l’art. 

Finalement, Lando Norris a été pénalisé pour une infraction sous VSC et nous avons hérité de la deuxième place. C’est mon premier podium en Formule 2, à Monaco, incroyable ! Mon équipe Charouz Racing System a même signé le doublé avec la victoire de mon coéquipier Antonio Fuoco. Cerise sur le gâteau, mon ami et compatriote Romain Grosjean est venu me voir au moment du podium, ce qui m’a fait très plaisir !

Avec 24 points marqués en Principauté, il s’agit désormais de continuer sur cette lancée. J’espère que vous serez nombreux au Circuit Paul Ricard à l’occasion du Grand Prix de France, pour les deux prochaines courses de la saison !

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Séries FIA F2
Événement Chronique Louis Delétraz
Catégorie Chronique Louis Delétraz
Pilotes Louis Delétraz
Équipes Charouz Racing System
Auteur Louis Delétraz